Article extrait du Plein droit n° 85, juin 2010
« Nom : Étranger, état civil : suspect »

La « Rumeur de Bondy »

Mogniss H. Abdallah

Agence Im’media
L’agression, le 30 mai 1980, d’un jeune dans une cité de Bondy par un commando d’extrême droite, les multiples attaques et les slogans racistes qui ont suivi ont créé un climat de haine propice à la diffusion d’un sentiment de panique. Dans le climat anti-immigrés de l’époque – montée du Front national, politique gouvernementale axée sur le renvoi massif des Algériens – les jeunes vont s’organiser. Les groupes d’autodéfense créés, décriés de toutes parts, seront néanmoins à l’origine de nouvelles solidarités.

Cité Delattre à Bondy (juin 1980) – Après les attaques des « fachos », les jeunes restent groupés, sous l’oeil vigilant d’un aîné.2 (c) Photo : agence IM’média Le 30 mai 1980 peu avant minuit, un commando armé fait une descente cité Delattre de Tassigny à Bondy, en Seine-Saint-Denis, et pourchasse un petit groupe de jeunes – dont quatre Arabes et un Français blanc – aux cris de « Vive la France libre » et « À bas les immigrés ». Mohamed Messaoudi, 19 ans, a le dos tailladé à coups de rasoir. Pour le soigner, il faudra plus de cinquante points de suture. Après cette attaque, enfle ce que les médias appelleront la « rumeur de Bondy », une série d’agressions avérées accompagnée d’extrapolations qui, commencée au printemps, se prolongera tout l’été 1980 sur fond de psychose collective. Pendant ce temps, le secrétaire d’État, Lionel Stoléru, négocie un accord franco-algérien pour le retour « volontaire » de 35 000 travailleurs immigrés par an.

Les assaillants de Bondy avaient-ils le crâne rasé, portaient-ils treillis et rangers, et ont-ils tracé une croix gammée dans le dos de la victime ? Les hommes qui, deux jours plus tard lancent des cocktails molotov dans une cage d’escalier de la même cité Delattre, provoquant un début d’incendie, étaient-ils eux aussi des nervis fascistes ? Le préfet récuse jusqu’à l’implication même de tels acteurs. « Ces affaires récentes ne veulent pas dire du tout que des groupes fascistes sévissent chez nous ; c’est simplement le fait de jeunes délinquants.  » Le commissariat de police et la mairie socialiste persistent, dans un bel unanimisme, à n’y voir que « règlements de compte  », « rivalités amoureuses entre bandes  » ou « affrontements entre “punks” et “rockers”  ». « Marcel », un inspecteur de police local, abonde en ce sens. « Les mêmes qui leur tapent dessus, aux bougnoules, ils sont pas plus fascistes que moi, c’est un déguisement. Les bandes de jeunes nazis c’est de la blague. Ils ne savent même pas ce que c’est d’être nazi  » [1]. Pour appuyer ces dénégations, on invoque la présence de jeunes Arabes dans les deux groupes antagonistes. On présuppose ainsi la composition exclusivement « blanche » des nouveaux groupuscules fascisants qui veulent faire parler d’eux, dont la FANE (Fédération d’action nationale européenne), le PFN (Parti des forces nouvelles) ou le FJ 93 (Front de la jeunesse).

Pendant ce temps, les agressions continuent et des inscriptions murales donnent le ton : « Un bon Arabe est un Arabe mort ». Dans la nuit du 2 au 3 juin, deux militants de la FANE sont arrêtés à Clichy-sous-Bois avec, dans leur voiture, cocktails molotov et barres de fer. Interrogés par la police, ils revendiquent leur appartenance au groupe et surtout leur intention de « casser du Nord-Africain ». Leur libération suivie de condamnations à des peines de sursis donnent une impression d’impunité. Le 8 juin, des coups de feu sont tirés à partir d’une voiture contre un groupe de quatre jeunes, Cité Blanqui à Bondy. La volonté de tuer ne fait plus de doute. La « rumeur de Bondy » se répand alors mélangeant le vrai et le faux, et sème une panique contagieuse. Dès lors, les jeunes pensent à se défendre, voire à riposter. « La peur des immigrés fait peur aux Français, qui à leur tour craignent d’être agressés par les Arabes qui se vengeraient.  » [2]

Le 12 juin, de nouveaux coups de feu sont tirés à partir d’une voiture sur un groupe de jeunes au centre commercial d’Aulnay-sous-Bois. Aussitôt, deux voitures se mettent en chasse pour retrouver les tireurs. Six des jeunes poursuivants tombent sur la police qui les arrête pour port d’armes. Ils seront incarcérés à Fleury pendant deux mois. Un comité se monte pour demander leur libération. Le lendemain de l’arrestation, plusieurs centaines de jeunes se rassemblent à La Courneuve et lancent leur mot d’ordre : « Le fasciste ça s’écrase ! Fafs, on ne vous attend pas, on vous cherche !  », bombé sur les murs des cités et repris dans les manifs. On dénonce aussi le « deux poids, deux mesures » de la justice qui libère les militants de la FANE et emprisonne les jeunes antifascistes.

Pour faire la part des choses, une commission d’enquête indépendante, composée notamment d’associations (Accueil & Promotion, MRAP…), du collectif SOS Refoulement et du journal Banlieue d’Banlieue, est mise en place. Après vérification, beaucoup de rumeurs se révéleront infondées : il n’y a eu ni femme enceinte violée puis éventrée à La Courneuve, ni contrôle par les « fafs » des papiers d’identité des élèves étrangers aux portes d’un collège de Bobigny. Et personne n’a trouvé la tête d’un Noir dans une poubelle. De même, un démenti formel est apporté à l’affabulation selon laquelle des Arabes rôdent autour des écoles pour « scalper les enfants  ».

Cependant, la contre-enquête confirme la multiplication des attaques et leur caractère ciblé dans plusieurs villes du département contre les élèves arabes à la sortie des écoles, les jeunes immigrés dans leurs cités, ou encore contre les femmes, notamment algériennes. Il y a bien là une cohérence d’ensemble qui met en évidence un changement de cible : en 1978-79, une série d’attentats revendiqués par des groupes d’extrême droite visait les foyers de travailleurs immigrés en grève ; à partir de 1980, jeunes et familles désormais sont aussi visés. La commission indépendante relève aussi plusieurs agressions contre des représentations de l’État algérien (consulat d’Aubervilliers), des mairies communistes, ainsi que des descentes contre les Juifs dans le quartier du Marais à Paris, et un attentat à la bombe le 26 juin contre le siège du MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples), attribué à la FANE [3].

Mais quel est, fondamentalement, l’objectif de cette campagne de menaces et d’intimidations et qui est derrière ? Empêcher le « vivre ensemble » dans les écoles en suscitant la séparation entre élèves français et immigrés ? Empêcher les adolescents français et immigrés qui se côtoient en classe de se fréquenter dans les cités ? Épurer les cités ou, à défaut, les dresser les unes contre les autres ? Inciter les immigrés à « rentrer chez eux » ?

Dubitatif face aux conclusions des « enquêteurs improvisés » sans grands moyens de Banlieue d’Banlieue, le journaliste Nicolas Beau du Monde est orienté vers la cité de l’Ermitage, dont une poignée de résidents qui effectuent des rondes de nuit est désignée par les lascars de Bondy comme étant à l’origine des troubles. Le responsable local du PFN jure qu’il n’a rien, vraiment rien, contre les immigrés. « Je suis simplement partisan d’une limitation à 5 % de l’immigration en Seine-Saint-Denis, contre plus de 16 % maintenant.  » [4] L’origine scolaire de « la rumeur » serait basée sur le même type d’argument, explique à son corps défendant un inspecteur d’académie : les enfants d’immigrés « représentent 25 % de la population scolaire du département ; au collège Garcia Lorca de Saint-Denis le pourcentage dépasse 50 % et au collège de Clichy-sous-Bois, il y a vingt-deux nationalités  ». [5]

Brandir de telles déclinaisons du fameux « seuil de tolérance » n’a, en la période, rien d’innocent. On retrouve là les mêmes préoccupations que celles du gouvernement et du patronat. Ainsi, le CNPF, en rupture avec sa réputation de « laisser-faire », a-t-il préconisé de réduire le nombre de travailleurs immigrés d’un million entre 1977 et 1985. Le secrétaire d’État Lionel Stoléru a, quant à lui, projeté de réduire l’immigration de moitié à l’orée 1990. Mais les mesures qu’il préconise échouent l’une après l’autre : ses projets de loi sont abandonnés, sa circulaire prévoyant de suspendre pour trois ans l’immigration familiale est récusée par le Conseil d’État, et son « million du retour » n’a, au 1er janvier 1980, touché que… 2 512 Algériens. On est loin, très loin, des 500 000 départs escomptés en 1979.

Pourtant, l’administration a multiplié tracasseries et restrictions au séjour pour inciter les Algériens, son véritable cœur de cible, à déguerpir. Le renouvellement de la carte de résidence suscite de vives craintes et dépend de négociations plus globales avec l’État algérien en cours depuis 1978. En attendant, les immigrés algériens ont vu à deux reprises leur carte provisoirement renouvelée pour une durée d’un an (au lieu des dix ans de plein droit prévus dans l’accord bilatéral de 1968). De surcroît, on leur délivre le plus souvent des récépissés de trois mois renouvelables, sous prétexte de problèmes techniques de confection des nouvelles cartes informatisées. Par ailleurs, une énième circulaire Stoléru en date du 10 juin 1980 tend à conditionner le renouvellement à la situation de l’emploi. Quant aux jeunes, passé l’âge de seize ans, ils ne savent plus trop s’ils sont algériens ou français. Bref, précarité et insécurité sont devenus le lot quotidien des immigrés, comme le résume Slimane Azem dans sa célèbre chanson La Résidence  : « Faut pas prévoir à l’avance avant d’avoir la réponse/Avant d’avoir la réponse au sujet d’la résidence/Toujours des conversations, le chômage, l’immigration/Après les négociations, on attend qu’on nous annonce/On attend qu’on nous annonce, chaque fois ça recommence  ». Son alter ego Salah Saadaoui s’insurge lui en feignant de plier bagages : « Les racistes c’est des mahbûls/Je fais mon déménagement !/On me dira plus jamais bicot, bougnoule/va-t’en rentre chez toi.  »

Retour « aidé » pour les Algériens

En mai 1980, Lionel Stoléru se rend à nouveau à Alger pour accélérer les négociations. La série d’agressions anti-immigrés coïncide avec cette relance en vue de la signature d’un accord. On ne peut donc écarter l’hypothèse d’une campagne d’intimidation délibérée pour mettre le gouvernement sous pression. Stoléru tentera bien la posture « antiraciste » en se rendant le 17 juin chez Mohamed Messaoudi à Bondy, et constatera de visu que la victime avait bien le dos zébré. Il accrédite ainsi devant la presse la thèse de l’agression. En revanche, l’accord franco-algérien finalement conclu le 18 septembre introduit à nouveau l’idée du retour aidé de 105 000 travailleurs algériens et leur famille sur trois ans. « Il répond enfin au bon sens économique de soulager le marché du travail en permettant des substitutions de chômeurs (français et étrangers) aux postes de travail volontairement libérés.  » Une précision qui fait étrangement écho à l’affiche du Front national clamant : « Un million de chômeurs = un million d’immigrés en trop  »… [6]

Par ailleurs, dans la perspective des élections présidentielles qui se profilent en 1981, l’extrême droite entend contester à la gauche sa suprématie dans un de ses bastions fragilisé par la crise économique et la désindustrialisation, en s’appuyant sur l’exaspération de la France des « beaufs ». Elle se veut l’expression politique en devenir de groupes issus de la société civile comme le Comité de défense des Français, instigateur en sous-main d’une première agression d’envergure contre les lycéens enfants d’immigrés à Chelles (77), début mars 1980. Les groupuscules fascistes radicaux, bras armé de cette politique de reconquête, intègrent à cette fin des éléments issus des quartiers populaires. Les fachos ne sont plus seulement des fils de bonne famille du Raincy, étudiants en droit à Assas. Si les « électoraux » draguent le Français ordinaire, les « radicaux » recrutent des paumés dans les foyers de jeunes travailleurs, infiltrent des groupes de zonards et montent des embrouilles dans lesquelles il y a parfois des immigrés des deux côtés.

Les jeunes immigrés, ils les connaissent pour avoir été à l’école ensemble, ou encore parce qu’ils vivent dans la même rue, voire le même immeuble. C’est le cas, par exemple, du colleur d’affiches Front national qui, le 23 août 1980 à Bondy, tire une balle dans le dos d’Arezki Saadi, un étudiant en maths avec lequel il avait déjà eu maille à partir. À nouveau, on parle de vengeance personnelle. Pourtant, la police trouvera chez lui un petit arsenal. Et son propre frère témoignera lors d’une réunion de la commission d’enquête indépendante pour confirmer que l’agresseur en mal d’action avait reçu pour consigne, par la section locale FN, de participer à la « chasse anti-immigrés ».

Depuis le début de la « rumeur de Bondy », les jeunes des cités se sont armés de bric et de broc. Des groupes d’autodéfense patrouillent pour assurer la sécurité, de Bondy à La Courneuve, en passant par les cités de Stains ou de Saint-Denis. Les médias ont vite fait de folkloriser cette défense civile à l’armement hétéroclite et aux motivations souvent confuses. D’autres expriment la crainte d’une guerre privée entre jeunes et fachos sur le mode viril du genre « On est pas des bouffons  ». Toujours la théorie de la rivalité entre bandes qui semblent rejouer Les Guerriers de la Nuit, le film culte de Walter Hill. Bien sûr il y a des rockers, des Arabes, des Antillais, des Gitans et des Français blancs. Justement. Il n’y a pas eu un réflexe de repli frileux sur sa cité ou sa communauté, ou du moins pas seulement. Des groupes se font et se défont par affinités, et la cité Delattre à Bondy devient un lieu de rencard où jusque tard la nuit, on discute des événements du jour.

On se méfie des intrus, en même temps on fait connaissance avec les gars des autres cités de Bondy-Nord et d’ailleurs. Les idées fusent. « Et si on organisait dans la cité un Rock against fascism  » sur le modèle du concert Rock against Police annoncé par Libé à La Courneuve ? Les conversations se politisent au contact d’autres réalités rapportées par ceux de Nanterre ou de Vitry-sur-Seine, qui évoquent des mobilisations contre les expulsions, les crimes racistes ou sécuritaires, ou encore le quadrillage policier des cités. On parle aussi des stages Barre et des « formations bidon », des grèves dans les lycées techniques, etc. Mais la priorité des priorités reste l’autodéfense contre les « fafs ». Durant tout l’été 1980, les gars courseront colleurs d’affiches du FN et distributeurs de tracts louches sur les marchés. Indéniablement, le recours à l’autodéfense collective a joué pour endiguer l’offensive « fasciste » sur les cités, sans pour autant isoler les jeunes. Au contraire. Et cela malgré ceux qui ont tout fait pour les dissuader de s’auto-organiser, de la police aux mairies, du PCF à une partie de l’extrême gauche.

Le soutien des pères

À Aulnay, le PC dénonce « quelques personnages à la recherche de solutions individuelles  ». La presse communiste locale s’en prend à des « autonomes téléguidés par Bonnet  », le ministre de l’intérieur. À Bondy, la police use de pédagogie plus fine sur fond de consensus social local pour expliquer que les gens n’ont pas le droit de se défendre par eux-mêmes. Force doit rester à la police républicaine. Et face aux accusations d’inertie, le commissaire lui-même affirmera aux jeunes que des « contacts  » ont été pris avec des intermédiaires pour « arrêter les dégâts  ». Il n’en faudra pas plus pour réveiller le soupçon de connivence entre la police et l’extrême droite. L’actualité va d’ailleurs confirmer la présence de policiers au sein de groupuscules néo-nazis, avec l’affaire Durand, du nom d’un inspecteur des RG démasqué comme un idéologue membre dirigeant de la FANE. Le 3 septembre 1980, cette organisation sera dissoute par le conseil des ministres.

Des maoïstes font la morale aux jeunes qui « réagissent parfois maladroitement et concourent à leur propre isolement, sinon à la dégradation des rapports sociaux d’ensemble dans les cités  ». Rien que ça ! En réalité, dans les cités, les jeunes « qui ont tenu tête aux racistes  » se voient encouragés par les pères, fiers de leurs enfants. Dans le bus, à la sortie des écoles, les gars discutent d’entraide avec les mères et les grandes sœurs, accompagnent les petits à l’école. De vieux prolos les invitent à casser la croûte avec eux au café, et d’anciens résistants communistes les encouragent. Les lascars apprécient ces signes de solidarité, préfigurant de nouvelles relations sociales avec leur environnement. Et ils n’ont cure des menaces selon lesquelles s’ils persistent dans l’autodéfense, eux et leur famille risquent l’expulsion du logement, voire du territoire. Beaucoup des jeunes immigrés n’imaginaient même pas qu’ils puissent être un jour expulsés. Une aberration, tant ils considèrent qu’en se mobilisant, ils défendent leur « chez eux ».

Dans la mémoire collective, l’attentat du 3 octobre 1980 contre la synagogue rue Copernic – 4 morts et des dizaines de blessés – , ou encore l’affaire du bulldozer de Vitry en fin d’année, supplanteront les ratonnades de Bondy, curieusement ignorées par les études sur l’histoire de cette période. Il n’en reste pas moins que les convergences esquissées à Bondy ont contribué à l’émergence publique des nouvelles générations issues de l’immigration. Et la ville en restera un des épicentres fournissant, à l’instar de Djamel Kelfaoui [7], des cadres associatifs qui joueront un rôle stimulant dans le mouvement pour l’égalité et contre le racisme des années 80.




Notes

[1Le Matin, 23 juin 1980.

[2Farid Aïchoune, « Rumeur ou tumeur ? » in journal Sans Frontière, 24 juin 1980.

[3Le MRAP s’est porté partie civile contre ce groupe pour incitation à la haine raciale et demande sa dissolution en vertu de l’application de « sa » loi antiraciste du 1er juillet 1972.

[4Le Monde, 8-9 juin 1980.

[5Le Monde, 15-16 juin 1980.

[6Affiche éditée par le Front national pour les élections législatives de mars 1978.

[7Djamel Kelfaoui, animateur de l’association SOS ça Bouge et du festival Y’a de la banlieue dans l’air à Bondy, était aussi une figure des Marches de 1983 à 85 et des réseaux nationaux (Mémoire Fertile, MIB etc.). Réalisateur, il décède le 22 mai 2009 à Laghouat (Algérie), suite à une violente altercation avec un officier de l’armée.


Article extrait du n°85

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Dernier ajout : jeudi 17 avril 2014, 14:59
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