Article extrait du Plein droit n° 147, décembre 2025
« Impossibles réparations »

Thiaroye, faire reconnaître un mensonge d’État

Armelle Mabon

Historienne, membre du collectif Secret Défense – Un enjeu démocratique
En décembre 1944, dans le camp de Thiaroye, des tirailleurs sénégalais, qui réclamaient le paiement de leurs soldes, ont été froidement mitraillés, puis jetés dans des fosses communes. Depuis lors, les autorités françaises maintiennent la thèse d’une rébellion armée et falsifient l’Histoire. Retour sur une décennie de combat, à la croisée du droit et de l’histoire, pour réhabiliter ces hommes et faire reconnaître un crime d’État.

La confrontation avec un mensonge d’État qui perdure contraint à adopter des postures inédites, à trouver des cheminements originaux, à briser des frontières entre des disciplines qui se méconnaissent. Le massacre de Thiaroye est une illustration de ce combat dans lequel histoire et droit s’allient pour faire émerger une justice et lever les obstructions à la manifestation de la vérité. Le 1er décembre 1944, au camp de Thiaroye au Sénégal, des dizaines – plus probablement des centaines – de soldats africains, de retour de France où ils avaient été détenus dans des camps allemands, ont été tués sur ordre de gradés français pour avoir réclamé leurs pensions et soldes.

En 2014, lors de la cérémonie du 70e anniversaire, j’ai remis une synthèse de mes travaux [1] au président, François Hollande, au ministre de la défense, Jean-Yves Le Drian, et à la garde des Sceaux, Christiane Taubira, montrant que, contrairement à la thèse officielle, il n’y avait jamais eu ni rébellion armée ni mutinerie des ex-prisonniers de guerre originaires de l’Afrique occidentale française (AOF), mais un massacre prémédité par les militaires. Ces recherches attestent de l’usage d’automitrailleuses en réponse aux revendications du paiement des rappels de solde, et d’un nombre de morts bien plus important que les 35 victimes officiellement annoncées : elles contredisent le procès à charge condamnant des innocents. J’ai compris, face à la réitération du mensonge d’État lors de cette cérémonie, qu’il me faudrait utiliser un autre moyen que mes simples écrits pour contrecarrer une volonté insidieuse de maintenir le récit officiel.

Avec le fils d’une victime, des descendant·es de condamnés et de rescapés, nous avons saisi la justice administrative, la Cour européenne des droits de l’Homme (CourEDH), la Cour de cassation pour un procès en révision et, en 2025, le procureur de la République de Paris avec une plainte contre X et l’État français pour recel de cadavre.

Ce mouvement entre histoire et droit sera ici illustré à l’aune de trois procédures qui ont été intentées pour pouvoir consulter des archives interdites d’accès, obtenir la désoccultation d’une archive caviardée d’une part, et le remboursement des sommes spoliées d’autre part.

Plusieurs avocats ont contribué à ce vaste chantier, mais l’apport de l’avocat aux Conseils, Me François Pinatel, a été considérable. La justice administrative a rendu des décisions favorables essentiellement dans deux procédures annexes intentées par des victimes. Le 8 mars 2020, le tribunal administratif (TA) de Paris a indemnisé le fils de M’Bap Senghor, une victime considérée à tort comme déserteur. Le 9 mai 2025, la Cour administrative d’appel (CAA) de Paris a obligé le ministère des armées à rétablir la date d’embarquement à Morlaix pour le Sénégal dans le dossier de M’Bap Senghor. La date du 5 novembre, correspondant au départ effectif du contingent, avait en effet été falsifiée plusieurs années après le massacre au profit d’une date fantaisiste, tout comme dans de nombreux autres dossiers individuels. Dans la mesure où une circulaire du 4 décembre 1944 affirmait de manière erronée que les soldats du contingent ayant embarqué le 5 novembre avaient tous reçu leurs soldes et primes, l’objectif de cette falsification de date était probablement de camoufler que ce contingent avait en plus été victime d’un faux (la circulaire). J’avais, de mon côté, saisi le TA de Paris afin que le ministère corrige les dates dans tous les dossiers concernés pour éviter à chaque ayant droit de faire personnellement la démarche. Mais, par une ordonnance du 11 mars 2021, ma demande a été rejetée pour défaut d’intérêt à agir. Que de temps perdu pour les descendant·es ! Cet intérêt à agir questionne car il est souvent utilisé, à mon sens, pour ne pas pointer les méprises historiques volontairement relayées par l’administration.

Rendre toutes les archives consultables

En 2002, je me suis étonnée de ne pas trouver des archives et des documents tels que les circulaires, pourtant citées dans différents rapports, ou encore la liste des rapatriés et des victimes, les calculs des soldes et de la prime de démobilisation, etc.

Le ministère de la défense – devenu ministère des armées – ne répondant pas à mes demandes d’accès à ces archives, j’ai saisi pour avis la Commission d’accès aux documents administratifs (Cada) et entamé en 2016 ce parcours devant la justice administrative avec une certaine naïveté. Bien que non-juriste, j’ai déposé mes requêtes au tribunal administratif et sollicité systématiquement Me Pinatel pour me représenter en appel et, le cas échéant, devant le Conseil d’État.

Malgré des conclusions favorables du rapporteur public à l’audience, ma demande a été rejetée par jugement du 27 septembre 2017, avec toutefois la possibilité de saisir à nouveau le tribunal en présentant de nouveaux éléments. Ce fut chose faite en 2018 grâce à l’apport de la preuve de l’existence d’archives. Le TA de Paris a de nouveau rejeté ma demande le 29 janvier 2021, et le Conseil d’État a rendu une décision de non-admission le 4 mars 2022. Saisie d’un recours, la CourEDH l’a déclaré à son tour irrecevable le 16 février 2023. Entre-temps, ayant découvert, dans le dossier de M’Bap Senghor, l’existence des archives appartenant au dépôt des isolés coloniaux de Dakar, j’ai de nouveau saisi le TA de Paris qui a, de nouveau, rejeté ma demande le 18 juin 2024.

Les écritures du ministère ont évolué au fil de ces actions contentieuses : affirmant d’abord que ces archives n’existaient pas, le ministère a ensuite été contraint d’admettre leur existence tout en faisant valoir une possible perte ou destruction. Ne pouvant admettre ni croire un tel argument, j’ai déposé un pourvoi devant le Conseil d’État, lequel est en cours d’instruction.

La justice administrative exige une preuve impossible à fournir : le lieu où sont entreposées ces archives. Or ces dernières sont dispersées dans plusieurs endroits dépendants du ministère des armées, en particulier celles dites « intermédiaires », car elles n’ont pas encore été versées au Service historique de la défense (SHD).

Un rapport de l’Assemblée nationale mentionne l’existence de trois fosses communes sous les tombes du cimetière militaire de Thiaroye « dans lesquelles ont été inhumées les victimes des événements [2] », ce qui démontre de manière factuelle et précise l’existence d’une archive. Yves Monteil, photographe préparant un ouvrage sur Thiaroye, a réclamé les échanges entre le député-rapporteur et le ministère, mais la Cada s’est déclarée incompétente dès lors que les documents sollicités ont été produits à la demande d’une assemblée parlementaire [3]. J’ai donc demandé en 2025 l’archive faisant état des trois fosses communes. Face au silence du ministère, j’ai une fois de plus saisi la Cada.

Puisque le ministère affirme que les archives n’existent plus, suggérant leur perte ou destruction [4], il serait possible de réclamer les bordereaux de destruction. S’ils n’existent pas, il s’agit alors d’une destruction sauvage pénalement répréhensible. Telle est certainement la prochaine étape de ce combat. J’ai saisi le TA pour obtenir les échanges de courriers relatifs à une mission de la Direction de la mémoire, du patrimoine et des archives (DMPA) en 2010 à Dakar, durant laquelle il a été question des archives de Thiaroye. Le ministère a « juré » à la Cada que cette mission n’a jamais existé… alors que la presse l’a évoquée !

Seule la volonté récurrente du ministère de faire obstruction à la manifestation de la vérité sur ce crime d’État m’a amenée à saisir la justice administrative pour obtenir des archives non consultables et ainsi étayer les demandes de réparation des descendant·es.

Un récit officiel qui ne s’efface pas si facilement

En mars 2025, le fils d’un officier présent au camp de Thiaroye le 1er décembre 1944 a déposé au Service historique de la défense le Journal de marche de son père. Son récit de cette journée paraît conforter la thèse officielle : tension, rébellion des soldats qui veulent s’emparer des armes, 35 morts. Dans la mesure où le ministère estime crédibles [5] les propos rapportés dans ce Journal, j’ai demandé, en ma qualité d’historienne, à recevoir l’intégralité de l’analyse réalisée à la demande du ministère par des historiens. Ce retour du récit officiel par le biais de ce journal, alors que le président Emmanuel Macron a entrouvert une porte pour la reconnaissance du massacre, est pour le moins surprenant. Sans réponse, j’ai donc saisi la Cada, le 29 juin 2025, qui a rendu son avis « sans objet » le 2 octobre, le ministère ayant répondu qu’il n’avait diligenté aucune analyse historique particulière en lien avec la crédibilité des informations contenues dans ce document. Il est évident pour moi que ce Journal de marche n’est en aucun cas crédible à l’instar des rapports des officiers écrits sur ordre, pour faire croire à une rébellion armée avec 35 morts.

Le motif d’une sanction ou l’impossible désoccultation

Un seul officier a été sanctionné pour les faits de Thiaroye : le lieutenant-colonel Le Berre, particulièrement compromis dans ce massacre. Mes recherches m’ont amenée à consulter la plupart des dossiers personnels des officiers présents à Thiaroye. On y découvre notamment que les principaux protagonistes ont été gratifiés de la Légion d’honneur, y compris le lieutenant-colonel Le Berre. Dans son dossier, la sanction et son motif ont été caviardés à l’encre de Chine, suite à l’amnistie du 16 août 1947. Il nous est donc impossible d’en savoir davantage. Avec Yves Abibou, fils d’un tirailleur condamné pour son action à Thiaroye, et Biram Senghor, fils d’un tirailleur assassiné à Thiaroye, nous avons saisi la justice administrative jusqu’au Conseil d’État, afin de contraindre le ministère de la défense à nous donner accès au motif de la sanction.

Des arrêts du 4 octobre 2019 du Conseil d’État [6] permettent de déceler une faille dans la réglementation sur les archives : il n’existe pas de réglementation obligeant une administration à désocculter une archive, quand bien même le caviardage a été fait à tort, comme c’est le cas ici. Cependant, le rapporteur public a mentionné dans ses conclusions que, pour l’Histoire, le ministère pourrait faire cette désoccultation. En avril 2023, des conseillers du secrétariat aux anciens combattants m’ont annoncé que je pourrais faire cette opération avec un laboratoire habilité. Pourtant, à ce jour, le motif de la sanction demeure inconnu, l’opération évoquée ayant finalement été refusée sans aucune motivation. J’ai saisi la justice administrative, le 9 septembre 2024, pour en connaître les raisons. Malgré une mise en demeure en février 2025 du TA, le ministère n’a toujours pas transmis de mémoire en défense. Le TA a renvoyé une mise en demeure le 29 septembre 2025 avec un délai de trois mois, alors que j’espérais une clôture de l’instruction.

La volonté politique fait défaut pour pallier cette absence de réglementation, comme le prouve le rejet, en 2025, d’une commission d’enquête parlementaire transpartisane sur ce massacre. La recherche historique et le droit sont tributaires du bon vouloir de celles et ceux qui ont tout pouvoir de mentir même si, pour les descendant·es, cet excès de pouvoir est intolérable. Cette enquête parlementaire, aurait, par exemple, permis d’entendre Éric Lucas, ancien directeur de cabinet de Geneviève Darrieussecq – secrétaire d’État auprès de la ministre des armées de 2017 à 2020 – qui, à ce titre, a donné ordre aux archivistes de caviarder la mention de « déserteur » dans le dossier de M’Bap Senghor, alors que le SHD avait écrit à son fils ne détenir aucune archive. En tant que directeur de la DMPA (2007-2013), il a fait partie de la mission évoquée plus haut à Dakar en 2010.

La « prescription de la dette », mobile pour une absence de réparation

Me François Pinatel a poursuivi son travail de défense des intérêts des descendant·es mais aussi de l’Histoire, notamment avec ce combat juridique pour Biram Senghor et Djibril Doucouré, fils de tirailleur rescapé du massacre, afin d’obtenir le remboursement des sommes dont leurs pères ont été spoliés (rappel de soldes, prime de démobilisation et pécule). Biram Senghor a fait cette demande auprès du ministère des armées le 1er octobre 2017. Sa demande a été rejetée par le tribunal, par la cour d’appel et par le Conseil d’État en 2023. Biram Senghor a donc saisi, le 4 août 2023, la CourEDH qui a admis sa requête et proposé un accord amiable entre l’État et Biram Senghor. En septembre 2024, l’État français a rejeté cette proposition. La procédure suit donc son cours devant la CourEDH jusqu’à une possible condamnation de l’État, dans des délais que l’on sait très longs, alors que Biram Senghor est âgé de 87 ans.

Quant à Djibril Doucouré, il a réclamé au ministère, le 21 février 2018, le remboursement des sommes spoliées. Face au rejet du ministère, un recours a été déposé au tribunal administratif de Melun qui a rejeté sa requête, tout comme la CAA de Paris le 5 décembre 2023. Son pourvoi n’a pas été admis par le Conseil d’État le 18 décembre 2024, et Djibril Doucouré a déposé sa requête devant la CourEDH le 16 avril 2025. Par une décision du 5 août 2025, la Cour a admis son recours, qui est en cours d’instruction.

Tout au long de ces procédures, la prescription de la dette de l’État a fait figure de leitmotiv, avec pour principal enjeu le point de départ de ce délai. Le rapporteur public du Conseil d’État s’appuie sur une loi de 1831 pour dire que cette dette, invocable depuis le jour où elle est née – en 1944 donc – est désormais prescrite. Or, selon une autre loi de 1968, le délai de prescription ne court qu’à compter de la date à laquelle la victime ou l’ayant droit est en mesure de connaître l’origine du dommage ou du moins de disposer d’indications suffisantes selon lesquelles ce dommage pourrait être imputable à l’administration. Ainsi, compte tenu des dissimulations de l’administration, la dette ne peut être ici prescrite.

La découverte de la circulaire datée du 4 décembre 1944, soit trois jours après le massacre, m’a fait comprendre que je travaillais sur un mensonge d’État. Par une discrète note de bas de page, cette circulaire indique, comme déjà évoqué, que le contingent ayant quitté la France le 5 novembre 1944 avait perçu l’intégralité des soldes. Ce travestissement de la réalité a permis aux officiers d’inventer une rébellion armée et une répression sanglante inévitable, et in fine de délégitimer les revendications des hommes de Thiaroye. En tant qu’historienne, je ne peux admettre la prescription : celle-ci ne pourra commencer à courir que lorsque l’administration aura officiellement démenti ou abrogé cette circulaire qui affirme qu’ils ont été payés. J’ai eu cette désagréable impression que le Conseil d’État refusait de prendre en compte la révélation du mensonge d’État, ainsi que mes travaux – les magistrats de la Cour de cassation ont eu la même attitude pour rejeter le procès en révision d’Antoine Abibou [7] – pour donner raison au ministère des armées avec l’argument suivant : « Cette circulaire ne pouvait être regardée comme un fait de l’administration au sens de l’article 10 de la loi du 29 janvier 1831 de nature à modifier le cours des délais de prescription [8]. »

Je revendique cette part de naïveté qui me permet de rester optimiste malgré les désillusions successives, en particulier lors du refus de l’État français, en septembre 2024, de répondre favorablement à la proposition d’accord amiable émise par la CourEDH en vue du remboursement des sommes spoliées à Biram Senghor. Cette obstruction à la manifestation de la vérité est, selon moi, complice du mensonge d’État et témoigne d’un acharnement institutionnel préjudiciable aux descendant·es.

Sans la rencontre avec Me Pinatel, cette quête de vérité et de justice aurait piétiné. Les recours ont contraint le ministère à annoncer qu’il n’y avait pas de corps dans les tombes du cimetière militaire de Thiaroye et in fine à reconnaître l’existence de fosses communes. Le Sénégal, de son côté, a entamé la fouille au sein du cimetière et doit aussi le faire à l’endroit présumé du charnier. Le résultat de ces recherches est attendu.

En l’absence d’informations concrètes de la France sur le lieu dans lequel son père a été enterré, Biram Senghor a déposé plainte, via l’avocat sénégalais Me Mbaye Dieng, contre X et contre l’État français pour recel de cadavre en juin dernier. Avec la mention « Mort pour la France », obtenue grâce au combat de Biram Senghor pour son père et des recherches historiques, la voie paraît aussi ouverte pour que le garde des Sceaux saisisse la commission d’instruction de la Cour de cassation sur la base de cet élément nouveau et engage le procès en révision pour tous les condamnés. Là encore, le silence est intolérable.

Ce long parcours devant la justice administrative, quelque peu inédit pour une historienne, a permis une évolution sémantique, les magistrats évoquant désormais parfois « le massacre » et non plus « la mutinerie » ou « les événements ». Pour autant, la persistance de petits arrangements avec la réalité des faits reste problématique. Les multiples réserves ministérielles dans les discours continuent d’entraver la reconnaissance pleine et entière d’un massacre prémédité. Il est plus que temps de mettre un terme à ce mensonge d’État.




Notes

[1Armelle Mabon est l’autrice de l’ouvrage Le massacre de Thiaroye : 1er décembre 1944, histoire d’un mensonge d’État, Le passager clandestin, 2024.

[2Assemblée nationale, Avis n° 3360 fait au nom de la commission de la défense nationale et des forces armées sur le projet de loi de finances pour 2021, n° 3465, tome 1, 2020, p. 65.

[3Cada, avis du 15 février 2024.

[4Mémoire en défense du ministère des armées auprès du TA, le 13 janvier 2022.

[5Voir Coumba Kane, « Sénégal : le troublant journal d’un militaire français, témoin du massacre de Thiaroye en 1944, tiré de l’oubli », Le Monde Afrique, 1er mai 2025.

[6CE, 4 octobre 2019, nos 416030 et 416038.

[7Voir l’entretien avec son fils, Yves Abibou et le focus sur la procédure de révision, p. 52.

[8CE, 5 avril 2023, n° 459652. Selon l’article 10 de la loi de 1831, la prescription n’est pas applicable « aux créances dont l’ordonnancement et le paiement n’auraient pu être effectués dans les délais déterminés par le fait de l’administration ou par suite de recours devant une juridiction ».


Article extrait du n°147

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Dernier ajout : lundi 12 janvier 2026, 15:55
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