Article extrait du Plein droit n° 83, décembre 2009
« Codéveloppement : un marché de dupes »

Penarroya 1971-1979 : « Notre santé n’est pas à vendre ! »

Laure Pitti

Maîtresse de conférences en sociologie, université Paris VIII.
La lutte des ouvriers des usines Penarroya, dans les années 1970, a pendant longtemps été considérée comme un modèle d’organisation et d’autonomie politique des immigrés. Ce qui surpasse cependant cette exemplarité est l’objet même de la mobilisation : la revendication d’un droit à la santé. Pour la première fois, un mouvement de grande ampleur, entièrement entre les mains des ouvriers, faisait de la santé à l’usine un objet de lutte et de revendication.

Portail de l’usine Penarroya en grève. Saint-Denis 1971. Pierre Trovel, Mémoires d’Humanité/AD932 De toutes les grèves de travailleurs immigrés des années 1970, celle des ouvriers de l’usine Penarroya de Lyon, en 1972, semble s’être imposée dans la mémoire collective comme la plus marquante, voire la plus « significative » [1]. Sur ce point, les grilles de lecture varient avec le temps : d’abord appréhendée comme une grève exemplaire des formes d’organisation collective qui se firent jour, dans le sillage de 1968, en marge du mouvement ouvrier traditionnel, d’aucuns l’ont, depuis, analysée comme prémisse à l’autonomie politique des immigrés, « révélée » à l’opinion par la marche pour l’égalité et contre le racisme de 1983 [2]. Ces différentes grilles de lecture ont eu pour point commun de privilégier l’analyse des formes d’organisation de la grève elle-même, perçues comme inédites. Mais en resserrant ainsi la focale, elles ont eu tendance, d’une part, à laisser dans l’ombre la généalogie d’une mobilisation qui ne se limite pas à la grève ; d’autre part, à minorer le caractère à bien des égards novateur de l’objet même de cette mobilisation : la revendication d’un droit à la santé.

Penarroya, une lutte en quatre actes

À la fin des années 1960, le groupe Penarroya est le premier producteur de plomb en France et son activité repose à la fois sur l’extraction du minerai (en France, dans les mines de Largentière en Ardèche, des Malines dans le Gard, de la Plagne en Savoie et de Peyrebrune dans le Tarn), sa transformation (dans l’usine de Noyelles-Godault par exemple) ou sa récupération, à partir des vieilles batteries de voiture (notamment dans les usines de Saint-Denis et de Lyon). La main-d’œuvre y est en majorité constituée d’ouvriers étrangers [3], pour l’essentiel originaires du Maghreb et dans une moindre mesure d’Afrique subsaharienne. Si les conditions de travail, à partir d’un tel minerai, sont par définition difficiles, les sites de production de Penarroya se singularisent par leur caractère vétuste. À bien des égards, la législation du travail semble y être restée lettre morte : la sous-déclaration des accidents du travail et des maladies professionnelles et l’inaction, voire l’incurie, des comités d’hygiène et de sécurité y sont monnaie courante. Si les grèves de mai-juin 1968 ne changent rien à ce tableau – l’usine Penarroya de Saint-Denis, par exemple, n’a pas fait grève en 1968 [4] –, les reconfigurations militantes issues du mouvement de mai vont venir secouer l’édifice.

Acte 1 : la grève de Saint-Denis (1971)

Déclenchée le 19 janvier 1971, la grève des ouvriers de l’usine Penarroya de Saint-Denis fait suite à plusieurs mois de discussions collectives, à l’échelle des ateliers puis en assemblée générale, qui aboutissent, en décembre 1970, au total renouvellement des délégués du personnel. Pour la première fois dans l’histoire de cette usine, des travailleurs immigrés, « originaires d’Afrique [5] », accèdent à ce mandat, alors même que la législation imposait encore d’être français pour être éligible aux fonctions de délégué du personnel [6]. La syndicalisation massive des travailleurs immigrés de l’usine à la CGT, durant l’automne 1970, qui renouvela radicalement la section syndicale de l’établissement, et la menace d’un boycott des élections en cas de changement de liste des candidats, firent céder la direction.

La grève que ces délégués concourent à déclencher, devant le refus de la direction de satisfaire les revendications déposées le 11 janvier 1971, se présente d’emblée comme une grève pour les droits, en particulier celui de travailler dans des conditions décentes. Portées par un « comité des ouvriers de Penarroya  » qui se démarque rapidement des appareils syndicaux (notamment de l’union locale CGT), les revendications, dont la quasi-totalité ont trait aux conditions de travail et à la sécurité, pourraient pour certaines paraître dérisoires (« réparation des douches et du chauffage des vestiaires  », « embauche d’un ouvrier pour l’entretien des vestiaires », « possibilité de faire laver les bleus tous les 8 jours  », « obtention de trois paires de bleus par an et d’une casquette pour tous  », « obtention de chaussures de sécurité gratuites », « attribution de bleus et de chaussures dès l’embauche  », « un samedi sur deux de repos pour les casseurs de batterie  » [7]) si elles ne faisaient prendre toute la mesure des conditions de travail d’un autre âge qui avaient alors cours dans l’usine. Les images tournées durant la grève par un militant du groupe maoïste libertaire Vive la Révolution ! et la bande son qui accompagne leur montage en témoignent, qui montrent une usine vétuste où les ouvriers sont quotidiennement exposés, sans protection, à l’intoxication par le plomb – ou saturnisme [8].

Au terme de près de trois semaines de grève avec occupation, les ouvriers de l’usine dionysienne obtiennent satisfaction sur la plupart de leurs revendications, à l’exception de la prime d’insalubrité qu’ils demandaient « pour la saleté qui nous colle à la peau et à l’intérieur [9] ». Pour autant, la reprise du travail, le 6 février 1971, ne met pas fin à la mobilisation, en particulier sur les conditions de travail et la santé, ni a fortiori aux formes d’organisation collective initiées depuis l’automne 1970, en marge des appareils syndicaux et des formes instituées de représentation ouvrière. Ainsi, un « comité de sécurité des ouvriers  » se met en place à l’issue de la grève, en vue d’« engager la lutte sur la sécurité  » au travail, partant de l’idée que « le comité d’hygiène et de sécurité du patron pense plus à la ferraille qu’à la santé des ouvriers, c’est aux ouvriers de défendre leur santé [10] ». Autre signe de la pérennité du processus d’organisation collective initié quelques mois plus tôt, la lettre qu’une quinzaine d’ouvriers de l’usine, dont les délégués du personnel, rédigent collectivement, élargit le périmètre de la lutte à partir de mars 1971.

Acte 2 : une mobilisation qui s’élargit (1971-1972)

Moins de trois semaines après la fin de la grève, la « lettre des ouvriers de Saint-Denis aux travailleurs du trust  », datée du 25 février et diffusée notamment par l’intermédiaire des Cahiers de mai qui la publient sous la rubrique « les luttes qui préparent l’avenir » [11], revient sur l’expérience de la grève. Elle confirme la centralité des questions de santé, et le rôle joué par la grève dans la prise de conscience d’une capacité ouvrière en la matière : « L’air que nous respirons est plein de vapeur et de poussière de plomb qui donne la maladie professionnelle que certains d’entre vous ne connaissent que trop : le saturnisme. Cette maladie détruit le sang, attaque les articulations. Certains d’entre nous ont une grande difficulté à fermer les mains, à marcher même. […] La direction ne veut pas admettre que cette maladie est dans l’usine. […] Si un ouvrier se plaint des mauvaises conditions de travail, la direction répond toujours que c’est de sa faute, qu’il n’applique pas les “règles de sécurité”… Quoi qu’il arrive dans l’usine, c’est toujours nous qui sommes fautifs ! […] Mais depuis la grève, nous avons compris que les ouvriers doivent défendre leur santé. Après avoir été traités comme des bêtes pendant des années, nous avons compris que, pour la sécurité comme pour les salaires, seule la lutte dans l’unité peut faire reculer le patron. Nous avons créé un comité de sécurité à nous. Nous obligeons la direction à donner par écrit, à chaque ouvrier, le résultat des analyses de sang. Aidés par un médecin, nous apprendrons à connaître la maladie du plomb pour mieux nous défendre contre elle et nous trouverons bien le moyen d’imposer à la direction les réparations nécessaires pour la sécurité [12] ».

L’objectif de cette lettre est de développer les liaisons directes entre les ouvriers des différentes usines du groupe, notamment sur les questions de conditions de travail et de santé. Objectif atteint : entre mars et décembre 1971, plusieurs réunions ont lieu entre ouvriers des usines de Saint-Denis, Lyon et Escaudœuvres dans le Nord. De ces réunions ressort un cahier de revendications commun aux trois usines. Devant les fins de non-recevoir des directions des trois établissements, une grève est préparée durant le mois de janvier 1972 et déclenchée le 9 février, dans les usines de Saint-Denis et Lyon. L’appel que lance le comité de grève commun aux deux usines, ce 9 février, résume ainsi les revendications : « Nous réclamons le droit de vivre [13] ».

Acte 3 : la grève de Lyon-Gerland (1972)

Si, à Saint-Denis, la grève, désavouée par l’union locale CGT qui y voit la main des « bandes maoïstes et autres aventuriers [14] », s’arrête rapidement faute de relais extérieurs dans ce bastion de la banlieue rouge, à Lyon elle s’installe dans la durée. Structurée par une pratique collective similaire à celle des ouvriers de Saint-Denis (délégués choisis après des discussions atelier par atelier, puis en assemblée générale ; élaboration du cahier de revendications au terme de nombreuses réunions qui suivent les mêmes étapes), incarnée localement par la jeune section syndicale CFDT de Penarroya-Lyon, à laquelle ont adhéré tous les manœuvres et OS immigrés de l’usine, elle est appuyée par un comité de soutien très actif, qui permet une autonomie financière et logistique des grévistes – notamment par les relations tissées, au fil de la grève, avec des paysans du Centre départemental des jeunes agriculteurs, qui viennent à plusieurs reprises approvisionner le piquet de grève. Ce comité de soutien, animé par des militants des Cahiers de mai, comprend des intellectuels, des artistes (notamment Colette Magny, qui consacre plusieurs chansons à la grève, ou Léo Ferré), des médecins. Parmi ces derniers, des médecins généralistes, des étudiants en médecine ou des « travailleurs de la santé » lyonnais, prennent en charge la rédaction d’un « Dossier santé  » ; ils sont relayés à Paris par le réseau du Groupe information santé (GIS), alors naissant, qui contribue à la diffusion d’une « déclaration des médecins du comité de soutien aux travailleurs de Penarroya  ». Deux semaines après son déclenchement, la grève recueille près d’une centaine de signatures dans la profession. Le soutien émane aussi d’habitants du quartier de Gerland, sensibilisés aux dangers du plomb par voie de tracts et de réunions d’information, elles-mêmes appuyées sur la diffusion d’une brochure : Penarroya, les deux visages du trust, relayée par un film au titre éponyme, conçu en moins de deux semaines par Dominique Dubosc et Daniel Anselme, et projeté notamment à Paris, Lyon ou Nantes. Sur le front de la santé, la grève atteste d’une radicalisation des positions ouvrières, caractérisée à la fois par la mise en cause, radicale, d’une médecine du travail aux ordres du patronat, et le refus de monnayer l’exposition au risque d’intoxication par le plomb : « Nous ne voulons plus être des ouvriers à bas prix. […] Notre santé n’est pas à vendre. C’est pourquoi nous ne demandons pas des primes, mais des équipements qui suppriment la cause des accidents et des maladies [15]. »

Au terme d’un mois d’une grève au retentissement national, les ouvriers de l’usine de Lyon obtiennent de la direction de l’établissement que celle-ci « [s’engage] enfin à étudier un système d’élimination des fumées et des poussières de plomb [16] », en même temps qu’une diminution des horaires de travail, une augmentation de salaires, l’embauche d’une infirmière à plein temps et la communication de leurs analyses médicales. La bataille sur la santé n’en est pas pour autant terminée, l’accès à l’information médicale, décryptée par des médecins engagés aux côtés de ces ouvriers, ouvrant un nouveau front : celui d’un dépistage précoce, et donc d’une prévention, de l’intoxication par le plomb.

Acte 4 : faire valoir son droit à la santé (1972-1979)

De 1972 à 1977, la mobilisation conjointe d’ouvriers de l’usine Penarroya de Lyon puis de Villefranche-sur-Saône (où est transféré le site de production en septembre 1974), et de « médecins des ouvriers  », révélateurs du courant critique qui traverse alors le champ médical, aboutit à la production d’une expertise alternative sur le saturnisme.

Celle-ci s’appuie sur une enquête médicale impulsée par des médecins du « secteur usine  » du Groupe information santé, à laquelle les ouvriers prennent une part active en 1973, et dont les résultats montrent l’obsolescence des critères de dépistage retenus par le code de la sécurité sociale pour reconnaître l’intoxication par le plomb [17]. Jusqu’en 1977, en effet, la sécurité sociale ne reconnaissait comme malades du saturnisme que les individus déjà manifestement atteints. Or, la conviction qu’ont bien des ouvriers de « se savoir en mauvaise santé [18] », alors qu’aucune intoxication ne leur est reconnue par la médecine du travail selon les critères fixés par le code de la sécurité sociale, est confortée par les analyses poussées que des hématologues parisiens, dont le professeur Robert Zittoun, membre du GIS, font des prélèvements réalisés au cours de l’enquête médicale menée sur 40 ouvriers de Penarroya-Lyon. Des ouvriers sont bel et bien intoxiqués par le plomb sans pour autant présenter de manifestations cliniques de l’intoxication. Les savoirs profanes trouvent ici droit de cité dans le champ médical.

Au terme d’une nouvelle campagne de mobilisation de près de trois ans, croisant édition et diffusion d’une brochure sur la santé, rédigée par le comité de soutien aux ouvriers de Penarroya en mars 1974, réunions et rédaction de tracts communs avec d’autres entreprises productrices de plomb, comme la Société chimique des Mureaux (1975-1976), montage audiovisuel dénonçant les effets du plomb sur la santé (1976) ou encore pétitions de médecins (1974-1976), la Sécurité sociale, en juin 1977, modifie les critères de dépistage et de reconnaissance de l’intoxication par le plomb, en y introduisant un indicateur de l’intoxication infra-clinique (ou syndrome biologique). L’expertise alternative produite à Penarroya, support de la revendication d’un droit à la santé entendu comme maintien d’une intégrité corporelle, là où jusqu’alors prédominaient les logiques de réparation des préjudices subis, se voit ainsi légitimée, dans le champ de l’action publique, par l’adoption de ces nouvelles dispositions réglementaires.

Ainsi, bien qu’unique en son genre, en ces années 68 où la santé à l’usine devient pourtant un objet de luttes, celle des ouvriers de Penarroya n’en apparaît pas moins exemplaire de l’impact d’une mobilisation ouvrière sur la reconnaissance d’un droit à la santé et d’une capacité des ouvriers à s’en saisir et se l’approprier.




Notes

[1Daniel Anselme, « La grève de Penarroya – Lyon, 9 février-13 mars 1972 », Quatre grèves significatives, Paris, EPI, 1972, p. 141-173.

[2Cf. par exemple Mogniss. H. Abdallah, J’y suis, J’y reste ! Les luttes de l’immigration en France depuis les années soixante, Paris, Éditions Reflex, 2000.

[3Et de migrants nationaux, en l’occurrence de harkis dans la mine de Largentière.

[4Cf. Inspection du travail, 2e section, Note de Monsieur Delafosse, inspecteur du travail, à Monsieur le directeur départemental du travail et de la main-d’œuvre de la Seine Saint-Denis. Objet : conflit Penarroya, 11 février 1971, 9 p., p. 7, archives départementales de Seine-Saint-Denis (AD 93), cote 1383W17.

[5Société minière et métallurgique de Penarroya, Usine de Saint-Denis, À Monsieur l’inspecteur du travail de Saint-Denis, 17 février 1971, 14 p. manuscrites, p. 1, AD 93, cote 1383W17.

[6La loi du 27 juin 1972 met fin à cette discrimination légale, levant la condition de nationalité et rendant possible l’éligibilité des étrangers « à condition qu’ils sachent lire et écrire le français », condition assouplie en 1975 puis levée en 1982. Cf. Choukri Hmed, « La représentation des étrangers dans l’entreprise (1960-1990) », in Éric Fassin, Jean-Louis Halpérin, Discriminations : pratiques, savoirs, politiques, Paris, La Documentation française, « Études et recherches », 2009, p. 59-67.

[7Inspection du travail, 2e section, Note de Monsieur Delafosse, Inspecteur du Travail…, op. cit., p. 2.

[8Cf. Laure Pitti, « Penarroya, 1971-1972. Deux films, deux regards, une mobilisation », in Tangui Perron, Histoire d’un film, mémoire d’une lutte. Étranges étrangers, un film de Frédéric Variot et Marcel Trillat, Paris, 2009, Périphérie/Scope éditions, p. 152-173.

[9Comité des ouvriers de Penarroya, Ce que nous voulons, C’EST JUSTE !, tract, 1 p., s.d. (17 ou 18 janvier 1971), AD 93, cote 1383W17.

[10Bande-son du film Penarroya-Saint-Denis (Nouvelle société n°8), 1971, N10amp ;B, 12’.

[11« Penarroya. Lettre des ouvriers de Saint-Denis aux travailleurs du trust », Cahiers de mai, n° 28, mars 1971, p. 4-7.

[12Ibid., p. 5.

[13Appel du comité de grève de Penarroya-Lyon-Gerland et de Penarroya-Saint-Denis, 9 février 1972, 1 p., reproduit in Pour le succès des travailleurs de Penarroya, bulletin d’information du comité de soutien aux travailleurs de Penarroya, n° 1, 2 mars 1972.

[14Union locale des syndicats CGT de Saint-Denis, Pour une action syndicale responsable et efficace, tract, s.d. (14 février 1972), 2 p., AD 93, cote 1383W17.

[15CFDT, Pourquoi nous voulons être main dans la main avec les travailleurs français, tract, 2 p., 20 février 1972, reproduit in Pour le succès des travailleurs de Penarroya…, op. cit.

[16Michel Lévine, « L’or et le plomb », Tankonalasanté, n°4, novembre 1973, p. 10.

[17Cf. Laure Pitti, « Experts bruts et médecins engagés : Penarroya, 1971-1977 ou l’émergence des profanes dans le champ des savoirs sur la santé au travail », communication à la journée d’études Santé, travail, immigration : les acteurs, MSH Paris Nord/CRESC Paris 13, 25 septembre 2009.

[18« GIS secteur usine », Tankonalasanté, n° 5-6, décembre 1973- janvier 1974, p. 9-11.


Article extrait du n°83

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Dernier ajout : jeudi 17 avril 2014, 14:59
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