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COMMUNIQUÉ

Halte à l'obscénité !
L'incendie meurtrier
d'un immeuble parisien : scène de choix
pour manœuvres électoralistes

29/08/2005 — Une nouvelle fois, après l'incendie du boulevard Vincent Auriol dans lequel 17 personnes ont trouvé la mort, les responsables politiques, au niveau national comme au niveau local, affichent émotion et compassion, mais ne semblent toujours pas prendre la mesure du problème ni s'apprêter à lui apporter des solutions.

La palme de l'opportunisme politique revient, une fois de plus, à M.Sarkozy, qui, au lieu de s'interroger sur les raisons qui font que les immeubles insalubres sont devenus le dernier refuge des familles rejetées par la xénophobie des bailleurs privés et publics, profite du fait que les victimes soient originaires d'Afrique pour stigmatiser les étrangers et en particulier les plus fragiles d'entre eux, les sans-papiers.

Alors que l'enquête sur les causes directes de l'incendie a à peine commencé, que la crise du logement social est telle que des centaines de milliers de dossiers sont en attente dans la région parisienne, que les organismes officiels eux-mêmes reconnaissent l'existence de discriminations dans l'accès au logement, le ministre de l'intérieur a une réponse toute prête pour expliquer l'incendie du 25 août :

« La difficulté, c'est que tout un tas de gens, qui n'ont pas de papiers pour certains, s'amassent à Paris, et qu'il n'y a pas de conditions pour les loger » [1]

Or les familles victimes sont en situation régulière et, pour certaines, en attente d'un logement décent depuis plus de 15 ans. M. Sarkozy, lui, peut bien faire mine de déplorer que les personnes en quête d'un logement « s'amassent » à Paris : il est maire d'une commune qui s'est toujours refusée à construire des logements sociaux !

Une nouvelle fois, ne suivant que la boussole politique fixée sur l'horizon 2007 et la nécessité d'attirer l'électorat FN, le gouvernement s'en prend aux plus précaires des précaires et attise les sentiments xénophobes.

Incapable de répondre aux difficultés sociales actuelles (le chômage, la crise du logement, le déficit de l'assurance maladie, l'insécurité…), il désigne des boucs émissaires : les étrangers sans papiers. La volonté affichée d'atteindre un quota de reconduites à la frontière a ainsi conduit, cet été, à multiplier les rafles d'étrangers, les arrestations d'enfants, à s'en prendre à la liberté de la presse. Dans ce contexte, il est à craindre que le recensement des immeubles insalubres annoncé par le ministre de l'intérieur après l'incendie meurtrier ne soit en fait qu'un nouvel instrument pour conduire ce qui tient lieu de politique pour l'actuel pouvoir en place : la stigmatisation et le harcèlement des étrangers.

Paris, le 29 août 2005

 


[1] Le Monde du 26 août 2005 : « M. Sarkozy veut un recensement » ; dépèche Reuters du vendredi 26 août 2005 : « Dix-sept morts dans un incendie d'immeuble à Paris ».

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Dernière mise à jour : 29-08-2005 11:25 .
Cette page : http://www.gisti.org/ doc/actions/2005/incendie/index.html


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