Article extrait du Plein droit n° 91, décembre 2011
« Les bureaux de l’immigration »

Monique Hervo, une vie avec les Algériens et les mal-logés

Emmanuel Blanchard*

Gisti
Rares sont les Français à avoir manifesté aux côtés des Algériens lors de la démonstration du 17 octobre 1961. Monique Hervo était de ceux-là. Découvrant les bidonvilles de Nanterre dans le cadre du Service civil international, elle prit fait et cause pour les habitants de ces espaces de relégation et lutta pour l’éradication de cet habitat indigne. Un combat qui la mena naturellement à la défense des droits des étrangers.

Rassemblement au bidonville de Nanterre, 17 octobre 1961. Droits réservés

Bidonville de la Folie à Nanterre © Monique Hervo

Au cours de cet automne 2011, des commémorations et des mobilisations militantes, des coups de projecteurs médiatiques ainsi que des rééditions ou nouvelles publications sont venus rappeler qu’il y a cinquante ans, Paris avait été le théâtre d’une répression digne des régimes les plus autoritaires. Le 17 octobre 1961, les Algériens et les Algériennes qui avaient pacifiquement défié le couvre-feu raciste édicté par le préfet de police Maurice Papon étaient raflés par milliers (il y eut ce seul soir-là plus de 12000 arrestations, suivies d’internements administratifs et de milliers d’« expulsions »), et plusieurs dizaines de manifestants furent tués sous les coups et les balles de la police parisienne. Cette immense démonstration algérienne avait été organisée par le parti indépendantiste, le Front de libération nationale (FLN). Elle visait à réinvestir les espaces (le centre de Paris), les activités (la déambulation, les rassemblements collectifs) et les moments (la nuit) qu’une ségrégation sociale et policière interdisait aux femmes et aux hommes amalgamés sous la catégorie réductrice de « travailleurs algériens ». Cette démonstration de masse tourna à la « chasse à l’homme » organisée par une police assoiffée de vengeance – depuis le début de l’année 1958, les actions et les attentats du FLN avaient occasionné la mort de plus de quarante agents de la préfecture de police. Cette répression d’une violence inédite s’apparenta à un véritable « pogrom » pour reprendre les termes des observateurs les plus avisés [1], sensibles notamment au fait que des passants encouragèrent voire renforcèrent l’action des forces de l’ordre engagées dans une gigantesque ratonnade contre des Algériens assimilés à des « ennemis de l’intérieur ».

La revendication de l’indépendance algérienne était restée très marginale dans les principales organisations françaises engagées en faveur de la lutte « anticolonialiste » ou de « la paix en Algérie » [2]. Le FLN s’était construit comme un véritable « parti-État » en rupture avec les méthodes d’action du mouvement ouvrier au sein duquel avait émergé le nationalisme algérien. De ce fait, notamment, le « boycottage du couvre-feu » lancé le 17 octobre 1961 ne peut pas s’apparenter à une simple manifestation interdite. Hormis une partie de la population algérienne de la région parisienne [3], très peu de personnes furent impliquées dans la préparation et le déroulement de cette contestation spectaculaire de l’État colonial. Quelques observatrices et observateurs métropolitains, recrutés parmi les soutiens de longue date de la cause algérienne, furent cependant mobilisés pour se placer à des points stratégiques et témoigner de violences policières qui avaient été anticipées sans que leur ampleur ne soit jamais présagée. Plus rares encore furent les « Français de souche européenne » à défiler au milieu des « Français musulmans d’Algérie », pour reprendre les catégories administratives et politiques de l’époque.

Monique Hervo fut au nombre de ces très rares personnes à vivre le 17 octobre 1961 de l’intérieur. Cette singularité est exemplaire d’une trajectoire qui ne peut se réduire à un quelconque parcours militant : son implication dans le « moment fondateur » du Gisti, en 1971- 1973 [4], n’est ainsi qu’une étape dans une vie hors-norme. Il ne s’agit que d’un motif parmi d’autres de rendre hommage à une femme dont la lutte de tous les instants contre la domination coloniale et les injustices sociales (au premier rang desquelles le « mal logement ») est passée par l’immersion, le partage et l’échange avec celles et ceux qui les subissaient [5]. Ces fragments d’entretien enregistrés au printemps 2009 restituent des bribes d’un engagement aussi rétif aux carcans organisationnels qu’à la mise en récit hagiographique.

Comment avez-vous été amenée à vous intéresser à la condition des Algériens ?

En fait, j’ai été pour l’indépendance de l’Algérie tout de suite. Est-ce que c’est parce que j’avais connu l’occupation et que je sentais ou pressentais ce qu’était une occupation ? Est-ce pour m’opposer à mon père ? Il y avait quantité de choses, on est fait de quantité de choses…

Je suis d’abord rentrée comme bénévole au Service civil international en 1956. Les garçons étaient alors très impliqués dans le service civil pour ne pas aller en Algérie, et nous, les filles, on se trouvait un peu en porte-à-faux parce qu’à l’époque il n’y avait pas de service militaire pour les filles. Et un jour je suis tombée sur un article dans le journal sur les baraques d’un bidonville qui avaient flambé à Nanterre. J’ai alors découvert qu’il existait des bidonvilles en France. Je me suis dit « il faut faire quelque chose pour témoigner ! ». J’ai donc dit à quelques filles du service civil : « Dimanche on va au bidonville par petits groupes, de deux ou trois, mais pas plus, c’est pas un zoo ». On y est allées comme ça et on a été reçues par les gens ! Tout le monde nous a parlé, j’ai même pris des photos. Avec du recul, je me dis que j’ai eu un culot monstre de prendre ainsi mes premières photos… Des hommes nous ont offert à boire dans les différentes petites échoppes, etc. C’était un jour de marché, avec les surplus américains, des brochettes, le thé à la menthe ; on était au milieu de tout ça et tout de suite les gens nous ont dit : « On nous abandonne ! Jamais ça sera rasé ici ! On ne veut pas de nous ! On est malheureux ! Personne ne vient jamais nous voir ». Donc on est restées toute la journée, puis on s’est retrouvées (on devait être trois groupes) pour faire le point : chaque groupe avait vu et entendu la même chose. Je m’étais aussi aperçue qu’on avait été suivies du début jusqu’à la fin de la journée par des militants du FLN, mais je trouvais ça normal, on était en guerre […].

On est retournées plusieurs fois au bidonville, mais au SCI, ça a commencé à faire un peu des histoires […]. Notre engagement commençait à poser problème car toutes les associations qui intervenaient auprès des Algériens étaient payées par le ministère de l’intérieur […]. Moi je n’étais pas du genre à distribuer des vêtements et quand je me suis installée au bidonville de Nanterre, je ne savais pas ce que j’allais y faire. On avait les moyens de participer à des chantiers de construction mais on n’avait pas d’idées préconçues : on était là pour faire ce dont les gens avaient besoin et ce qu’ils attendaient […]. Est-ce qu’on faisait du social ? En fait, ce mot me hérisse souvent le poil parce que le social c’est pas de se dire : « On sait ce qu’il faut pour l’autre ! » Non ! Jamais ! On ne sait jamais ce qu’il faut pour l’autre ! C’est l’autre qui sait ce qu’il faut pour lui-même. Donc, à partir de là, on était disponibles pour ce qui nous était demandé […].

Quelles étaient les conditions de vie que vous partagiez au bidonville de Nanterre ?

Il faut se représenter que le bidonville de la Folie, à Nanterre, le premier dans lequel je suis allée, c’était un espace désertique. Il n’y avait rien. Au loin, des HLM. Mais tout autour c’était vide. Et aucun Français ne rentrait dans cette ville… À l’époque, il y avait 8000 à 10000 personnes, des familles et des célibataires. En fait, c’était une ville dans la ville, et quand j’y allais j’avais l’impression de sauter d’un continent à un autre. Quand il arrivait, le dimanche, que quelques Français ne passent pas très loin, ils restaient au large ! Tout se passait comme si du fil de fer barbelé entourait le bidonville. C’était un espace fermé au monde extérieur ! Ça fait une impression terrible parce que vous sentez bien qu’il y a un rejet total. Eux ne comprenaient pas cette indifférence puisqu’ils venaient d’une culture ancestrale fondée sur l’hospitalité. Les femmes disaient : « Nous, on aimerait bien que des Français viennent, on n’attend que ça ! » Il y avait donc une incompréhension totale entre les deux groupes. Et quand les habitants du bidonville allaient à La Poste ou à la Sécurité sociale, ils se faisaient toujours rabrouer, parce que c’était la guerre d’Algérie… Plus ça allait, plus cette hostilité prenait des proportions importantes. À partir de là, progressivement, je suis rentrée en contact plus étroit avec le FLN, mais je n’ai jamais voulu m’immiscer dans leur organisation. Je sais que des réunions ont eu lieu pour savoir s’ils pouvaient accepter notre présence au bidonville ou s’ils devaient nous mettre dehors, mais je trouvais normal qu’il y ait ces interrogations. Ensuite, il y a eu une nouvelle réunion pour savoir si on me demandait de rentrer dans le FLN tout en laissant l’équipe à son travail. Et puis on a trouvé que je tenais bien l’équipe en main, donc il valait mieux me laisser là où j’étais. Tout ça s’est fait au fur et à mesure, et une fois que vous êtes battue par la police en compagnie des Algériens, les liens ne sont plus du tout ambigus !

Comment s’articulait votre résidence au bidonville de Nanterre avec d’autres formes d’engagement militant ?

Après la guerre d’indépendance algérienne, d’autres luttes pour le logement se sont greffées sur celle de Nanterre : à Argenteuil, à Gennevilliers, à Ivry… À Nanterre, il n’y avait plus seulement le bidonville de la Folie mais également ceux de la rue des Prés, de la rue de Lens, de la rue de Valenciennes. Bref, je traînais mes bottes sur Nanterre dans les différents bidonvilles dès qu’il se passait quelque chose… J’ai écrit des articles, j’essayais de remuer un peu les gens sur ce qui se passait, mais c’était ma présence qui importait […]. C’était flou, mon action était difficilement définissable, j’ai quand même beaucoup fait l’écrivain public […]. Toutes ces années-là, on s’est battus après les incendies alors que l’administration ne voulait pas reloger […]. Idem, au moment des rasages, on luttait pour que des familles soient relogées […]. Après les mini-rasages aussi, parce qu’au rasage complet de bidonvilles s’ajoutaient les rasages de morceaux de bidonville [6]… Nous étions aussi en lutte contre la mairie de Nanterre : on a bataillé tant et plus pour avoir un second point d’eau, mais toujours à l’initiative des habitants. Même chose après un incendie. Et il y en a eu très souvent, des incendies. La lutte vis-à-vis de la municipalité était centrale : Raymond Barbet, le maire communiste de Nanterre, m’a foutue à la porte plus d’une fois lorsque je venais réclamer pour telle ou telle famille. Les gens se trouvaient en effet face à un système qui les broyait, qui voulait ignorer une population indésirable et dont on souhaitait qu’elle déguerpisse sur le territoire du voisin […]. Les mairies, quelles qu’elles soient, ne se souciaient absolument pas du sort de ces habitants. À Colombes, on avait une mairie de droite qui n’hésitait pas à supprimer les rares fontaines qui permettaient aux habitants des bidonvilles de s’approvisionner en eau. Vous aviez la droite qui supprimait l’eau, et vous aviez la gauche qui disait : « Vous cassez toujours votre point d’eau, donc bien sûr, même si vous êtes nombreux, on ne mettra pas une deuxième fontaine » […].

J’ai cherché au moins à ce qu’il y ait une stratégie parce que je ne suis pas pour une lutte qui fait un gros boum à un moment donné et qui est enterrée le lendemain. À la limite, je suis pour qu’un groupe, quel qu’il soit, soit divisé en deux : une partie sur le terrain et une qui réfléchit. Mais il faut que cela tourne entre ceux qui sont le terrain et ceux qui prennent du recul, il ne faut pas ce soit toujours les mêmes. Malheureusement, trop souvent, on est happés par le terrain, donc on n’arrive plus à pouvoir déterminer une véritable stratégie qui ne soit pas limitée à l’urgence.

À partir de quand avez-vous associé cette lutte pour la résorption des bidonvilles avec le combat pour le droit des étrangers ?

Je suis rentrée à la Cimade en 1973, après le relogement des dernières familles du bidonville de Nanterre fin 1971. Or, pour la plupart, ces familles n’avaient alors pas droit à l’allocation logement. Parce qu’il manquait 2 cm de hauteur de plafond, parce qu’elles étaient plusieurs familles dans un même logement… Alors que c’est la préfecture qui avait mis plusieurs familles dans un même logement ! Cette histoire va nous mobiliser pendant presque deux ans comme ça dépendait de la Sécurité sociale, on a fait appel à tous les administrateurs, de toutes tendances, pour obtenir une dérogation. C’est à ce moment-là que j’ai commencé à travailler avec des avocats pour défendre certains dossiers, notamment avec Simone Pacot et Georges Pinet […].

C’est André Legouy [7] qui m’a demandé de rentrer à la Cimade comme adjointe au secteur Immigrés qu’il dirigeait alors […] J’ai tout de suite commencé à m’occuper de problèmes de logement et peu à peu, on a vu, André et moi, que ça nécessitait autre chose… Surtout qu’en janvier 1972, à la suite d’une série d’incendies et de la mort de plusieurs travailleurs par asphyxie, j’avais envoyé une lettre ouverte au Premier ministre Jacques Chalban-Delmas. Jean-Jacques de Felice m’avait beaucoup appuyée pour qu’elle soit cosignée par un certain nombre de personnalités : Robert Badinter, Claude Bourdet ou Pierre Vidal-Naquet [8]. C’est au même moment que le Gisti s’est constitué [9].

J’avais déjà travaillé avec Jean-Jacques puisqu’il avait créé l’Apral, l’Association pour la promotion algérienne […]. Quand on a commencé à travailler ensemble pour ce qui allait devenir le Gisti (en référence au GIP [10]), il m’a dit : « J’aimerais qu’il y ait des gens qui fassent du droit, de la défense, etc., mais aussi des gens de terrain » et c’est comme ça que j’ai été contactée […]. C’est sûrement le seul groupe, avec l’Apral, où je me suis sentie extrêmement à l’aise. Peut-être parce justement il n’y avait aucune volonté de faire un groupe auquel on aurait tout sacrifié. Non, il y avait une réflexion, c’est ça qui m’a plu, autour du droit, de la défense, le tout articulé avec des actions de terrain concrètes. Quand je suis rentrée à la Cimade, j’avais à la fois un pied dans l’un, un pied dans l’autre, même si dans les deux cas j’intervenais surtout sur les questions de logement […]. Puisque j’étais au Gisti, ça me permettait de donner un certain nombre de renseignements que j’avais pu avoir par des juristes. Et d’autre part, je faisais le lien avec des avocats qui défendaient des résidents sans les faire payer : ils le faisaient en plus de leur boulot, mais pour leur éviter trop de déplacements, moi je pouvais faire le lien, amener des papiers, savoir si telle démarche avait été suivie, vérifier que telle chose avait bien été faite. Ces liens entre avocats, travailleurs sociaux, militants, comités de soutiens et les concernés eux-mêmes, on va les retrouver au moment des luttes des foyers [11]. Le principe était alors : le comité de lutte décide en dernier ressort, même si ça se produit contre l’avis du comité de soutien. Il garde la maîtrise totale. Et le comité de soutien ne peut que proposer, voilà ! Et c’est ça qui me convenait, cet effacement relatif des ego et des organisations…

Le 17 octobre des Algériens



À cinq mois de la fin de la guerre d’Algérie, le 17 octobre 1961, Paris a connu le plus grand massacre de gens du peuple depuis la Semaine sanglante de 1871. Des dizaines de milliers d’Algériens ont été violemment réprimés par des policiers aux ordres du préfet Maurice Papon, faisant peut-être deux cents morts. Pendant une trentaine d’années, ce drame a été « oublié ». La Découverte publie pour la première fois le texte inédit que Marcel et Paulette Péju devaient faire paraître à l’été 1962. Nourri de nombreux témoignages d’Algériens recueillis à chaud, sa lecture ne laisse pas indemne.

Ce document est complété par La Triple Occultation de Gilles Manceron, qui jette une lumière neuve sur cet événement qui correspond aux derniers feux de la folie coloniale.

Paulette et Marcel Péju, Le 17 octobre des Algériens, suivi de La Triple Occultation d’un massacre de Gilles Manceron, Éditions La Découverte, Paris, 2011.




Notes

[1Pierre Vidal-Naquet utilisa cette expression dès 1961 et jusqu’à sa mort en 2006.

[2Voir Jim House, « Pour une histoire des solidarités franco-algériennes », Plein droit, n° 75, décembre 2007.

[3Une partie sinon une majorité des Algériens et des Algériennes de la région parisienne ne fut pas touchée par un mot d’ordre que le FLN diffusa au dernier moment et dans les seules villes et quartiers où il était particulièrement organisé.

[4Voir Anna Marek, « La création du Gisti », Plein droit, n° 53-54, mars 2002, en ligne sur le site du Gisti.

[5Monique Hervo, Chroniques du bidonville. Nanterre en guerre d’Algérie, 1959- 1962, Seuil, 2001.

[6Mogniss H. Abdallah, « Cités de transit : en finir avec un provisoire qui dure ! », Plein droit, n° 66, avril 2006 ; Muriel Cohen, « Bidonvilles de Nanterre : une destruction en trompe-l’œil », Plein droit, n° 88, mars 2011.

[7« Hommage à André Legouy », Plein droit, n° 81, juillet 2009.

[8Cette lettre était aussi signée par de nombreux avocats, anciens militants de la cause anticoloniale ou récemment engagés dans la défense des droits des étrangers et des mal-logés. Elle est consultable, ainsi que l’ensemble des archives de Monique Hervo, à l’Institut d’histoire du temps présent : http:// www.ihtp.cnrs.fr

[9Liora Israël, « Deux parcours d’avocats », Plein droit, n° 53-54, mars 2002.

[10Le Groupe d’information sur les prisons auquel des personnalités telles que Michel Foucault, Jean-Marie Domenach et Pierre Vidal-Naquet donnaient une forte visibilité dans un contexte marqué par de nombreuses luttes et revendications de détenus. Voir, Philippe Artières, « 1972 : naissance de l’intellectuel spécifique », Plein droit, n° 53-54, mars 2002.

[11Mireille Galano, « Une lutte exemplaire », Plein droit, n° 53-54, mars 2002 ; Entretien avec Assane Ba, « Vingt ans après », Vacarme, n° 16, été 2001, www.vacarme.org/article115.html.


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Dernier ajout : jeudi 17 avril 2014, 15:00
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