Bruxelles : 6 personnes inculpées pour avoir empêché l’expulsion violente d’un sans-papier

Audience le 15 novembre 2017

Ces passagers, trois Français et trois Camerounais, sont à poursuivis pour « entrave méchante à la circulation aérienne ».
Audience le 15 novembre 2017.

17 août 2016

Alors que les passagers prennent place à bord d’un vol Belgique – Cameroun, ils sont témoins d’une scène choquante : un homme, ligoté, est maintenu sur son siège par deux policiers. L’homme crie et semble étouffer. Face à cette situation, la majorité des passagers refuse de fermer les yeux. De manière pacifique, ils expriment leur indignation face à la violence de l’expulsion en cours, et refusent de s’asseoir.
Le commandant de bord ordonne finalement aux policiers d’abandonner l’expulsion. Les agents de police désignent alors, arbitrairement, six personnes comme étant les « meneurs » des protestations.

Le procès

Ces passagers, trois Français et trois Camerounais, sont à présent poursuivis pour « entrave méchante à la circulation aérienne ».
Une première audience a eu lieu le 31 mai 2017 au Tribunal correctionnel de Bruxelles. Un des inculpés, Trésor, ayant apporté une nouvelle vidéo des faits, le procureur a demandé un délais pour analyser cette dernière.
Le procès a donc été reporté au 15 novembre 2017 en matinée.

  • 31 mai 2017, tribunal correctionnel de Bruxelles
    Appel à soutien
    L’affaire a été à nouveau renvoyée au mois de novembre par la Cour afin de prendre connaissance d’une vidéo déposée par la défense.
  • 15 novembre 2017, audience auprès du tribunal correctionnel de Bruxelles
On se mobilise !

A la suite de ces événements, des associations et citoyens ont lancé une campagne #JeNeLaBouclePas.

  • Parce que nous considérons que face à la violence de l’État, le silence est inacceptable.
  • Parce que nous dénonçons la stratégie assumée par Theo Francken, de criminalisation de la solidarité citoyenne.

La Belgique a en effet décidé de mobiliser son appareil répressif contre des personnes à qui le seul fait reproché est d’avoir réagi avec compassion face à la souffrance d’un être humain. Ces poursuites sont à mettre en lien avec les déclarations du Secrétaire d’État Theo Francken, qui annonçait son intention de « montrer les dents » face aux citoyens qui s’indignent de la violence des expulsions. En 2016, il se félicitait de la condamnation d’une dame qui avait réagi lors d’une expulsion et expliquait avoir demandé à l’Office des Étrangers de systématiquement se porter partie civile dans ce genre de situation.

Que pouvez-vous faire ?

  • 1. Signer la pétition « d’auto-incrimination » déjà signé par plus de 100 associations
    Vous signifiez ainsi à l’état belge qu’en pareil situation, vous êtes également prêt.e à vous lever pour empêcher des expulsions violentes.  N’hésitez pas à faire circuler cette pétition
  • 2. Contribuer à ce crowdfunding
    Les inculpé.e.s sont actuellement défendu par le cabinet Progress Lawyer Network. Nous avons besoin de 500€ par inculpé.e pour assurer leur défense (6×500€ = 3.000€). Si le crowdfunding dépasse ce montant, il sera alloué aux frais de transport des inculpé.e.s venant au procès. En effet, les inculpé.e.s, trois français et trois camerounais n’habitent pas en Belgique.
  • 3. Être présent.e le 15 novembre 2017 à 8h00 devant le Palais de Justice, place Poelaert à Bruxelles, pour montrer notre soutien aux 6 inculpé.e.s et dénoncer cette tentative de criminalisation de la solidarité. Des prises de paroles des inculpés et de leurs avocats seront organisées.

Ce genre de procès est malheureusement amené à se répéter, Théo Francken se vantant sur son site de la criminalisation de ce genre de réactions, restons mobilisés et réactifs  ! 

#JeNeLaBouclePas

Notre site internet : https://jenelabouclepas.org/
Notre page facebook : http://www.facebook.com/jenelabouclepas

En partenariat avec : la Ligue des Droits de l’Homme, Bruxelles-Laïque, Progress Lawyer Network, Réseau ADES, le CRER, Tout Autre Chose…

« Nous ne resterons pas les bras croisés face à cette violence de l’État qui poursuit des citoyens pour le seul fait de s’être indignés face à la violence. Nous dénonçons la stratégie de Theo Francken qui tend à criminaliser la solidarité  » affirme Sebastian Franco, porte-parole de la Coalition Internationale des Sans-Papiers et Migrants (CISPM).

« A l’heure où l’État belge collabore avec l’une des pires dictatures au monde pour expulser des Soudanais vers leur pays d’origine, en totale violation de l’article 3 de la CEDH, la solidarité citoyenne des passagers qui empêchent ces expulsions illégales apparaît plus que jamais comme le dernier rempart contre la barbarie » ajoute Clarisse Van Tichelen, membre de Tout Autre Chose. 

Plus d’informations :

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Dernier ajout : mercredi 25 octobre 2017, 09:51
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