14 juin 2018, TGI de Saint-Etienne : appel à rassemblement

Soutien du CNDH-Romeurope de du Collectif félinquants solidaires

Audience de 3 pères de familles Roumains et 2 de leur soutien poursuivis pour avoir tenté d’ouvrir un lieu vide et voué à la démolition afin de mettre à l’abri des familles avec des enfants, des personnes malades et handicapées qui dormaient dehors, sous des tentes, alors que les températures étaient négatives, à la fin de l’automne 2017.

Lettre ouverte de soutien aux « délinquants » solidaires de Saint-Etienne

Lettre ouverte des collectifs Délinquants solidaires et Romeurope

Le jeudi 14 juin 2018, cinq personnes comparaîtront devant le tribunal correctionnel de Saint-Étienne pour avoir tenté d’ouvrir, à la fin de l’automne dernier, un bâtiment désaffecté afin de mettre à l’abri des familles avec des enfants et des personnes particulièrement vulnérables qui vivaient à la rue. Au regard de l’état de nécessité absolue dans lequel se trouvaient manifestement les personnes concernées, le CNDH Romeurope et le Collectif Délinquants Solidaires estiment qu’il s’agissait là d’un acte citoyen légitime et proportionné à la gravité de la situation.

Parmi ces personnes aujourd’hui poursuivies pour « détérioration de porte », trois pères de famille de nationalité roumaine risquent, en plus de la condamnation pénale, une interdiction de circulation sur le territoire français. Cette mesure inscrite dans la loi en 2016 était initialement prévue pour empêcher le retour sur le territoire français de criminels représentant une menace grave pour la France. En réalité, elle est régulièrement détournée pour être utilisée à l’encontre de citoyens européens (surtout roumains) en situation de précarité.

Le CNDH Romeurope et le Collectif Délinquants Solidaires tiennent à exprimer leur soutien aux « délinquants solidaires » poursuivis pour avoir tenté de fournir une protection à des personnes sans-abri en situation de détresse, qui auraient dû être prises en charge par les services de l’Etat, dans le cadre du droit inconditionnel à l’hébergement d’urgence.

Il n’est pas admissible que la solidarité entre citoyens soit considérée comme un délit. Il n’est pas acceptable de laisser des hommes, des femmes et des enfants dormir à la rue quand des bâtiments entiers sont inutilisés. Il serait révoltant de voir des personnes condamnées pour avoir tenté de remédier à cette situation.

Nos collectifs s’inquiètent de la criminalisation des personnes étrangères ainsi que de la montée de la répression envers des citoyens et militants solidaires avec les étrangers et les précaires, sur la base de motifs juridiques de plus en plus fallacieux.

Le CNDH Romeurope et le Collectif Délinquants Solidaires se joignent à l’appel au rassemblement, devant le tribunal de Saint-Etienne situé au 1er rue du Palais, le 14 juin 2018, pour soutenir les cinq personnes convoquées au tribunal. Collectif Délinquants Solidaires : www.delinquantssolidaires.org Collectif National Droits de l’Homme Romeurope : www.romeurope.org

A Paris, le 13 juin 2018

Rassemblement le jeudi 14 Juin, à partir de 12h30 devant le tribunal de Saint Étienne.

Cet appel à soutien l’est bien sûr pour les personnes convoquées, mais aussi pour leurs familles, enfants, amis toujours à la rue et plus largement pour l’ensemble des migrants, qui sont confrontés à des difficultés semblables.

Ce rassemblement est aussi l’occasion de venir témoigner que la solidarité ne peut pas être un délit.

ACCUEILLONS-LES !

Dans son livre tout récent, "Accueillons-les !", Gérard Riffard, accusé de délit de solidarité, qui accompagne avec d’autres, des réfugiés, migrants, demandeurs d’asile, jeunes isolés depuis de nombreuses années à Saint-Etienne, témoigne de son expérience et nous questionne :

" Quel doit être notre regard sur ces hommes et femmes qui viennent chez nous pour espérer construire une vie plus digne et plus sûre ?

Quel regard porter sur tous ces migrants qui se mettant en chemin, une espérance chevillée au cœur et au corps, en quête d’une vie plus humaine ?

Que faisons nous de celles et ceux qui arrivent ? Ils attendent un accueil.

Or nous n’avons qu’une idée en tête : nous en débarrasser au plus vite. J’ai le souvenir d’une phrase prononcée lors d’une réunion en préfecture : "Il ne faut pas les laisser poser leurs valises."

Devant toutes ces questions, ces difficultés, que pouvons nous faire ?

Que faire concrètement quand nous sommes face à des personnes qui viennent frapper à la porte ? Nous n’avons plus affaire à des "problèmes", nous avons devant nous des humains qui souffrent et qui attendent un secours.

Pouvons nous nous dérober ?

Nous sommes simplement invités à tenir notre place et notre rôle de citoyens, agissant avec d’autres citoyens pour que cette question des migration et de l’accueil soit débattue, réfléchie positivement."

SOYONS NOMBREUX

Soyons nombreux à répondre à cet appel à soutien, en nous rendant devant le tribunal le 14 Juin pour dire que nous ne sommes pas d’accord pour que des êtres humains, des enfants puissent vivre dehors, dans l’indifférence et l’indignité.

[retour en haut de page]

Dernier ajout : vendredi 15 juin 2018, 12:07
URL de cette page : https://www.gisti.org/spip.php?article5925