action collective

Contre la répression des militant·es de la liberté de circulation
Manifestation à Bruxelles ce samedi 16 octobre 2010

Le « délit de solidarité » ne connaît pas les frontières et les forces de l’ordre belges en ont fait la preuve, de façon inédite ces dernières semaines. Des militant·es du réseau No Border et de la liberté de circulation ont été l’objet d’entraves au droit de manifester, d’interpellations et de détentions arbitraires ainsi que de mauvais traitements. La gravité de ces atteintes aux droits et aux personnes est dénoncée par un collectif citoyen, incluant notamment la LDH belge, qui appelle à manifester ce samedi à Bruxelles. Le GISTI apporte son soutien à ces initiatives et à tous les défenseurs de la liberté de circulation harcelés en raison de la répression grandissante de celles et de ceux qui s’opposent à la criminalisation du « droit de quitter tout pays, y compris le sien » garanti par la Déclaration universelle des droits de l’homme.

Le Gisti

Suite à la multiplication de violences policières à l’occasion de manifestations,
Appel au rassemblement pour la défense des libertés d’expression et de manifestation

16 octobre – 15 heures – Porte de Hal

Bruxelles a été récemment le cadre d’événements d’ampleur internationale telles que l’euro-manifestation contre l’austérité qui a rassemblé plus de 100.000 personnes et le camp « No Border » qui avait pour objectif de critiquer les politiques migratoires européennes et de revendiquer la liberté de circulation et la suppression des frontières. A l’occasion de ces événements, de nombreuses entraves aux libertés d’expression et de manifestation, pourtant garanties par la Constitution, ont eu lieu.

En effet, plusieurs centaines de personnes ont fait l’objet d’arrestations « préventives » par les forces de l’ordre. En outre, de nombreux témoignages attestent, pendant et après les arrestations, de sérieuses violences policières (gazages, matraquage…) et humiliations, notamment à caractère sexuel. Plusieurs journalistes ont également été menacés, voire arrêtés, par des policiers.

Faits marquants

Le mercredi 29 septembre 2010, au moment de rejoindre l’euro-manifestation, de nombreux militant(e)s logeant au No Border Camp sont arrêté(e)s dans les rues ou stations de métro autour du camp. D’autres personnes auront à peine eu le temps de se joindre à la queue du cortège avant de se faire encercler et arrêter par la police, de façon violente. La police a également procédé à l’arrestation ciblée de personnes ne portant pas la tenue syndicale au sein de la manifestation. Bilan de la journée : environ 300 arrestations. Plusieurs photographes et cameramen/women ont également été menacé(e)s, certain(e)s arrêté(e)s et molesté(e)s, par des policiers.

Le vendredi 1er octobre, le départ d’une manifestation est fixé à 19h, gare du Midi. Alors qu’aucun incident n’est à déplorer, de nombreuses personnes tentant de se rassembler, et aussi de simples passant(e)s se font arrêter (environ 150 arrestations). Ces arrestations auraient été effectuées sur base d’un arrêté de police des bourgmestres d’Anderlecht, St-Gilles et Forest, interdisant tout rassemblement de plus de 5 personnes sur la voie publique. La police ne s’est apparemment pas tenue a cet arrêté, embarquant tous les « jeunes » ou « alternatifs », qu’ils/elles soient seul(e)s ou en groupes de moins de 5 personnes. Outre l’arbitraire total de ces arrestations, de nombreux cas de violence dans les commissariats ont été rapportés : humiliations à caractère sexuel, traitements inhumains et dégradants (coups, pressions sur les ganglions, étouffement, refus d’accès à l’eau et aux sanitaires). Des comportements inacceptables.

Appel au rassemblement et revendications

Nous, un collectif de citoyennes et de citoyens, dénonçons les contrôles au faciès et les arrestations « préventives » qui ont eu lieu à l’occasion de ces rassemblements citoyens. Nous condamnons fermement les violences et les mauvais traitements par les forces de l’ordre.

Nous appelons donc toutes les personnes soucieuses du respect des droits humains fondamentaux et inquiètes du climat sécuritaire de plus en plus pesant, à participer à un rassemblement pacifique le 16 octobre prochain, à 15h, à la porte de Hal, pour exiger :

  • que les responsabilités vis-à-vis des évènements graves survenus la semaine dernière soient dégagées ;
  • que la justice fasse la lumière sur les violences et les mauvais traitements commis à l’occasion de ces rassemblements ;
  • que le droit de manifester, la liberté d’expression et l’intégrité physique soient effectivement et scrupuleusement respectés.
Un collectif de citoyennes et de citoyens

Retrouvez cet appel sur le site de la LDH Belge
http://www.liguedh.be

Voir notre dossier « Contrôles d’identité et interpellations »

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Dernier ajout : jeudi 5 novembre 2015, 16:20
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