RESF - Réseau éducation sans frontières

80 % de perdants au loto de Sarko ?

Plus de 30 000 dossiers reçus en préfecture cet été dans le cadre de la circulaire du 13 juin. Un immense espoir…

Mais parmi toutes les familles concernées, qui remplissaient pour la plupart les critères définis par le ministère, seules 6924 ont été régularisés, sans surprise. Les préfectures ont ignoré les dossiers et appliqué les quotas définis à l’avance par le Ministère de l’Intérieur. Un soulagement pour 6 924 parents d’élèves, mais l’angoisse pour les 26 614 familles refusées au loto Sarko ! D’autres n’ont pas encore été convoquées. Certaines n’ont toujours pas reçu de réponse. A ces familles s’ajoutent toutes les personnes seules ou les couples qui ne remplissaient pas les conditions de la circulaires et qui, de ce fait, n’ont pas déposé de demande. Pour elles, pas de faux espoir, mais la même peur d’être expulsées. Tous ces gens vivent aujourd’hui dans l’attente et l’angoisse.

« Quelqu’un qui n’a pas de papiers en France a vocation à être raccompagné chez lui », a déclaré le ministre de l’Intérieur, en précisant bien que le fait d’avoir un enfant scolarisé ne donnait pas le droit de rester en France.

Le 15 septembre, il adresse une nouvelle note aux préfets : « Vous êtes amenés à mettre à exécution, conformément à la loi, des mesures d’éloignement à l’encontre d’adultes, parents d’enfant (s) mineur (s), dont vous avez rejeté la demande de régularisation. J’appelle tout particulièrement votre attention sur le fait que l’exécution de ces mesures ne doit en aucun cas donner lieu à l’interpellation de ces adultes par les services de police ou de gendarmerie dans l’enceinte ou à proximité immédiate d’un établissement scolaire. » C’est vrai : une interpellation à 6 heures du matin au domicile familial, c’est beaucoup plus humain.

Au cours de l’été le chasseur d’enfants a pu expulser quelques familles et jeunes majeurs scolarisés : les chaises vides d’Abdallah, Aminata D., Aminata S., celle de Khalid, de Mourad, de Vladislav, de Jeff, celles des enfants Nouridou, des enfants Mutischi… représentent autant d’expulsions brutales et injustes.

  • A Chartres, la police est entrée dans une école maternelle pour récupérer un enfant de 2 ans et 1/2 dont les parents étaient en rétention.
  • A Soissons, une famille malgache vit cachée après avoir été arrêtée.
  • A Montereau, un père de famille, débouté de la circulaire du 13 juin, fait la grève de la faim.
  • A Bagneux, à Cholet, à Paris des enfants attendent le retour de leur père, expulsé pendant l’été.
  • Et à Cachan, des dizaines de familles vivent dans des conditions inhumaines. Chaque jour sur le chemin de l’école, ces familles sont harcelées, bousculées, interpellées et malmenées par la police.

Mais le Réseau Education Sans Frontières continuera, avec toutes les associations qui le composent et tous les citoyens qui soutiennent son action, à organiser le soutien et la solidarité autour des personnes et des familles menacées et de leurs enfants.

Demain, partout, enseignants, parents d’élèves, élèves, voisins, citoyens, élus, nous serons encore là pour empêcher les expulsions et réclamer la régularisation qui permettra à tous de vivre ici dans la dignité.

La solidarité doit l’emporter contre la chasse à l’enfant…

Mercredi 27 septembre
devant les Préfectures, dans toute la France

Nous dirons NON aux expulsions aujourd’hui comme à la fin de l’année scolaire.
Nous exigerons des papiers pour tous par un titre de séjour « vie privée et familiale ».
Tous ensemble, nous voulons pouvoir continuer à construire un avenir de justice et de fraternité !

Et à l’appel des expulsés de Cachan des collectifs de sans papiers et de RESF :

Manifestation le samedi 30 septembre
à Paris 14 h 30 Place Denfert-Rochereau

Des PAPIERS, des LOGEMENTS et des ECOLES POUR TOUS
HALTE AU DISCRIMINATIONS ET A LA REPRESSION POLICIERE

Rendez-vous des collectifs RESF d’Ile de France : 14 h 30, angle Bd Raspail / rue Considérant

Réseau Education Sans Frontières / Réseau des militants, collectifs d’établissements, syndicats et associations pour l’information et le soutien aux jeunes scolarisés étrangers sans papiers.


Voir aussi :


Vous pouvez retrouver ce communiqué sur le site
www.educationsansfrontieres.org

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Dernier ajout : mercredi 8 novembre 2006, 15:15
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