Ceseda : séjour en France d’un résident longue durée - CE dans un autre pays


Séjour en France d’un résident longue durée - CE dans un autre pays

Partie législative

Article L. 313-4-1
L’étranger titulaire de la carte de résident de longue durée - CE définie par les dispositions communautaires applicables en cette matière et accordée dans un autre État membre de l’Union européenne qui justifie de ressources stables et suffisantes pour subvenir à ses besoins et, le cas échéant, à ceux de sa famille ainsi que d’une assurance maladie obtient, sous réserve qu’il en fasse la demande dans les trois mois qui suivent son entrée en France et sans que la condition prévue à l’article L. 311-7 soit exigée :

  • 1° Une carte de séjour temporaire portant la mention « visiteur » s’il remplit les conditions définies à l’article L. 313-6 ;
  • 2° Une carte de séjour temporaire portant la mention « étudiant » s’il remplit les conditions définies au I et aux 2°, 3° ou 5° du II de l’article L. 313-7 ;
  • 3° Une carte de séjour temporaire portant la mention « scientifique-chercheur » s’il remplit les conditions définies à l’article L. 313-8 ;
  • 4° Une carte de séjour temporaire portant la mention « profession artistique et culturelle » s’il remplit les conditions définies à l’article L. 313-9 ;
  • 5° Une carte de séjour temporaire portant la mention de l’activité professionnelle pour laquelle il a obtenu l’autorisation préalable requise, dans les conditions définies, selon le cas, aux 1°, 2° ou 3° de l’article L. 313-10.

Pour l’application du présent article, sont prises en compte toutes les ressources propres du demandeur indépendamment des prestations familiales et des allocations prévues aux articles L. 262-1 du code de l’action sociale et des familles et L. 351-9 (actuel L. 5423-8), L. 351-10 (L. 5423-1) et L. 351-10-1 (L. 5423-18) du code du travail. Ces ressources doivent atteindre un montant au moins égal au salaire minimum de croissance et sont appréciées au regard des conditions de logement.

Le caractère suffisant des ressources au regard des conditions de logement fait l’objet d’un avis du maire de la commune de résidence du demandeur. Cet avis est réputé favorable à l’expiration d’un délai de deux mois à compter de la saisine du maire par l’autorité administrative.

Les dispositions du présent article ne sont pas applicables lorsque cet étranger séjourne en tant que travailleur salarié détaché par un prestataire de services dans le cadre d’une prestation transfrontalière ou en tant que prestataire de services transfrontaliers.

Partie réglementaire

Article R. 313-34-1
L’étranger titulaire de la carte de résident de longue durée - CE dans un autre État membre de l’Union européenne qui sollicite la délivrance d’une carte de séjour temporaire en application de l’article L. 313-4-1 doit présenter les pièces suivantes :

  • 1° La carte de résident de longue durée - CE en cours de validité délivrée par l’Etat membre de l’Union européenne qui lui a accordé ce statut sur son territoire ;
  • 2° La justification qu’il dispose de ressources propres, stables et régulières, suffisant à son entretien et, le cas échéant, à celui de son conjoint et de ses enfants mentionnés aux I et II de l’article L. 313-11-1, indépendamment des prestations familiales et des allocations mentionnées au septième alinéa de l’article L. 313-4-1 ; les ressources mensuelles du demandeur et, le cas échéant, de son conjoint doivent atteindre un montant total au moins égal au salaire minimum de croissance apprécié à la date du dépôt de la demande ; lorsque le niveau des ressources du demandeur n’atteint pas cette somme, une décision favorable peut être prise s’il justifie être propriétaire de son logement ou en jouir à titre gratuit ;
  • 3° La justification qu’il dispose d’un logement approprié, qui peut notamment être apportée par tout document attestant sa qualité de propriétaire ou de locataire du logement ;
  • 4° La justification qu’il bénéficie d’une assurance maladie ;
  • 5° Les pièces exigées pour la délivrance de l’une des cartes de séjour temporaire prévues à l’article L. 313-4-1 selon le motif du séjour invoqué.

Article R. 313-34-2
Le maire de la commune de résidence du ressortissant d’un pays tiers titulaire du statut de résident de longue durée - CE dans un autre Etat membre de l’Union européenne et des membres de sa famille dispose d’un délai de deux mois à compter de sa saisine par le préfet pour formuler un avis sur le caractère suffisant des conditions de ressources au regard des conditions de logement (...).

Article R. 313-34-3
L’avis prévu à l’article R. 313-34-2 est émis par le maire au vu des copies des pièces justificatives mentionnées aux 2° et 3° des articles R. 313-22-1 et R. 313-34-1 transmises par l’autorité administrative ; s’agissant du logement, le maire peut s’assurer de l’adéquation entre les pièces communiquées par le demandeur attestant sa qualité de propriétaire ou de locataire et les informations dont il dispose.
Cet avis est réputé favorable à l’expiration du délai mentionné à l’article R. 313-34-2.

Réunification en France de la famille d’un résident de longue durée

Partie législative

Article L. 313-11-1
I. - La carte de séjour temporaire prévue à l’article L. 313-11 est délivrée, sous réserve qu’il en fasse la demande dans les trois mois qui suivent son entrée en France et sans que la condition prévue à l’article L. 311-7 soit exigée, au conjoint d’un étranger titulaire du statut de résident de longue durée - CE dans un autre État membre de l’Union européenne et d’une carte de séjour temporaire délivrée en application de l’article L. 313-4-1, s’il justifie avoir résidé légalement avec le résident de longue durée - CE dans l’autre État membre, disposer de ressources stables et suffisantes ainsi que d’une assurance maladie.

II. - La carte de séjour dont la délivrance est prévue au I est également délivrée à l’enfant entré mineur en France d’un étranger titulaire du statut de résident de longue durée - CE dans un autre État membre de l’Union européenne et d’une carte de séjour temporaire délivrée en application de l’article L. 313-4-1 lorsqu’il atteint l’âge de dix-huit ans, sous réserve qu’il en fasse la demande dans les trois mois qui suivent son dix-huitième anniversaire ou lorsqu’il entre dans les prévisions de l’article L. 311-3. L’enfant doit justifier avoir résidé légalement avec le résident de longue durée - CE dans l’autre État membre et disposer d’une assurance maladie. Il doit également disposer de ressources stables et suffisantes ou être pris en charge par son parent titulaire de la carte de séjour temporaire délivrée en application de l’article L. 313-4-1. La condition prévue à l’article L. 311-7 n’est pas exigée. L’enfant mentionné au premier alinéa du présent II est celui qui répond à l’une des définitions données aux articles L. 411-1 à L. 411-4.

III. - Pour l’application des I et II, sont prises en compte toutes les ressources propres du demandeur et, le cas échéant, de son conjoint ou parent, indépendamment des prestations familiales et des allocations prévues à l’article L. 262-1 du code de l’action sociale et des familles, à l’article L. 815-1 du code de la sécurité sociale et aux articles L. 351-9, L. 351-10 et L. 351-10-1 du code du travail. Les ressources doivent atteindre un montant qui tient compte de la taille de la famille du demandeur. Un décret en Conseil d’État fixe ce montant qui doit être au moins égal au salaire minimum de croissance mensuel et au plus égal à ce salaire majoré d’un cinquième. Le caractère suffisant des ressources au regard des conditions de logement fait l’objet d’un avis du maire de la commune de résidence du demandeur. Cet avis est réputé favorable à l’expiration d’un délai de deux mois à compter de la saisine du maire par l’autorité administrative.

IV. - La date d’expiration de la carte de séjour temporaire délivrée dans les conditions définies au présent article ne peut être postérieure à celle de la carte de séjour temporaire délivrée, en application de l’article L. 313-4-1, à l’étranger titulaire du statut de résident de longue durée - CE dans un autre État membre de l’Union européenne.

Partie réglementaire

Article R. 313-22-1
L’étranger mentionné au I ou au II de l’article L. 313-11-1 qui souhaite séjourner en France auprès de son conjoint ou parent titulaire du statut de résident de longue durée - CE dans un autre État membre de l’Union européenne et admis au séjour en France en application de l’article L. 313-4-1 doit présenter les pièces suivantes :

  • 1° La justification qu’il est autorisé à résider légalement, en qualité de membre de famille, sur le territoire de l’État membre de l’Union européenne qui a accordé le statut de résident de longue durée - CE à son conjoint ou parent ;
  • 2° De la justification que son entretien sera assuré par des ressources stables et régulières, indépendamment des prestations familiales et des allocations mentionnées au III de l’article L. 313-11-1 ; les ressources stables du demandeur et de son conjoint ou parent contribuant à la prise en charge effective de ses besoins sont appréciées par référence au montant du salaire minimum de croissance et sont considérées comme suffisantes lorsqu’elles atteignent :
    • ce montant pour une famille de deux ou trois personnes ;
    • ce montant majoré d’un dixième pour une famille de quatre ou cinq personnes ;
    • ce montant majoré d’un cinquième pour une famille de six personnes ou plus ;
  • 3° La justification qu’il dispose d’un logement approprié, qui peut notamment être apportée par tout document attestant sa qualité de propriétaire ou de locataire du logement ;
  • 4° La justification qu’il bénéficie d’une assurance maladie ;
  • 5° Les pièces justificatives de l’état civil de son conjoint ou parent permettant d’attester le lien matrimonial ou de filiation.

Conditions de la remise et de l’éloignement des étrangers titulaires du statut de résident longue durée-CE accordé par un État membre de l’Union européenne

Partie législative

Article L. 531-1
Par dérogation aux articles L. 213-2 et L. 213-3, L. 511-1 à L. 511-3, L. 512-1, L. 512-3, L. 512-4, L. 513-1 et L. 531-3, l’étranger non ressortissant d’un État membre de l’Union européenne qui a pénétré ou séjourné en France sans se conformer aux dispositions des articles L. 211-1, L. 211-2, L. 311-1 et L. 311-2 peut être remis aux autorités compétentes de l’État membre qui l’a admis à entrer ou à séjourner sur son territoire, ou dont il provient directement, en application des dispositions des conventions internationales conclues à cet effet avec les États membres de l’Union européenne.

L’étranger visé au premier alinéa est informé de cette remise par décision écrite et motivée prise par une autorité administrative définie par décret en Conseil d’État.

Cette décision peut être exécutée d’office par l’administration après que l’étranger a été mis en mesure de présenter des observations et d’avertir ou de faire avertir son consulat, un conseil ou toute personne de son choix.

[...]

Article L. 531-2 Les mêmes dispositions sont également applicables à l’étranger [...] détenteur d’un titre de résident de longue durée-CE en cours de validité accordé par un autre État membre qui fait l’objet d’une mesure d’éloignement du territoire français. [...]

Partie réglementaire

Article R. 531-10
I. - Les dispositions du troisième alinéa de l’article L. 531-2 sont applicables à l’étranger titulaire du statut de résident longue durée-CE accordé par un autre Etat membre de l’Union européenne qui aura soit séjourné sur le territoire français plus de trois mois consécutifs sans se conformer aux dispositions de l’article L. 313-4-1, soit fait l’objet d’un refus de délivrance ou de renouvellement d’une carte de séjour temporaire en application de l’article L. 313-4-1 ou du retrait d’une carte de séjour temporaire délivrée en application de l’article L. 313-4-1.

II. - Les dispositions du troisième alinéa de l’article L. 531-2 sont également applicables aux membres de la famille mentionnés aux I et II de l’article L. 313-11-1 qui auront soit séjourné plus de trois mois consécutifs sur le territoire français sans se conformer aux dispositions de l’article L. 313-11-1, soit fait l’objet d’un refus de délivrance ou de renouvellement de la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" mentionnée à l’article L. 313-11-1 ou du retrait de cette carte de séjour.

Article R. 531-11
Sans préjudice de la possibilité du placement en rétention administrative en application du 1° de l’article L. 551-1, le préfet ou, à Paris, le préfet de police qui constate l’existence d’une mesure d’éloignement exécutoire prise en raison de l’existence d’une menace grave pour l’ordre public à l’encontre d’un étranger titulaire du statut de résident longue durée-CE accordé par un autre État membre de l’Union européenne consulte cet État membre aux fins de l’examen du droit au séjour sur son territoire.

Après notification à l’intéressé de la décision de retrait du droit au séjour prise par l’État membre de l’Union européenne qui avait accordé le statut de résident longue durée-CE, le préfet ou, à Paris, le préfet de police procède à l’exécution de la mesure d’éloignement.

L’étranger dont le droit au séjour sur le territoire de l’Etat membre de l’Union européenne qui lui a accordé le statut de résident de longue durée-CE est maintenu au terme des consultations prévues au premier alinéa ou dont le retrait de ce droit est suspendu est remis aux autorités compétentes de cet Etat dans les conditions prévues par le troisième alinéa de l’article L. 531-2.

Article R. 531-12
I. - L’existence d’une mesure d’éloignement exécutoire prise pour des motifs graves d’ordre ou de sécurité publique par un autre Etat membre de l’Union européenne à l’encontre d’un étranger admis au séjour sur son territoire au titre du statut de résident de longue durée-CE accordé par la France en application des dispositions de l’article L. 314-8 permet à l’autorité administrative française qui a accordé ce statut à l’intéressé de le lui retirer. Ce retrait implique le retrait du droit au séjour, sauf si son titulaire ne peut faire l’objet d’une mesure d’expulsion en application des engagements internationaux de la France.

II. - Pour l’application du I, l’autorité administrative française qui a accordé le statut de résident de longue durée-CE à l’étranger en application des dispositions de l’article L. 314-8, consultée par les autorités compétentes de l’Etat membre de l’Union européenne qui ont pris la mesure d’éloignement à l’encontre de l’intéressé, s’assure du caractère exécutoire et des motifs de cette mesure et procède sans délai à l’examen du retrait du statut de résident de longue durée-CE en France et du retrait du droit au séjour en France de l’intéressé au regard des dispositions législatives et réglementaires en vigueur. Elle informe de sa décision, pour notification à l’intéressé, l’Etat membre auteur de la mesure d’éloignement.

Article R. 531-13
L’étranger titulaire du statut de résident longue durée-CE accordé par la France et, le cas échéant, les membres de sa famille sont réadmis sans formalités sur le territoire national à la demande d’un autre Etat membre de l’Union européenne.

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Dernier ajout : vendredi 27 septembre 2013, 16:52
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