Article extrait du Plein droit n° 85, juin 2010
« Nom : Étranger, état civil : suspect »

Des noms qui errent

Sylvie Quesemand Zucca

Psychiatre psychanalyste – SMES (Unité Santé Mentale Exclusion Sociale, hôpital St Anne, Paris)
Dépossession subie ou outil de résistance, le changement de nom est vécu par chacun de manière particulière. Aujourd’hui, à travers l’errance mondiale, les changements de patronyme sont devenus multiformes, fluctuant au gré des enjeux et des types de migrations, des politiques migratoires, des situations administratives ubuesques. Avec le risque que ces « sans nom-sans lieu », expulsés de leur histoire, s’enfoncent dans un processus de désaffiliation.

« Nous ne sommes, tout compte fait, qu’un conflit de récits endossés par un nom.  » Pascal Quignard [1].

Changer de nom n’est jamais anodin, et les effets de ces changements, toujours complexes, viennent en même temps à chaque fois interpeller l’histoire subjective de la filiation, sa mémoire et la manière dont chaque État régit ses lois sur le patronyme. Je renvoie ici au livre de Nicole Lapierre [2] qui justement se tisse aux interstices entre histoire politique, juridique, sociale et privée – en n’omettant pas de venir à tout moment interroger ce qui se noue autour de ces questions de changements de noms : ce sont alors les questions de la citoyenneté, de l’intégration, mais aussi celles du repli identitaire, de l’exclusion ou de la discrimination qui y sont dépliées.

On peut, sans trop de risques, faire l’hypothèse que les changements de nom sont, dans l’histoire de chacun, vécus de manière très différente selon qu’ils s’inscrivent dans une dépossession subie de l’identité ou bien, au contraire, dans une stratégie active de survie, même si cela ne présage pas obligatoirement, dans les générations suivantes de ceux qui auront vu leur patronyme modifié, d’une telle évidence. Ainsi, les démarches faites par les descendants de personnes ayant changé (ou ayant dû changer) leurs noms – démarches assez souvent vaines – témoignent-elles au moins d’un questionnement générationnel sur la filiation et l’origine.

Au XXesiècle, l’effacement des noms de famille des Juifs, des Tziganes, l’estampillage des numéros matricules a été l’un des premiers éléments de déshumanisation et d’extermination par les nazis. Ce ne sont plus des hommes porteurs de noms propres qui étaient tués, mais une masse de chiffres et de matricules – objets à devoir être exclus de l’espèce humaine.

Cela vaut pour les victimes de tous les génocides. Ce n’est pas une figure différenciée par un prénom et un nom qui doit être abattue par tous moyens, mais un membre indifférencié d’une « sous-catégorie » d’humains. Déshumanisation parfaite d’un côté, celle des victimes sans noms ni tombes, défense au nom d’un conformisme social et de l’obéissance de l’autre côté, celui des tueurs, prenant individuellement, et si nécessaire dans l’après-coup du massacre, la forme d’une nouvelle identité cachée sous un faux nom dans un pays lointain.

Cette éclipse du nom de la victime va d’ailleurs s’étendre à la personnalisation pronominale – disparition du « je », « tu » par le tueur d’un génocide, comme le raconte Jean Hatzfeld à propos de son travail d’enquête sur le génocide Tutsi dans un article relatant ses entretiens avec les tueurs Hutus [3] : « […] Dans le pénitencier où je me suis rendu, au début, je ne comprenais pas pourquoi mes questions suscitaient des réponses contradictoires. Et puis j’ai trouvé. Si je les interrogeais au singulier : “Quelle était ta journée-type ?”, ils me répondaient : “Je cultivais et restais à l’écart de ce qui se passait”. Mais si j’employais le pluriel : “Qu’est ce que vous faisiez ?”, la réponse était autre : “On se retrouvait sur le stade de foot et on partait tuer”. « Contrairement aux rescapés, continue Hatzfeld, ils ne font pas de cauchemars. Ils n’éprouvent que des regrets égoïstes : la perte d’une parcelle, d’un magasin, d’une place de fonctionnaire. Leurs meurtres et leurs morts ne les hantent pas. Leur égocentrisme et leurs calculs intellectuels, sur le pardon, par exemple, laissent pantois.  »

Peut-être faut-il la fiction romanesque pour que les effets du surgissement du nom fictif ou réel de la victime chez le tueur génocidaire, sans éléments de défense au nom de ce « on » dans l’après-coup du meurtre, se fasse entendre. Ainsi, La danse de Gengis Cohn (1967) de Romain Gary – dont on sait combien lui-même a pu jouer, se jouer, nous jouer de son nom [4]. Un Juif, Cohn, Gengis Cohn, exécuté en 1943, va habiter le corps et l’esprit du chef du détachement de SS, Schatz (« Petit trésor ») qui a programmé sa mort, ne le quittant plus d’une semelle dans ses moindres pensées au cours de toute sa vie.

Dans d’autres circonstances, le changement de nom devient outil de résistance. Par la tricherie provisoire ou non de la filiation, le changement de patronyme devient, de fait, équivalent à un permis de vivre, un passeport contre une mort certaine : tel le destin d’enfants juifs cachés pendant la guerre : « Tu ne t’appelles plus Eppelbaum, tu t’appelles Rocher. Répète, oublie ton nom. Répète ton nouveau nom  » (extraits des récits du Réseau Marcel).

Cette particularité – changer de nom « pour vivre » – est aujourd’hui toujours d’actualité, et le nombre de demandes d’asile pour raisons politiques, toujours fortement présent. Il me semble – c’est là une hypothèse que je vais tenter de développer – qu’en même temps, les changements de noms à travers l’errance mondiale sont devenus multiformes, protéiformes, et semblent dépasser largement les configurations des conflits purement idéologiques, génocidaires ou guerriers – même si ceux-ci sont toujours bien présents.

Le changement de nom paraît, en quelque sorte, avoir pris une dimension planétaire difficile à cerner, flottant au prorata de l’importance des enjeux et des types de migrations, des politiques migratoires, de leurs aléas parfois incompréhensibles voire totalement arbitraires du moment donné, conduisant à des situations administratives ubuesques pour ceux qui les vivent. Ainsi de personnes travaillant avec de « vrais papiers », donc avec le nom d’une autre personne. Ou encore de réfugiés hésitant à révéler leur réelle identité dans les services d’administration française, attendant d’être régularisés pour donner leur vrai nom. Ou encore de personnes incarcérées sous un faux nom, attendant le moment de leur mise en liberté pour déclarer leur véritable identité : dans tous ces cas, des années de tracasserie et d’embrouillamini administratifs, attendent ces « entre deux (ou plus) noms ».

La situation est d’autant plus complexe que, tout comme dans le milieu des passeurs, il existe actuellement un vaste réseau de criminalisation mondiale spécialisé en falsifications et ventes d’identité, un marché semble-t-il en pleine expansion, devenu du même coup une des plus grandes préoccupations mondiales en matière de sécurité [5]. La réalité mouvante du monde où nous vivons, la possibilité de se déplacer chaque jour plus vite, d’être en lien par internet avec l’autre bout du monde en temps instantané, l’idée d’un monde meilleur transmis 24 heures sur 24 par des images paradisiaques d’un « ailleurs » aux allures d’Eden télé-réalisé et diffusé sur toute la planète, sur fond de changements géopolitiques incroyablement complexes, donnent à ces migrations et à ce qui nous intéresse ici – les changements de noms très fréquents qui l’accompagnent – de nouvelles particularités. Au sein de ces migrations en plein essor actuellement (plus de 200 millions de personnes selon l’ONU), de nouvelles figures sociales émergent donc ces dernières décennies : les sans-papiers, les femmes migrantes isolées, de plus en plus de mineurs isolés, les exilés fuyant la misère ou un environnement hostile, qui se voient rarement reconnaître le statut protecteur qu’ils sont venus chercher. Ce sont ceux-là que nous rencontrons aujourd’hui dans le champ du travail social, médical et/ou associatif.

De ce monde actuel, je reprends volontiers les descriptions qu’en fait Zygmunt Bauman à travers toute son œuvre : un monde moderne en plein passage entre une phase « solide » (les institutions, les structures sociales, les autorités politiques) vers une phase « liquide » où rien n’a de forme fixe, ou tout peut changer très vite dans une fluidité où les liens amoureux et les relations sociales sont de plus en plus impalpables, un monde, aussi, où les exclus seront de plus en plus nombreux [6]. Un monde qui m’est apparu sous la forme que décrit Zygmunt Bauman, à partir du moment où j’ai travaillé, pendant une dizaine d’années, en tant que psychiatre psychanalyste, au contact de personnes françaises et du monde entier vivant dans la plus grande désaffiliation [7]. J’ai alors été amenée à rencontrer un certain nombre de « sans-papiers » accueillis en lieux d’hébergement d’urgence et autres. Faut-il le préciser : de par ma fonction, ce ne sont pas les mieux portants que j’ai croisés. Mais ce n’étaient pas non plus les plus malades, au sens psychiatrique du terme. Ils étaient moins concernés par les grandes affections psychiatriques – psychoses, délires – et par les toxicomanies et alcoolisations massives que d’autres personnes vivant dans la grande exclusion [8].

Ce qui me frappait alors, chez ceux qui avaient généralement erré de pays en pays, échouant à ce moment-là dans un des centres, parfois pour quelques jours, parfois pour des années, était une forme de déréalisation massive. Perdus au milieu du monde, sans aucun lieu ou trouver le repos, migrants isolés, de tous âges – quand ils le connaissaient –, déconnectés de tout lien avec quiconque, occupant un bout de chambre, ayant parfois oublié jusqu’à leur nom, repliés dans un état second, épuisés de la barrière linguistique et des incessants ports d’attaches quittés, rejoints, perdus, jamais trouvés. Ce sont ces rencontres, ou plutôt ces non rencontres, qui m’ont laissé cette impression d’étrangeté inquiétante. Ainsi, cette femme africaine, à peine sortie d’un réseau de prostitution et d’esclavagisme, incapable de nous donner son nom ; ainsi cet homme mutique, Sri Lankais commençant à boire dangereusement, lui qui, jusque-là, se « tenait » – « je ne m’appelle plus  », nous a-t-il juste murmuré un jour ; ainsi, cette jeune fille assise sur un banc près d’une ambassade, entourée d’une rangée de bouteilles d’eau, incapable dans son délire de décliner une identité plausible ; ainsi cette jeune mère isolée en hôtel, épelant son nom dans des larmes, le rendant totalement incompréhensible. Tous et toutes me semblaient posés là, comme dé-placés, plus qu’en exil vers un lieu, comme scotchés par l’inouï d’une fatigue de ne plus savoir où exister.

Qu’a-t-elle fait de son histoire ?

Les noms mal épelés (langue, alphabet, système de nomination différents), déformés, changés, oubliés, tronqués, inventés, viennent alors poser à chaque fois une nouvelle énigme : derrière ces noms qui errent sans que l’on sache trop d’où ils sont venus et où ils vont s’enfuir, qui est la personne, là, en face de vous, assise, d’où vient-elle, qu’a-t-elle fait de son histoire, où se loge sa vérité dans le mensonge appris par cœur pour mieux avoir accès aux codes de nos grilles d’accès ?

Quel a été son trajet et parfois l’histoire de son exil au sein même de son système de filiation ? De quelle mémoire s’est-elle dessaisie pour survivre, sans plus de nom donné à l’autre qui l’interpelle ? Derrière ces faux-vrais mensonges, ces vraies-fausses vérités, derrière ces empreintes digitales effacées pour encore et toujours plus d’anonymat, certains garderont la force de leur histoire, de leur volonté farouche d’exister, de s’appeler de leur nom (ou d’un autre, changé en pleine conscience) dans un ailleurs devenu le lieu de leur vie à venir. D’autres se perdront, exilés de nulle part, s’oublieront dans un anonymat total, sous un faux nom. Anonymes même dans la mort, parfois. Ainsi, à Lampedusa et dans les ïles Canaries, il existe des cimetières de migrants dont les corps ont été récupérés sur les plages. Les tombes portent, à défaut de leurs noms, la date à laquelle ils ont été trouvés, ou la date du naufrage, le mot « immigrant », parfois un numéro [9].

Alors, en quoi ces demandeurs d’asile seraient-ils si différents des émigrants que nous avons pu croiser dans les années 1970-80, par exemple ces travailleurs algériens en usine, les « ni-ni » (ni français, ni algériens), qu’une vieillesse, pour ceux qui ne sont pas morts d’usure, attend au fond d’un vieux foyer au fin fond d’une banlieue anonyme, là où ils avaient rêvé d’un retour au pays devenu, avec le temps, virtuel ou irréel. De ces juifs d’Europe centrale venus vivre en France après l’extermination de toute leur famille, de ces Chiliens ayant fui le coup d’État, de ces Portugais et Espagnols ayant fui la dictature ?

Nous l’avons vu plus haut : nombre de ces immigrés étaient des exilés reconnus en tant que réfugiés politiques ou liés à l’histoire de la politique d’immigration du moment. Ils ont, selon les époques et l’état du marché du travail, été inscrits dans un système de ré-affiliation française, plus ou moins bien, mais ils ont en général trouvé du travail, une nationalité ou au moins un permis de séjour. Pour beaucoup, ils ont maintenu un lien avec leur communauté d’origine, qu’elle soit religieuse, linguistique, culturelle, tout en finissant par trouver une place dans la société qui les avait accueillis, ou tout simplement tolérés selon les cas.

C’est à tout cela que je pensais face au silence de ces personnes, avec qui j’essayais avec plus ou moins de succès de rentrer en contact. Parmi eux, des demandeurs d’asile en attente de leur statut, mais aussi tant d’autres, se sachant en danger pour toutes sortes de raisons s’ils retournaient dans leur pays, et qui n’auront pas cette reconnaissance de protection internationale. Trois mots s’appliquent alors, à leur sujet : désaffiliation, déculturation, disqualification humaine. Pas ou peu de liens collectifs pour la plupart, ou quelques ralliements de passage, pas ou plus de rêve d’une terre d’accueil imaginaire, mais plutôt un contact avec un trop de réel sans fin : les demandes, l’attente des papiers, le lieu où dormir, la survie au prix de la perte de l’identité progressive, la peur au quotidien, comme un feu qui ronge à force de trop d’effroi. Au point, dans certains cas, que la personne ne puisse plus « réagir » lorsque, au bout de tant d’années d’attente, les papiers de régularisation arrivent enfin. Au point d’apparaître complètement désubjectivisés, comme atomisés.

Les travailleurs sociaux connaissent ces situations, apparemment paradoxales d’hommes ou de femmes qui, enfin régularisés, après des années d’attente, tombent dans un état d’abandon dépressif profond, là ou la joie était attendue. C’est probablement que ce moment de reconnaissance d’appartenance à un nom et à un pays avait peu à peu pris la forme d’un mirage irréel doublé d’une tension extrême accumulée pendant des années. L’effet d’annonce soudain de la bonne nouvelle vient tout d’un coup accoler identité de l’état civil et identité subjective dans deux temporalités qui ne peuvent, à ce moment-là, si la souffrance a été trop longue, se rencontrer. Il faut du temps, un temps approprié nouveau, qui n’est plus celui de la clandestinité, de la peur, de la survie. Un temps de réappropriation de la subjectivité accolé au projet à venir qu’autorise cette nouvelle carte d’identité, cette appartenance à un nom tellement rêvé.

« C’est parce que nous sommes des animaux à parole que nous ne pouvons nous empêcher de nourrir l’illusion qu’il existe (qu’il doit en quelque langue exister) un mot où nous rapatrier  » nous dit encore Pascal Quignard. Autrement dit, comment transformer cet étranger parfait qu’est le « sans-papiers » en semblable, si ce n’est, au moins, en l’accueillant dans notre représentation des lois du langage, avec les moyens du bord et une patience de soignant face à un convalescent de l’anomie généralisée.

En effet, la déréalisation, l’anonymisation totale, l’individualisation forcée que connaissent les personnes expulsées de leurs histoires et errant de par le monde pendant des années, voire des décennies, s’aggrave encore et toujours dès lors qu’aucun projet de ré-affiliation n’est possible pour eux. Les risques sont alors ceux d’un « oubli » – au prix de clivages psychiques souvent majeurs – des événements de la vie subjective passée, accompagnés d’une sorte de « laisser tomber » du corps, d’une sorte d’indifférence à soi-même, terrain propice à l’émergence de tout un panel de symptômes graves : délires, mélancolies profondes, troubles de la personnalité. C’est cela qu’on appelle désubjectivisation.

Que deviendront ces « sans noms-sans lieux » si aucune temporalité, aucun lieu, aucun asile ne vient jamais leur donner à vivre une histoire en devenir ? De qui seront-ils la proie ? Va-ton assister, comme on le voit déjà ici et là à travers le monde, au regroupement de ces « sans lieux-sans noms » dans des ailleurs invisibles, coupés de la civilisation, de ses lois et de ses interdits ? Les grands errants du monde, les jeunes en particulier, sont particulièrement vulnérables à ces lents processus de désaffiliation, de déconstruction psychique et de déshumanisation contemporaine. Ils sont aussi l’Histoire actuelle en train de s’écrire, aussi bien ceux qui gardent espoir et vitalité intactes, que ceux qui se sont repliés dans une sorte d’amnésie d’eux-mêmes. Bien au-delà de leur seule histoire individuelle, ils nous amènent à penser autrement aujourd’hui des questions encore balbutiantes mais bien cruciales, qui nous concernent tout autant qu’eux.




Notes

[1Philippe Bonnefils, Pascal Quignard, Son nom seul, Galilée, 2001.

[2Nicole Lapierre, Changer de nom, Folio essais, 2006.

[3Entretien à Philosophie magazine, n° 12, septembre 2007.

[4Rappelons que Romain Gary a réussi ce coup de maître de recevoir à deux reprises le prix Goncourt, une fois sous son vrai nom, une fois sous le pseudonyme d’Émile Ajar.

[5Christophe Naudin, La fausse identité, danger croissant et ignoré. Quand la criminalité identitaire devient un outil criminel crucial, DRMCC, note d’alerte n° 4, septembre 2004, www.drmcc.org/spip.php?article108.

[6Zygmunt Bauman, Vies perdues : la modernité et ses exclus, Payot, 2006. Du même auteur : L’Amour liquide. De la fragilité entre les hommes, éd. du Rouergue, 2004.

[7Sylvie Quesemand Zucca, Je vous salis ma rue. Clinique de la désocialisation, Stock, 2007.

[8Une étude toute récente, à laquelle j’ai participé, étudiant l’état psychique de 800 personnes vivant dans les structures d’urgence sur Paris et Ile-de-France le confirme : les pathologies psychiatriques avérées chroniques graves et les toxicomanies majeures sont moins présentes chez les demandeurs d’asile que chez les autres SDF. Par contre, les formes d’angoisses graves y sont nettement plus représentées.

[9Pour Migreurop, « ces morts sans nom et sans nombre en disent long sur le processus de déshumanisation des migrants, réduits à l’état d’individus surnuméraires qui peuvent disparaître sans laisser de traces.  » In Plein droit, n° 77, juin 2008, « Compter les morts ».


Article extrait du n°85

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Dernier ajout : jeudi 17 avril 2014, 14:59
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