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« PLEIN DROIT », LA REVUE DU GISTI
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Résistance à l’immigration jetable
Nathalie Ferré, Plein Droit n° 71, décembre 2006
En décembre 2005, une poignée d’organisations apprend que le gouvernement s’apprête, une fois de plus, à réformer le statut des étrangers en France. Dans le même temps, une copie de l’avant-projet est récupérée et largement diffusée. Cette nouvelle entreprise gouvernementale est si effrayante en termes d’atteinte aux droits des migrants déjà en France ou appelés à y vivre que, très vite, lesdites organisations décident de se rencontrer et de s’organiser pour informer, analyser, comprendre et dénoncer ce qui se dessine. [Lire la suite]
Défendre la liberté d’étudier
Édito du Plein Droit n° 71, décembre 2006
LA politique d’immigration choisie et son corollaire, la remise en cause des droits fondamentaux, sont d’ores et déjà appliqués à tous ceux qui souhaitent bénéficier d’une formation en France. [Lire la suite]
Le Gisti et le travail social
Violaine Carrère, Plein Droit n° 70, octobre 2006
Connu essentiellement comme une association « de juristes », en tout cas comme une association qui s’occupe de Droit, qui défend les droits des étrangers, le Gisti entretient avec les acteurs, les institutions et l’ensemble du monde du travail social des relations aussi riches que complexes, et non exemptes d’un certain malaise. [Lire la suite]
Accueil des boat people : une mobilisation politique atypique
Karine Meslin, Plein Droit n° 70, octobre 2006
Au début des années 1970, alors que la situation économique de la France se dégrade, que le gouvernement décide de suspendre l’immigration de travailleurs et que la préoccupation majeure des pouvoirs publics est devenue la « maîtrise des flux migratoires », près de cinquante mille Cambodgiens arrivent en France. [Lire la suite]
Entre droit et éthique, le grand écart
Christine Garcette & Christophe Daadouch, Plein Droit n° 70, octobre 2006
L’action menée auprès des étrangers a toujours fait partie des missions importantes exercées par le travail social. Ce domaine éclaire de façon particulièrement complexe l’interface entre la mission de service public et l’initiative privée, la nécessaire prise en compte permanente de l’actualité nationale et internationale, la délicate question de la posture professionnelle entre le droit et l’éthique. [Lire la suite]
L’arbitraire et le mépris
Édito du Plein Droit n° 70, octobre 2006
ON connaît désormais les chiffres officiels sur l’application de la circulaire du 13 juin 2006 dont l’objet était de réexaminer les situations des familles sans papiers avec enfant(s) scolarisé(s). Les dossiers devaient être déposés en préfecture avant le 15 août. Faut-il ici rappeler que cette fameuse circulaire a été annoncée avec grand fracas médiatique par le ministre de l’intérieur, le jour même – coïncidence ? – où commençait la discussion de son projet de loi devant le Sénat ? [Lire la suite]
Le tri des étrangers :
un discours récurrent
Danièle Lochak, Plein Droit n° 69, juillet 2006
Jusqu’à quel point la rhétorique testée par Nicolas Sarkozy dès 2003 avant d’être officialisée, qui repose sur l’opposition entre « immigration subie » et « immigration choisie », est-elle réellement nouvelle ? Un regard en arrière permet de constater que cette opposition, quoique rarement énoncée de façon aussi explicite, a sous-tendu en permanence, sous une forme ou sous une autre, les discours sur les étrangers et les politiques d’immigration. [Lire la suite]
Quand des soldats coloniaux
se révoltaient
Emmanuel Blanchard, Plein Droit n° 69, juillet 2006
Le représentation communément admise d’une grande fraternité entre soldats coloniaux et nationaux pendant la Seconde Guerre mondiale a longtemps occulté les conflits, les discriminations et les humiliations qui étaient monnaie courante au sein de l’armée coloniale. Le récit de l’épisode de la mutinerie de Versailles en 1944 permet d’en restituer des bribes et donne un éclairage inattendu à la mémoire des luttes pour l’égalité. [Lire la suite]
Le « piège » du regroupement familial ?
Fanny Petit, Plein Droit n° 69, juillet 2006
« Clandestinité », « détournement de procédure », « fraude », « filière supplémentaire d’immigration »... Les discours pernicieux développés de plus en plus fréquemment par nos représentants politiques accompagnent la mise en œuvre de dispositifs qui malmènent un droit fondamental : celui de vivre en famille. [Lire la suite]
La fabrique des sans-papiers
Édito du Plein Droit n° 69, juillet 2006
Comme on pouvait le craindre, le projet de loi relatif à l’immigration et à l’intégration a été largement durci lors de son passage devant l’Assemblée nationale. Certaines dispositions, qui avaient été retirées de la dernière version du texte par le ministère de l’intérieur, ont miraculeusement fait leur réapparition par voie d’amendement. Par ailleurs, ont été insérés dans le projet des dispositifs aux allures de gadget, censés distiller de l’« humanité » dans un texte qui en est entièrement dépourvu. Enfin, parce qu’il faut, en ces temps, afficher dialogue et écoute, le législateur a poursuivi le chemin initié par le gouvernement en dissimulant davantage encore la figure du travailleur étranger jetable. Il n’en demeure pas moins que c’est cette figure qui caractérise la reprise de l’immigration légale de travail, qualifiée ici d’immigration « choisie ». [Lire la suite]
Démolitions très politiques en Guyane
Sonia Fayman, Plein Droit n° 68, avril 2006
Les constructions spontanées de maisons constituent de longue date une réalité guyanaise, du fait de l’absence de politique de logement social. Les autorités laissent faire pour décider ensuite sélectivement de régulariser ou de détruire des habitations. Un nouvel épisode de cette politique très particulière s’est joué l’automne dernier. [Lire la suite]
Logement social :
une discrimination en douce
Sylvie Tissot, Plein Droit n° 68, avril 2006
Les discriminations à l’œuvre dans l’accès au logement social sont loin de se réduire à des refus caractérisés et délibérés des candidats en fonction de l’origine ; elles résultent d’abord d’un système qui fonctionne sur la base d’une sélection et d’une répartition informelles et opaques des populations « désirables » et des populations « indésirables », le caractère « étranger » étant bien évidemment un des critères de désirabilité. [Lire la suite]
Introduction :
Les règles de l'inhospitalité
Fanny Petit, Plein Droit n° 68, avril 2006
Si le droit au logement est reconnu depuis la loi Besson de 1990, les autorités publiques ne sont pas contraintes de le garantir. Avec 3,2 millions de personnes mal logées – et ce chiffre double si on prend en compte les situations de grande fragilité – le phénomène n’est pas conjoncturel. Les incendies très meurtriers de l’année 2005 (48 morts, dont 29 enfants), ont rendu visible l’ampleur de cette crise. Ils ne sont malheureusement que le résultat d’une politique continue de précarisation touchant particulièrement les étrangers. [Lire la suite]
Vers une immigration jetable
Édito du Plein Droit n° 68, avril 2006
Le 9 février 2006, le ministre de l’intérieur et le premier ministre ont présenté publiquement, dans le cadre du comité interministériel de contrôle de l’immigration, l’avant-projet de loi relatif à l’immigration et à l’intégration. Pour la deuxième fois, ce gouvernement entend donc modifier en profondeur le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Cette nouvelle réforme n’a toutefois pas le même parfum que les précédentes [Lire la suite]
Le droit d’ouvrir un compte
Véronique Baudet, Plein Droit n° 67, décembre 2005
Le droit au compte bancaire a été ouvert aux plus démunis par la loi de lutte contre les exclusions du 29 juillet 1998. En principe, les étrangers en situation précaire, et notamment les sans-papiers, peuvent en bénéficier. En pratique, ils en sont souvent exclus. [Lire la suite]
Le prix de l’hospitalité
Christophe Daadouch, Plein Droit n° 67, décembre 2005
La loi du 29 novembre 2003 a largement modifié le régime juridique de l’attestation d’accueil, document exigible dans le cadre de la délivrance du visa de court séjour. Parmi les modifications introduites, le caractère payant d’un tel document ne présente pas en soi un caractère novateur essentiel mais peut assez vite se révéler dissuasif. Quant au contrôle des ressources de l’hébergeant, exigence introduite illégalement par les textes réglementaires, ajouté aux autres conditions, il présente plusieurs effets pervers. [Lire la suite]
Faire payer les étrangers :
l’avenir d’une vieille idée
Alexis Spire, Plein Droit n° 67, décembre 2005
Faire payer les étrangers. L’idée n’est pas nouvelle ; elle est même apparue sous l’Ancien Régime, lorsque Louis XIV décida de renflouer les caisses de l’État en instaurant, en juillet 1697, une taxe pour les étrangers et descendants d’étrangers, qui venait s’ajouter au traditionnel droit d’aubaine d’origine médiévale. [Lire la suite]
Envolée xénophobe
Édito du Plein Droit n° 67, décembre 2005
Il n’aura pas fallu beaucoup de temps pour que le ministre de l’intérieur fasse l’amalgame entre immigration et révolte de certains jeunes des banlieues. Mais pour qui veut à toute force éviter d’assumer l’écrasante responsabilité de dizaines d’années de politiques désastreuses sur l’embrasement récent des quartiers défavorisés, tous les moyens sont bons. [Lire la suite]
La pénalisation des prostitués
selon la LSI
Johanne Vernier, Plein Droit n° 65-66, juillet 2005
Cet article reprend le contenu d’une intervention faite à l’Assemblée nationale le 15 mars 2005 à l’occasion de la journée inter-associative intitulée « La loi pour la sécurité intérieure et les prostitué-es : deux ans déjà, deux ans de trop ». A l’issue de cette journée, de nombreuses associations ont signé une lettre destinée au Président de la République qui fait état des inconvénients majeurs de la loi sur la sécurité intérieure (LSI). [Lire la suite]
Royaume-Uni
Le pragmatisme poussé à l’extrême
Bernard Ryan, Plein Droit n° 65-66, juillet 2005
L’aspect utilitariste de la politique britannique récente d’immigration et d’asile a été transposé de la sphère interne à celle de l’Union européenne. De même que le Labour a encouragé l’immigration économique « qui profite au Royaume-Uni », et réduit de manière importante le nombre de demandeurs d’asile, son attitude vis-à-vis de la politique menée par l’UE s’est traduite par un pragmatisme visant à échapper à toutes les mesures susceptibles de lui imposer des obligations. [Lire la suite]
Ambiguïtés européennes
Introduction du dossier, Plein Droit n° 65-66, juillet 2005
La campagne référendaire sur le projet de traité constitutionnel européen n’a pas été exempte de discours de défiance à l’égard des étrangers, non que les thèmes de l’immigration et de l’asile aient été centraux dans les argumentaires des partisans du oui ou du non, mais parce que certains sujets (Turquie, concurrence des travailleurs d’Europe de l’Est...) ont permis la libre expression d’une xénophobie mal dissimulée. [Lire la suite]
Des juridictions d'exception ?
Édito du Plein Droit n° 65-66, juillet 2005
Si le chef du gouvernement et le ministre de l’intérieur ont du mal à s’entendre sur le visage que pourrait prendre la future immigration de travail, tous les deux s’accordent, comme d’autres avant eux, pour afficher fermeté et rigueur à l’égard de l’immigration irrégulière. [Lire la suite]
Du récit de persécution
Jean-Michel Belorgey, Plein Droit n° 64, avril 2005
Ces nouvelles réflexions sur le contentieux du droit d’asile font suite à l’analyse que l’auteur faisait, dans un précédent numéro de Plein droit, des éléments sur lesquels se fonde le juge pour se forger une intime conviction, alors que suspicion de fraude et fragilité des témoignages rendent ce contentieux incertain. Le texte ci-après s’interroge, lui, sur la manière de lire ou d’entendre les récits de persécution. Là encore, le soupçon de mensonge, omniprésent, conduit officiers de protection et juges à traquer les contradictions. [Lire la suite]
Jeunes sans-papiers : du lycée à lavion
Richard Moyon, Plein Droit n° 64, avril 2005
Le phénomène n’est pas nouveau. Mais jusqu’à ce que le ministre de l’intérieur donne à sa police des objectifs chiffrés d’expulsions, le renvoi de lycéens sans papiers était un phénomène sporadique contre lequel se battaient tant bien que mal enseignants, copains des jeunes concernés et parents d’élèves. Aujourd’hui, l’ampleur et la visibilité nouvelles prises par le phénomène des reconduites à la frontière, la brutalité des décisions qui séparent des familles et font basculer la vie des jeunes, ont provoqué une mobilisation qui ne cesse de s’étendre. [Lire la suite]
Nicole Launey et Françoise Millot, Plein Droit n° 64, avril 2005
Dans le département de la Guyane soumis à une pression démographique et migratoire très forte et où 44 % de la population a moins de vingt ans, le problème de la scolarisation est devenu une question majeure. Du fait d’un nombre très insuffisant de constructions scolaires, des multiples difficultés d’ordre administratif – qui sont davantage des pratiques illégales systématiques que des dysfonctionnements – et à d’énormes carences au niveau des équipements, des milliers d’enfants ne sont pas scolarisés. [Lire la suite]
La scolarisation, un droit et un devoir
Claudia Cortes-Diaz, Plein Droit n° 64, avril 2005
Tous les enfants, quelle que soit leur situation, doivent pouvoir accéder au service public de l’enseignement. Ce principe d’égalité est affirmé très clairement dans le préambule de la Constitution de 1946 auquel renvoie le préambule de la Constitution de 1958 : « La nation garantit l’égal accès de l’enfant et de l’adulte à l’instruction, à la formation professionnelle et à la culture. L’organisation de l’enseignement public gratuit et laïque à tous les degrés est un devoir de l’État ». Ce postulat n’empêche pas un certain nombre de maires, voire d’autorités de l’éducation nationale, de passer outre et de s’opposer à des inscriptions d’enfants à l’école. [Lire la suite]
Des droits fondamentaux bien encombrants
Édito du Plein Droit n° 64, avril 2005
La question du respect des droits fondamentaux a longtemps été la mauvaise conscience des gouvernements qui ont repris à leur compte le credo de la fermeture de frontières. Au « pays des droits de lhomme », comme dans le reste de lEurope, le droit de vivre en famille ou de bénéficier dune protection étaient rarement contestés dans leur principe, même sils étaient quotidiennement bafoués en pratique.
Il se pourrait bien que ce jeu de dupes ne soit plus de mise : [Lire la suite]
François Brun, Plein
Droit n° 63,
décembre 2004
Les régularisations de sans-papiers peuvent sembler bien cadrées sur
le plan juridique. Il s'agirait uniquement de vérifier que l'étranger
en situation irrégulière répond à des critères préalablement définis
et dont l'application lui permettrait mécaniquement de se mettre en
règle : selon une expression couramment utilisée dans les préfectures,
on est ou on n'est pas « dans les clous ». La réalité, pourtant, est
plus complexe.
[Lire la suite]
Jean-Pierre Alaux, Plein
Droit n° 63,
décembre 2004
Les « exilés » sont ces étrangers aux nationalités variables selon
les crises, que la France a tenté de cacher dans le camp de Sangatte
en 1999 avant de le supprimer en 2002 parce qu'il était devenu trop
visible. Objets de toutes sortes d'illégalités, ils errent dans l'Europe
entière. Paris est devenu l'une de leurs étapes.
[Lire la suite]
La fiction juridique de l'asile, Plein
Droit n° 63,
décembre 2004
La plupart des hommes politiques, relayés par les médias, accréditent
l'idée que 70 à 99 % de faux réfugiés frapperaient aux portes de l'Europe.
Et tout le droit de l'asile - règles, décisions, jurisprudence - édifié
par de savants juristes laisse croire qu'il existe une définition claire
du réfugié et une procédure efficace permettant de l'identifier. Il
n'en est rien. Le droit de l'asile est vide, le réfugié un concept juridiquement
indéfini et le terrain livré à des interprétations politiques.
[Lire la suite]
Édito du Plein Droit n° 63,
décembre 2004
La France apporte, pierre après pierre, prudemment mais avec
constance, sa contribution à l'ainsi nommée « harmonisation
» des politiques d'immigration et d'asile de l'UE. Nous avons
épinglé ici même quelques prolongements législatifs
de cette offensive. L'objectif d'intégration (qui n'est qu'un
leurre, chacun le sait) justifie désormais la précarité
du statut des étrangers, et confirme le postulat selon lequel
tout candidat au séjour ou à l'asile est suspect de fraude.
Cependant, le tableau devient surréaliste, car, dans le même
temps, les voix de certains employeurs influents se joignent pour réclamer
ce que les autorités (bridées par la peur, devenue classique,
de se faire doubler sur leur droite) s'échinent à esquiver
: à savoir une reprise « utile mais raisonnée »
de l'immigration. Une immigration à la demande, ni plus ni moins.
[Lire la suite]
Stéphane Maugendre, Plein
Droit n° 62,
octobre 2004
Deux étrangers qui refusaient de quitter le territoire français
sont morts suite à lutilisation de mesures physiques de
coercition en vue de leur éloignement. Depuis, la direction générale
de la police nationale a établi des règles. « Une
mesure déloignement ne doit pas être exécutée
à nimporte quel prix », précise-t-elle.
Pourtant, les techniques déloignement forcé utilisées
sont loin dêtre sans danger pour la vie des étrangers
reconduits. [Lire la suite]
Danièle Lochak, Plein
Droit n° 62,
octobre 2004
Au cours des dix dernières années, une dizaine de circulaires
(connues) émanant du ministre de lintérieur et parfois
du ministre de la justice ont été consacrées à
lamélioration du taux dexécution des mesures
déloignement. Destinées à apporter une réponse
concrète aux principales difficultés rencontrées
par ladministration, ces circulaires traduisent aussi la bureaucratisation
et la routinisation progressive des tâches déloignement.
Totalement silencieuses sur le déroulement de léloignement,
sur lusage de la force, sur le recours aux charters, elles donnent
de la réalité une vision désincarnée.
[Lire la suite]
Alexis Spire, Plein Droit
n° 62,
octobre 2004
Lorsquun étranger en instance déloignement
ne présente aucun passeport, la préfecture doit solliciter
un laissez-passer auprès du consulat du pays dont il est supposé
être le ressortissant. Cest bien souvent faute de ce laissez-passer
que la reconduite à la frontière ne peut avoir lieu. Mais
depuis quelque temps, le ministère de lintérieur
fait tout pour inciter les autorités consulaires à toujours
plus de coopération.
[Lire la suite]
Édito du Plein
Droit n° 62,
octobre 2004
Dans ces mêmes colonnes, il y a un peu plus dun an, nous
écrivions : « lUnion européenne pourrait
un jour installer hors de ses frontières des camps de triage
pour y envoyer les demandeurs dasile », perspective
que nous comparions à « un film dhorreur
ou un cauchemar ». Aujourdhui, le cauchemar est
à nos portes.
[Lire la suite]
François Lille, Plein Droit n° 61, juin 2004
Le marché mondial du travail maritime tend de plus en plus à se débarrasser de ses « entraves sociales ». Au mépris des normes nationales et internationales du droit du travail et maritime, deux principes guident désormais les relations de travail, le marchandage et la discrimination. Face à ces dangers, les luttes syndicales s’organisent. [Lire la suite]
Alain Morice, Plein Droit
n° 61,
juin 2004
Lutilitarisme migratoire peut se définir comme cette propension
quont les sociétés à régler la question
migratoire sur lintérêt (ou le désavantage)
escompté des étrangers quelles font ou laissent
venir, principalement sous le rapport de la force de travail fournie.
Une fois surgi sur la scène publique, cet utilitarisme se présente
comme une somme danticipations et de conclusions alternativement
favorables et hostiles à limmigration, qui donnent limpression
dune doctrine pragmatique débouchant sur une gestion « au
jour le jour », et parfois injuste.
[Lire la suite]
Antoine Math et Alexis Spire, Plein
Droit n° 61,
juin 2004
Le mode 4 de lAccord général sur le commerce des
services (AGCS) vise, au nom de la libre concurrence, à faciliter
le commerce mondial des services entre entreprises en permettant un
recours accru à des travailleurs migrants détachés.
Ce mode 4 sinscrit dans une tendance plus générale
des politiques privilégiant des migrations de salariés
envoyés sous contrat de travail et davantage assujettis à
lemployeur. Au détriment de légalité
des droits et des normes demploi.
[Lire la suite]
Édito du Plein
Droit n° 61,
juin 2004
François Bonjour nous a quittés il y a quelques semaines.
Si cet éditorial lui est consacré, cest que le Gisti
lui doit beaucoup et que, sans lui, Plein droit nexisterait probablement
pas. Nous avons donc eu envie de revenir sur la naissance de la revue
du Gisti et, ce faisant, de saluer la mémoire de François.
Plein droit est né dune réflexion collective et
dun désir partagé, celui de sortir dune approche
strictement juridique des questions liées à limmigration
et à lasile, et doffrir une analyse pluridisciplinaire
des phénomènes que nous avions à connaître
dans le cadre de nos activités quotidiennes dinformation
et de conseil. Avoir lenvie était une chose, la réalisation
dune belle revue en était une autre. Nous la devons à
François. [Lire la suite]
Entretien avec André Fadda, par Nathalie
Ferré, Plein Droit n° 61,
juin 2004
André Fadda est responsable de lUnion Syndicale Multi-professionnelle
(CGT) des Chantiers de lAtlantique. Il nous explique comment ALSTOM-Chantiers
de lAtlantique a opté pour un mode de fonctionnement annonçant
ce qui se dessine au niveau de lOMC, et comment plus précisément
lentreprise, par le jeu de la sous-traitance en cascade dans un
cadre international, se défausse de ses responsabilités
et entend éclater la collectivité des travailleurs en
les soumettant à des conditions différentes de travail.
Ces nouveaux rapports de domination sociale interrogent laction
syndicale. [Lire la suite]
Stéphane Maugendre, Plein Droit n° 59-60, mars 2004
Pendant près de deux ans, un grand nombre d’associations regroupées autour de la Cimade et de la campagne « Une peine ./ », ont défendu une plate-forme demandant la suppression de l’interdiction du territoire français (ITF) et un encadrement très strict de l’expulsion. L’habileté du ministre de l’intérieur, Nicolas Sarkozy qui, à peine nommé, annonçait la suppression de la double peine a fait voler en éclats le consensus de cette campagne et surtout fait passer dans tous les esprits une idée fausse reprise très largement par les médias, le monde associatif et les étrangers eux-mêmes. Or, la double peine existe toujours et peu de choses ont fondamentalement changé. [Lire la suite]
Violaine Carrère et Véronique Baudet,
Plein Droit n° 59-60,
mars 2004
Institué initialement pour lutter contre les réseaux
qui aident les étrangers à entrer ou se maintenir illégalement
sur le territoire, le délit « d'aide à l'entrée,
à la circulation et au séjour d'un étranger en
situation irrégulière » a aujourd'hui un champ tellement
large que les immunités protégeant les proches parents,
et sous certaines conditions les associations, apparaissent bien illusoires.
Face à l'aggravation, dans la réforme 2003, des sanctions
punissant ce délit, des associations ont cherché à
interpeller l'opinion sur l'incrimination de l'aide et du soutien aux
étrangers, en inventant l'expression « délit de
solidarité ».
[Lire la suite]
Jean-Pierre Alaux, Plein
Droit n° 59-60,
mars 2004
Comment faire pour que l'asile demeure une des valeurs idéologiques
de référence de la République française
et pour que, dans le même temps, la plupart des victimes de persécutions
ou d'atteintes à leurs droits fondamentaux ne puissent en bénéficier
? Telle est la question que s'est posée le gouvernement Raffarin
à l'occasion de sa réforme du 10 décembre
2003 [1]. Il n'est pas le premier.
[Lire la suite]
Danièle Lochak, Plein
Droit n° 59-60,
mars 2004
En précarisant encore un peu plus la situation de ceux qui,
pourtant, ont vocation à s'établir et demeurer en France,
la loi Sarkozy s'inscrit dans la continuité des textes précédents.
Mais elle innove en ce qu'elle justifie cette précarisation,
non seulement par la nécessité de lutter contre la fraude,
mais aussi et surtout par l'objectif d'intégration. L'intégration
devient ainsi, paradoxalement, l'alibi de la précarité
du séjour. [Lire la suite]
Édito du Plein
Droit n° 59-60,
mars 2004
Les périodes se suivent et se ressemblent dangereusement.
Depuis quelques années, la question de la lutte contre l'insécurité
semble avoir supplanté toute réflexion sur le modèle
de société à construire et les réponses
du législateur nourrissent toujours les mêmes amalgames.
Chaque fois qu'il réapparaît, le thème de la lutte
contre la délinquance entraîne dans son sillon d'autres
réformes visant à remettre en cause des libertés
; les premiers stigmatisés sont le plus souvent les immigrés,
les demandeurs d'asile, mais, selon les moments, les catégories
incriminées peuvent être plus larges... Sans remonter très
loin dans le temps, et en laissant de côté la finalité
politique du discours sécuritaire, le regard, fût-il furtif,
vers deux périodes récentes, 1986 et 1993, permet de s'en
convaincre. Il invite le lecteur à déjà réfléchir
sur la concomitance des projets de lois et les sous-entendus que cette
coïncidence suggère. [Lire la suite]
Violaine Carrère, Plein
Droit n° 58,
décembre 2003
En rayant de la carte le camp de Sangatte devenu un monument de visibilité,
le gouvernement a mécaniquement renvoyé les exilés
à la situation antérieure à louverture du
camp. Interdits de Calaisis, nombre de ces exilés se regroupent
aujourdhui à Paris, dans le Xe arrondissement, car ce nest
évidemment pas louverture du camp de Sangatte qui avait
attiré les dizaines de milliers détrangers qui ont
transité à Calais.
[Lire la suite]
Violaine Carrère, Plein
Droit n° 58,
décembre 2003
Emblème de lexil, de la quête de refuge, dun
grand laxisme pour certains, et pour dautres dun accueil
terriblement restrictif, Sangatte a marqué et marquera encore
longtemps les discours, les imaginaires, les attitudes en France comme
en Europe. Car si louverture du camp a révélé
une réalité qui peut ailleurs rester parfaitement insoupçonnée,
sa fermeture na rien résolu. [Lire la suite]
Nicolas Fisher, Plein
Droit n° 58,
décembre 2003
Sil semble impossible de donner une définition du camp
tant le phénomène présente une grande diversité,
du moins a-t-on pu dégager une caractéristique commune
essentielle à lensemble des camps : leur statut dexception.
Ils ont en effet pour point commun de mettre à lécart
des individus au statut juridique dégradé. Cependant,
au-delà de ce fond commun, chaque camp est, en tant que dispositif
de pouvoir, le carrefour de différentes manières darticuler
le rapport surveillant/surveillé. [Lire la suite]
Marc Bernardot, Plein
Droit n° 58,
décembre 2003
Longtemps méconnue, lhistoire des camps français,
notamment ceux de la période vichyste, a fait lobjet ces
dernières années dune importante production scientifique.
Cependant, des camps ont continué à fonctionner en France
après la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Certes, ils
doivent être compris dans une logique dexception à
la logique démocratique et non dexclusion comme ceux de
la Collaboration. Létude de ces formes moins connues de
mise à lécart permet néanmoins de mieux comprendre
le phénomène de réapparition actuelle des « camps ».
[Lire la suite]
Claire Rodier & Emmanuel Blanchard,
Plein Droit n° 58,
décembre 2003
La mise à lécart détrangers, dont
Sangatte est devenu le symbole, sest généralisé,
ces dernières années, au point quon peut évoquer
la construction dune « Europe des camps ».
Par cette généralisation, ces camps perdent leur statut
de réponse exceptionnelle pour devenir les instruments dune
gestion de limmigration et de lasile dotés dune
double fonction : lieux de relégation des indésirables,
ils sont aussi et surtout, pour les Etats, une façon dafficher,
sur un mode ostentatoire, leur volonté de maîtriser les
flux migratoires.
[Lire la suite]
Marc Bernardot & Isabelle Deguines,
Plein Droit n° 58,
décembre 2003
Comment louverture du centre de Sangatte a-t-elle été
perçue par ses habitants ? Le possible réveil dun
passé « oublié », la sécurisation
de plus en plus grande du centre laissant penser que ses occupants représentaient
un danger, lampleur de la médiatisation dun événement
louverture dun « camp »
exceptionnel mais peu glorieux, tous ces éléments se sont
combinés pour faire naître rumeurs et fausses informations
qui ont généré, à leur tour, des phénomènes
de rejet de la part des habitants. Avec la mise en place du collectif
villageois sest concrétisé le refus dune identification
locale stigmatisante. [Lire la suite]
Réseau Migreurop, Plein
Droit n° 58,
décembre 2003
Si le réseau Migreurop propose une typologie relativement large
de la notion de « camps » (voir au dos), face
à l'hétérogénéité et à
l'importance numérique de ces lieux à l'intérieur
et aux frontières de l'espace de Schengen, nous avons choisi
pour l'élaboration de cette carte de ne représenter que
les lieux physiques d'enfermements des étrangers où ils
sont totalement privés de leur liberté de circulation
(« camps fermés »). [Lire la suite]
Marie Hénocq, Plein
Droit n° 58,
décembre 2003
Bien quil soit courant que le droit des étrangers soit
appliqué avec un certain laxisme, voire ne soit pas appliqué
du tout, la multiplication des détournements de procédures
auxquels a donné lieu la fermeture du centre de Sangatte a atteint
des sommets de manipulation des textes et parfois aussi des individus.
Toutes les manuvres de dissuasion mises en uvre par ladministration
nont eu quun effet, et probablement un seul objectif : ôter
au problème sa visibilité. [Lire la suite]
Eva Le Pallec, Plein
Droit n° 58,
décembre 2003
Si limmigration est la base de la construction de la société
australienne, elle est aussi la source dun conflit majeur. Sa
désignation, ces dernières années, comme une menace,
a favorisé la résurgence de la vision conservatrice dune
Australie blanche. Les événements du 11 septembre ont
achevé de diaboliser certains étrangers et entériné
lamalgame entre terroristes et demandeurs dasile. Concrètement,
la nouvelle politique dimmigration sest traduite par des
camps dinternement où hommes, femmes et enfants sont détenus
pour une durée illimitée dans des conditions parfois inhumaines.
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Édito du Plein
Droit n° 58,
décembre 2003
Que les vingt-cinq pays membres de la future Union européenne
élargie ne soient pas parvenus à un accord sur la Constitution
ne changera pas grand-chose pour les éternels oubliés
de la construction européenne : les quelque vingt millions
de personnes qui nont pas plus leur place dans l« autre
Europe pour une autre mondialisation » défendue
par Daniel Cohn-Bendit et Alain Lipietz (Le Monde, 19 septembre
2003) quils ne sont pris en compte dans la critique du « projet
inacceptable » dénoncé par Y. Salesse (Le
Monde, 26 septembre 2003). On veut parler des « ressortissants
dÉtats tiers » selon la formule en usage
dans les textes européens, femmes et hommes installés
parfois de très longue date dans les États membres de
lUnion européenne dont ils contribuent à la prospérité.
[Lire la suite]
Claire Rodier, Plein
Droit n° 57,
juin 2003
Du conseil de Tampere, en 1999, à celui de Séville, en
2002, la volonté affichée par l'Union européenne
de se doter d'outils communs pour organiser sa politique migratoire
et mieux intégrer les ressortissants des pays tiers s'est progressivement
effacée au profit de la lutte contre l'immigration clandestine.
Qu'il s'agisse du principe de non-discrimination, de la citoyenneté
européenne ou du droit au séjour, le bilan de ces quatre
années est consternant et augure mal des capacités de
l'Europe élargie à mettre en uvre une réelle
politique d'intégration de ceux qui restent des étrangers.
[Lire la suite]
Virginie Guiraudon, Plein
Droit n° 57,
juin 2003
Dans la construction d'une politique commune d'immigration et d'asile
dans l'Union européenne, la « lutte contre l'immigration
illégale » joue un rôle prépondérant.
D'une préoccupation majeure, elle est même devenue une
obsession, justifiant et alimentant la coopération transgouver-nementale
et la communautarisation, concurrençant parfois ou, le plus souvent,
complétant la lutte anti-terroriste. [Lire la suite]
Daphné Bouteillet-Paquet, Plein
Droit n° 57,
juin 2003
Depuis l'entrée en vigueur du traité d'Amsterdam, en
1999, la Commission a présenté de nombreuses propositions
de directives visant à la construction d'un système d'asile
commun. Si ces négociations européennes ont un impact
certain sur l'évolution des législations nationales, celles-ci,
à leur tour, influencent les négociations communautaires.
Cette pression se fait dans le sens d'une harmonisation a minima, laissant
aux États la plus grande marge de manuvre possible.
[Lire la suite]
Édito du Plein
Droit n° 57,
juin 2003
L'idée que l'Union européenne pourrait un jour installer
hors de ses frontières des camps de triage pour y envoyer les
demandeurs d'asile semble sortie tout droit d'un film d'horreur ou d'un
cauchemar. Il y a quelques années encore, sa simple évocation
par un des États membres aurait probablement été
considérée comme une provocation ou une aberration par
ses partenaires, et suscité la réprobation unanime des
instances de protection des droits de l'homme.
Le cauchemar est en train de devenir réalité. [Lire la suite]
Danièle Lochak, Plein Droit n° 56, mars 2003
La reconnaissance manifestée aux étrangers qui ont risqué leur vie ou versé leur sang pour la France leur est plus aisément acquise lorsque, au sens propre, elle ne coûte rien. À preuve, le contraste entre l’indifférence témoignée aux anciens combattants d’outre-mer spoliés par la cristallisation des pensions et le flot de rhétorique qu’a suscité le sort des légionnaires blessés au cours d’opérations militaires. [Lire la suite]
Antoine Math, Plein
Droit n° 56,
mars 2003
Que sest-il passé depuis larrêt Diop par lequel
le Conseil dÉtat a jugé que la « cristallisation »
des pensions violait la Convention européenne de sauvegarde des
droits de lHomme et constituait une discrimination illégale ?
Justice était reconnue aux anciens fonctionnaires et anciens
combattants qui allaient enfin toucher leur dû. Cétait
sans compter sur lesprit de résistance de nos décideurs
républicains pour qui « légalité
nest pas envisageable ». [Lire la suite]
Philippe Bernard, Plein
Droit n° 56,
mars 2003
Dans un village du Sénégal, lenvoyé spécial
du journal Le Monde avait rencontré, au cours de lannée
1998, Abdoulaye Ndiaye, cent quatre ans, dernier survivant du bataillon
des tirailleurs sénégalais, qui se distinguèrent,
par leur courage, dans les tranchées de « quatoze-dix-huit ».
Quelques mois plus tard, le 10 novembre, à la veille de recevoir
la Légion dhonneur, le vieil homme mourait. Le Monde publiait
alors, sous la plume de Philippe Bernard, larticle que nous reproduisons
ci-dessous. [Lire la suite]
Emmanuel Blanchard, Plein
Droit n° 56,
mars 2003
Longtemps occultée, la participation des populations coloniales
aux efforts de guerre de la France est aujourd'hui un véritable
enjeu de mémoire au cur des luttes politiques et juridiques
des anciens combattants et des sans-papiers. En mettant l'accent sur
la contribution de leurs aînés à la défense
d'idéaux démocratiques, mis à mal par les gouvernements
passés et présents de la France des colonies ou de la
fermeture des frontières, ces derniers ont contribué à
sortir de l'oubli des milliers d'hommes dont les sacrifices ne sont
toujours pas reconnus. Il reste que l'image du tirailleur libérateur
de la France occupée ne permet pas d'appréhender, dans
toute sa complexité, l'histoire des troupes coloniales. [Lire la suite]
Édito du Plein Droit
n° 56,
mars 2003
Dans l'édito du précédent numéro de Plein
Droit, nous refusions de nous réjouir trop vite des mesures
annoncées dans les médias : réexamen de la
situation des sans papiers, remise en cause de la double peine, « contrat
d'intégration ». Nous attendions la suite. Elle est
cinglante. [Lire la suite]
Dana Diminescu,
Plein Droit n° 55,
décembre 2002
Comme tous les pays de l'ancien bloc communiste, la
Roumanie s'est libérée de plus de quarante ans de « non-mobilité »
par une frénésie de migrations. Après une période
de tâtonnements vers un Occident mythifié et interdit,
ces migrations se sont intensifiées gagnant peu à peu
tous les pays occidentaux. Inscrites dans le contexte particulier de
la construction européenne, elles ont cependant connu une évolution
spécifique. [Lire la suite]
Salvatore Palidda et Fulvio Vassallo
Paleologo, Plein Droit
n° 55,
décembre 2002
Le cas de l'immigration étrangère en Italie est révélateur
du traitement et du sort réservés aujourd'hui aux migrations.
A la merci des trafiquants, exposés à la mort lors de
leurs tentatives de migrations, soumis à un néo-esclavagisme
dont s'alimente le développement des économies souterraines
dans les pays développés, les migrants sont l'objet de
traitements violents non seulement de la part des polices et des militaires
des pays dominants et des pays de départ qui coopèrent
à cette politique, mais aussi de la part des petits et grands
patrons. [Lire la suite]
Smain Laacher et Laurette Mokrani,
Plein Droit n° 55,
décembre 2002
Quitter son pays pour aller dans un autre clandestinement ne peut s'envisager
que si l'on est sûr de réussir. Et cette certitude, c'est
le passeur qui va la fournir car lui seul a la réputation de
transformer le désir en réalité. À partir
des témoignages recueillis au cours des enquêtes qu'il
a effectuées auprès de personnes exilées, l'auteur
expose ici les facteurs qui règlent le « système
de relations qui se nouent entre l'exilé et ses passeurs et
qui leur donnent sens ».
[Lire la suite]
La question immigrée
après 68
Michelle Zancarini-Fournel, Plein
Droit n° 53-54,
juin 2002
La question de l'immigration, apparue sur la scène publique
avec le problème des bidonvilles, est réellement devenue
visible à partir de 1968 avec la participation d'ouvriers immigrés
à des mouvements de grève dans les usines. Par la suite,
la parole publique des immigrés s'est déplacée
du terrain économique vers des revendications spécifiques
à propos du logement et des papiers. [Lire la suite]
Anna Marek, Plein
Droit n° 53-54,
juin 2002
Si l'idée de créer une structure permettant d'affirmer
et de défendre le principes de l'État de droit revient
à une poignée d'élèves de l'ENA, la véritable
naissance du Gisti a lieu lors de la rencontre de ces jeunes initiateurs
avec des représentants d'autres horizons socio-professionnels :
avocats, magistrats, travailleurs sociaux, militants associatifs. Leur
investissement sur la question de l'immigration participera d'un mouvement
croissant de prise en compte de ce problème dans le débat
national après 68. Les témoignages de trois « anciens »
viennent illustrer cet historique. [Lire la suite]
Michèle Creoff, Plein
Droit n° 52,
mars 2002
Entre la protection judiciaire liée aux dangers que court le
mineur et la protection administrative en cas d'absence de représentant
légal, le dispositif législatif d'accueil des mineurs
est complet et devrait pouvoir s'appliquer totalement aux mineurs étrangers
isolés. De nombreux freins s'opposent pourtant à la mise
en uvre de cette protection, qui tiennent aux réticences
de certains juges ou aux blocages de certains intervenants sociaux.
Tous ces freins résultent en dernière analyse de la crainte
d'un invasion de mineurs étrangers isolés.
[Lire la suite]
Etsianat Ondongh-Essalt, Plein
Droit n° 52,
mars 2002
L'exemple résumé dans les lignes qui suivent, va montrer
comment des dizaines d'enfants mineurs qui atterrissent chaque année
en France et qui demandent protection et reconnaissance au pays des
droits de l'homme subissent, de la part des institutions qui sont censées
les accompagner et les soutenir dans leur quête de quiétude,
des « brimades », des tracasseries qui, pour certains
enfants, peuvent s'apparenter à un nouveau rejet et quelquefois
raviver le désarroi et le sentiment abandonnique dont ils sont
déjà victimes. [Lire la suite]
Jean-Pierre Alaux, Plein
Droit n° 51,
novembre 2001
Huit ans après l'institutionnalisation de la répression
de la polygamie par la « loi Pasqua », les pouvoirs
publics constatent que ce sont les femmes qui payent la facture. Pour
conserver ou récupérer leur carte de séjour, leurs
époux les mettent à la porte. Comment en est-on arrivé
là ? [Lire la suite]
Emmanuelle Andrez et Alexis Spire,
Plein Droit n° 51,
novembre 2001
Tout individu a un statut personnel qui régit sa vie privée.
Dès qu'il séjourne dans un état autre que celui
dont il a la nationalité, se pose la question de la loi française
ou étrangère qui doit s'appliquer. Le droit
international privé a permis l'élaboration de règles
respectueuses des droits fondamentaux de l'individu tout en tenant compte
de son appartenance à une civilisation autre qu'occidentale.
La législation française sur l'entrée et le séjour
fait malheureusement de plus en plus souvent obstruction à sa
mise en uvre. [Lire la suite]
Étrangers incarcérés,
étrangers délinquants ?
Emmanuel Blanchard, Plein Droit
n° 50,
juillet 2001
Les étrangers représentent 6 % de la population métropolitaine
mais plus de 24 % de la population pénitentiaire. Des chiffres
difficiles à comparer - les statistiques pénitentiaires
intègrent des touristes, des travailleurs saisonniers ou des
irréguliers non pris en compte par le recensement... -, mais
dont la confrontation alimente une idée reçue : les étrangers
seraient plus souvent délinquants que les Français. Pourtant
les statistiques pénitentiaires ne disent rien de la délinquance
des étrangers, elles nous parlent plutôt du fonctionnement
des institutions policières et judiciaires. [Lire la suite]
L'Allemagne instille
du droit du sol
Bernard Schmid, Plein Droit
n° 49,
avril 2001
Le droit de la nationalité allemand a été pendant
longtemps dominé par une conception « ethnique » marquée
non seulement par le principe du « droit du sang », mais même
d'un « double droit du sang ». Elle remplissait ainsi une double fonction,
l'une tournée vers l'intérieur (les immigrés vivant
sur le sol allemand), l'autre vers l'extérieur (les descendants
« de sang allemand » vivant sur le territoire d'autres États).
Pour la première fois, la réforme votée par le
Bundestag en 1999 et entrée en vigueur au 1er janvier 2000 a
provoqué de sérieuses entorses à la conception
jusque-là en vigueur. [Lire la suite]
Claire Rodier, Plein Droit n° 49,
avril 2001
À la fin de l'année 2000, la Commission européenne
a présenté au Conseil de l'Union son programme de travail
pour les années à venir. Dans une communication sur la
politique communautaire en matière d'immigration, elle préconise
d'« ouvrir les canaux de l'immigration légale à destination
de l'Union ». [Lire la suite]
Les subtilités du Conseil d'État
Danièle Lochak, Plein
Droit n° 47-48,
janvier 2001
Disposition libérale au départ, l'article 12 bis
7° qui a intégré, dans la législation sur les
étrangers, le droit au respect de leur vie privée et familiale,
a été sérieusement verrouillé par le ministre
de l'intérieur dans sa circulaire d'application. Et le Conseil
d'État, sur recours du Gisti, n'a pas trouvé grand chose
à redire au fait que l'administration conserve intact son pouvoir
discrétionnaire. [Lire la suite]
Ouverture à la tête du
client
Jean-Pierre Alaux, Plein
Droit n° 47-48,
janvier 2001
Fini le dogmatisme de la fermeture des frontières. Avec le gouvernement
Jospin et sa « loi Chevènement », on serait
passé à l'ère d'une maîtrise plus cool des
flux migratoires. Du coup, la question de la présence des étrangers
en France ne serait plus vécue comme un problème. Bref,
tout baignerait depuis 1998. A y regarder d'un peu plus près,
la réforme Chevènement s'apparente à un retour
aux vieilles valeurs libérales pour lesquelles l'immigré
est d'abord un instrument économique d'appoint. Une simple adaptation
aux besoins de main-d'uvre déclenchés par la
reprise. [Lire la suite]
Polygamie : mieux vaut tard
Plein Droit
n° 46,
septembre 2000
Parmi les étrangers vivant en France « en état de
polygamie », « certains peuvent se prévaloir dune
ancienneté de séjour dans notre pays souvent supérieure
à dix ans et donc dune atteinte disproportionnée
au droit au respect de leur vie privée, en raison des liens établis
en France, si le préfet refuse de leur accorder la possibilité
de rester légalement sur notre territoire » Discours
de bon sens. Il aura pourtant fallu attendre sept ans
[Lire la suite]
Des droits universels...
sous condition
Anne du Quellennec, Plein
Droit n° 46,
septembre 2000
La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 proclame
des droits universels. Inhérents à la nature humaine,
ils appartiennent à l'humanité toute entière. De
même, la Déclaration universelle des droits de l'homme,
adoptée par l'ONU en 1948, proclame des droits civils et politiques
et des droits économiques et sociaux valables pour l'ensemble
de l'humanité. Pourtant, on constate bien souvent que les individus
ne peuvent effectivement exercer leurs droits que lorsqu'ils sont ancrés
dans un territoire. [Lire la suite]
Textes précédents
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11-01-2007 15:31
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