Anafé - Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers

Mort d’un enfant de 10 ans à Roissy : encore une victime des politiques migratoires européennes ?

Le matin du mercredi 8 janvier 2020, le corps d’un enfant, âgé d’une dizaine d’années, a été retrouvé dans le train d’atterrissage d’un avion en provenance d’Abidjan (Côte d’Ivoire) à l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle.

Si les drames sont fréquents en Méditerranée, entre les Comores et Mayotte ou dans d’autres parties du globe, la situation est plus exceptionnelle, ou en tout cas moins connue, dans les ports et aéroports français.

La dernière situation équivalente qui avait été médiatisée à l’aéroport de Roissy date de 2013, où le corps d’un ressortissant camerounais avait été retrouvé dans le train d’atterrissage d’un avion. Nous savons cependant qu’il existe plusieurs cas similaires par an. En 2014, c’est au port de Marseille, qu’un ressortissant guinéen s’était noyé après avoir été ré-embarqué sur le bateau alors qu’il souhaitait déposer une demande d’asile en France. Plus récemment, fin octobre 2019, 6 mineurs ont échappé à l’asphyxie dans un container au port de Marseille.

« Ce drame illustre une nouvelle fois les conséquences de politiques migratoires européennes qui poussent les personnes en migration à se mettre de plus en plus en danger. C’est cela qu’il faut questionner et transformer pour que les personnes exilées, y compris des enfants, ne perdent pas leur vie lors de leur parcours migratoire », affirme Laure Palun, directrice de l’Anafé.

Les obstacles à la mobilité sont en effet de plus en plus nombreux : politique stricte des visas, criminalisation des personnes migrantes, contrôles accrus des frontières, visas de transit aéroportuaires (y compris pour les titulaires d’un passeport de la Côte d’Ivoire), amendes à l’encontre des compagnies aériennes qui embarqueraient des personnes qui n’ont pas tous les documents pour voyager…

Tant qu’il n’y aura pas (ou trop peu) de voies sures d’accès aux territoires français et européen, la logique actuelle des politiques migratoires françaises et européennes aura pour conséquence une prise de risque de plus en plus grande pour les personnes exilées, aboutissant parfois à la mort.

mercredi 8 janvier 2020

Dans la presse :


Note du Gisti :

Il y a 20 ans déjà : deux jeunes Guinéens morts dans un train d’atterrissage



- Le « drame atroce » du vol Conakry-Bruxelles : deux jeunes Guinéens morts de froid dans le train d’atterrissage (Libération, 4 août 1999)

- « Nous vous appelons au secours en Afrique » (Libération, 5 août 1999)
Le « testament » des deux morts du vol Conakry-Bruxelles sera transmis aux leaders européens.
→ À la suite, « Message posthume » (la lettre retrouvée sur les deux enfants guinéens)

- « On souffre trop en Afrique » (l’Humanité, 5 août 1999)
La mort de deux jeunes Guinéens dans le train d’atterrissage d’un avion est révélatrice du drame africain. Ils fuyaient la misère de leur continent. Ces mots étaient griffonnés sur la lettre que les deux jeunes Guinées retrouvés morts à l’aéroport de Bruxelles lundi dernier [2 août] avaient emportée à l’adresse de l’Europe. Entendra-t-on ce cri dans les capitales occidentales alors que l’aide publique au développement en direction de l’Afrique ne cesse de diminuer ?
→ A la suite, « La lettre des deux adolescents guinéens », « Non-assistance à continent en danger », « Que leur mort ne soit pas vaine » (réactions de Madjiguène Cissé et d’Ismaïla)

- « Aidez-nous, nous souffrons énormément en Afrique... » (le Monde, 5 août 1999)
[Extraits de la lettre retrouvée sur le cadavre d’un des deux jeunes Guinéens découverts morts le 2 août dans le train d’atterrissage d’un avion de la Sabena à Bruxelles]

- La Guinée enterre les « martyrs de l’Afrique » (Libération, 9 août 1999)
Le pays a offert aux deux jeunes clandestins morts dans un avion de la Sabena des obsèques quasi nationales.

- Yaguine Koïta et Fodé Tounkara sont devenus des symboles pour la jeunesse guinéenne (le Monde, 10 août 1999)
Les deux jeunes clandestins du vol Sabena ont été enterrés à Conakry.


Vous pouvez retrouver ce communiqué sur le site
www.anafe.org

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Dernier ajout : lundi 13 janvier 2020, 18:46
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