Guyane : état d’urgence et renforcement des contrôles policiers

Renforcement des contrôles policiers et fouilles systématiques des véhicules aux barrages d’Iracoubo et de Régina

Contexte

Communiqué de la préfecture de la Guyane annonçant les mesures prises dans le cadre de l’état d’urgence, 18 novembre 2015

Parmi les mesures annoncées :

  • une fouille systématique des véhicules aux points de contrôle d’Iracoubo et de Regina ;
  • un renforcement des contrôles aux frontières.
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L’état d’urgence en Guyane pour quoi faire ?

À la différence des autres DOM, aucun élu de Guyane n’était intervenu pour soutenir l’extension de l’état d’urgence en Guyane. À quoi donc sert l’état d’urgence en Guyane ?
Avec un risque presque nul de terrorisme, l’état d’urgence se traduit surtout par un renforcement des contrôles policiers comme le montre l’entrevue suivante.

Témoignages des conséquences du renforcement des contrôles barrages d’Iracoubo et de Régina

Contexte

Deux contrôles policiers permanents établis sur la route du nord de la Guyane, l’un à l’Ouest sur le pont d’Iracoubo, l’autre à l’Est près du pont de Régina. Voir la carte de la Guyane. Ils verrouillent ainsi la circulation sur les seules routes permettant d’atteindre Cayenne depuis l’Est ou depuis l’Ouest de la Guyane (voir la carte de la Guyane).

Ces contrôles sont renouvelés tous les six mois par des arrêtés préfectoraux au motif suivant :
« Le caractère exceptionnel et dérogatoire au strict droit commun de ces contrôles permanents à l’intérieur du territoire doit être principalement ciblé sur la répression de l’orpaillage clandestin et l’immigration clandestine ».

Ils privent ainsi notamment des personnes étrangères sans papiers (ou françaises sans document d’état civil) de la possibilité de se rendre à Cayenne pour des soins, pour une démarche administrative, etc. Voir sur ce sujet les faits exposés dans des recours de plusieurs associations.

Contrôles renforcés dans le contexte de l’état d’urgence

Les faits suivants concernent des personnes qui ne rencontraient pas ces difficultés avant l’état d’urgence. Ils apparaissent comme des effets indirects des pouvoirs accrus de la police issus de cet état d’urgence.

  • Observation de RESF-Guyane : voyage de jeunes interrompu par un trop long contrôle les empêchant ainsi de se rendre une rencontre sportive à Cayenne
Communiqué du RESF-Guyane, 8 décembre 2015

RESF dénonce fermement la violence contre les jeunes scolarisés d’Apatou et Saint-Laurent-du-Maroni qui devaient se rendre en bus au cross académique de Rémire-Montjoly le mercredi 2 décembre.
Il a été dit aux encadrants dès St-Laurent que les enfants sans document d’identité ne passeraient pas le barrage d’Iracoubo. Ces jeunes sont donc descendus du bus alors qu’ils avaient leur livret scolaire avec photo. Ceux qui se sont présentés au barrage avec leur document d’identité y ont été retenus plus d’une heure.
C’est une violence pour eux qui avaient préparé ce défi sportif et qui venaient avec joie voir leurs camarades de toute la Guyane ! Or le mail du 20 novembre de la directrice de Cabinet du Recteur est très clair : les voyages scolaires sont permis. Il s’agit donc d’un abus de pouvoir qui n’est pas lié à l’état d’urgence mais à une discrimination envers les jeunes de l’Ouest qu’on a déjà vécue et qu’on croyait terminée. Ce barrage n’est pas une frontière ; il entrave la libre circulation des Guyanais !
  • Observation faite par l’antenne de Aides à Saint-Laurent du Maroni

L’association Aides de St Laurent témoigne qu’à l’occasion d’un passage du barrage d’un véhicule deux passagers ont été victimes d’une fouille de leurs valises et d’un interrogatoire public sur les médicaments qu’elle contenait, obligeant ainsi une personne à révéler qu’elle était séropositive ce qu’ignoraient les autres passagers

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Dernier ajout : dimanche 17 janvier 2016, 09:37
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