Les centres d’accueil et d’orientation (CAO)

Quelques initiatives et outils existants :

  • le forum Exils.org qui fournit aussi des ressources sur la réglementation, et comprend des dossiers pour chaque CAO, avec quelques infos sur ces structures, et un forum de discussion qui permet des échanges questions/réponses

Extrait de la lettre "Les ami·e·s du Gisti"

À l’abri... de quoi ?

L’expression « mise à l’abri » s’est glissée et répandue dans le vocabulaire des responsables politiques, reprise par tous les médias, à propos des opérations d’évacuation de campements de migrants, à Calais comme à Paris. On comprend cette expression lorsqu’elle est utilisée par les services de protection civile (mettre à l’abri du feu, d’un risque de pollution majeur, etc.), lorsqu’il s’agit de protéger des personnes menacées d’un danger (mettre des femmes battues à l’abri des violences de leur conjoint).

De quel risque protège-t-on les migrants dans les « opérations de mise à l’abri » de ces derniers mois ? Les tentes et cabanes de ces campements sont, elles, à proprement parler « des abris » : elles protègent leurs occupants de la pluie, du froid, du vent, des regards... Pour nombre des personnes expulsées de ces abris de fortune, la « mise à l’abri  » n’a bien souvent consisté qu’en quelques nuitées d’hébergement d’urgence, soit un toit et des sanitaires pour quelques jours, avant remise à la rue.

Les deux grandes vagues de destruction de la jungle de Calais, celle de mars dernier puis celle de début novembre, dite « démantèlement définitif », ont été accompagnées de « mises à l’abri » dans des centres d’accueil et orientation (CAO). Le gouvernement s’est félicité d’avoir ainsi permis aux exilés de quitter « la boue » du plus grand bidonville de France.

Mais les motifs ne manquent pas de s’inquiéter du sort des personnes réparties dans les presque 200 structures estampillées CAO. Des premiers échos qui remontent du «  terrain », il ressort que ces personnes ne sont pas à l’abri d’un accompagnement souvent défaillant, pas à l’abri de traitements administratifs chaotiques, pas à l’abri d’orientations pratiquées par des personnes totalement inexpérimentées en droit des étrangers.

Et, au bout du parcours, pas à l’abri de « renvois Dublin » ni d’une expulsion pure et simple.

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Dernier ajout : lundi 4 décembre 2017, 12:15
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