Article extrait du Plein droit n° 18-19, octobre 1992
« Droit d’asile : suite et... fin ? »

Turquie

Les habitants de Sirnak, petite ville du Sud-Est anatolien, qui, bientôt peut-être, demanderont l’asile à la France, seront-ils accueillis comme il le conviendrait, ou bien, comme tant de leurs compatriotes, seront-ils déboutés et exposés au retour en Turquie ? La police et l’armée de Sirnak auraient été — provocation ? — attaquées dans la nuit du 18 au 19 août 1992 par un millier de militants kurdes. En représailles, les forces de l’ordre ont répliqué en tirant à l’arme lourde sur la ville soupçonnée de complicité.

Ces violences, qui ont dégénéré en véritable guerre intérieure en Turquie, justifient-elles l’attribution du statut de réfugié à ceux qui ont tout simplement peur parce qu’ils appartiennent à la communauté kurde ? À en juger par les pratiques de l’Ofpra et aussi de la Commission des recours, on doit plutôt répondre par la négative. À une attitude restrictive d’ensemble, s’ajoute aujourd’hui, en ce qui concerne la Turquie, le prix des alliances nouées pendant la guerre d’Irak. Autrement dit, la raison d’État.



Article extrait du n°18-19

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Dernier ajout : mercredi 19 mars 2014, 12:25
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