Concert « Liberté de circulation ! » au Trianon (Paris) en soutien au Gisti
Lundi 5 juin 2017, dès 17h

[ NE PAS CONFONDRE, avec la soirée du 15 juin 2017 au Trois Baudets, Paris ]

https://www.letrianon.fr/fr/programme/liberte
[ Télécharger l’affiche ]

ARTHUR H
BIBI TANGA
FLAVIA COEHLO
GAËL FAYE feat. Samuel Kamanzi & Jenrian
INFECTICIDE
LA DAME BLANCHE
LOST avec Camélia Jordana et Laurent Bardainne
TÊTES RAIDES
TIE & THE LOVE PROCESS
& quelques surprises

Billets en vente : 25 €
www.letrianon.fr


LIBERTÉ DE CIRCULATION !





À partir de l’été 2015, les médias et les responsables politiques européens ont parlé de « crise migratoire » pour décrire un « afflux » de réfugié⋅e⋅s aux frontières de l’Union européenne, sans jamais interroger la pertinence des chiffres brandis, ni, surtout, analyser les raisons qui ont poussé ces centaines de milliers de personnes à chercher protection en Europe. Parler de « crise » a surtout permis aux États européens – notamment la France, sur laquelle ladite « crise » a finalement eu peu d’impact – de se dédouaner de leur incapacité à faire face à une situation présentée comme imprévisible. Pourtant le contexte international, notamment le conflit syrien et la poursuite de la guerre en Afghanistan, rendaient l’augmentation de ces mouvements de population inéluctable depuis plusieurs années.

Parce qu’on ne peut que constater l’impasse à laquelle conduisent des politiques de contrôle et de répression croissante des migrations, le Gisti défend l’idée que la liberté de circulation est la seule alternative réaliste pour mettre fin aux situations dramatiques que connaissent les exilé⋅e⋅s.

Le Gisti, né au début des années 1970, est présent aux côtés des exilé⋅e⋅s, des sans-papiers, de toutes les personnes immigrées. Il se bat pour l’égalité des droits. Au cours de ces longues années de luttes, il a acquis la certitude que le combat pour les droits des étrangers et des étrangères ne peut s’accommoder de la fermeture des frontières et de la privation du droit de circuler pour tous ceux et toutes celles que le sort a fait naître du mauvais côté de la planète.

C’est pour défendre la liberté d’aller et venir et de vivre, d’aimer, de chanter, de rêver, de travailler là où on le souhaite que des artistes se mobilisent aujourd’hui aux côté du Gisti, en soutien à ceux et celles qui ont dû quitter leur pays.


De 17h à 19h se tiendra une table ronde, espace d’échanges et de débat, à laquelle participeront des membres du Gisti, des exilé⋅e⋅s, des écrivains (dont Patrick Chamoiseau), des artistes, des militant⋅e⋅s. Le collectif radical cinéma projettera des vidéos témoignant du mouvement de solidarité avec les exilé⋅e⋅s qui s’est tissé dans le quartier de la Chapelle à Paris depuis le démantèlement du premier grand campement de réfugié⋅e⋅s et face aux violences policières dont ils et elles sont l’objet. Le concert débutera à 19h30.




LA LIBERTÉ DE CIRCULATION, SEULE ALTERNATIVE RÉALISTE


À partir de l’été 2015, les médias et responsables politiques européens ont parlé de « crise migratoire » pour décrire un « afflux » de réfugié⋅e⋅s aux frontières de l’Union européenne, sans jamais interroger la pertinence des chiffres brandis, ni, surtout, analyser les raisons qui ont poussé ces centaines de milliers de personnes à chercher protection en Europe. Parler de « crise » a avant tout permis aux États européens de se dédouaner de leur incapacité à faire face à une situation présentée comme imprévisible. Imprévisible vraiment ?

C’est être sourd et aveugle aux désordres du monde. Si crise il y a, elle est plutôt à chercher dans le système d’accueil des réfugié⋅e⋅s de l’Union européenne. Et cette crise-là perdure, pénalisant les pays dits de premier accueil (Grèce, Italie ou Hongrie). À tel point que l’on peut se demander si elle n’est pas entretenue. Les évolutions de l’accueil et des politiques migratoires des différents États membres laissent en tout cas penser que la crise a du bon pour des dirigeantes et des dirigeants plus préoccupés par le contrôle des frontières de leurs États que par le respect des principes posés par le droit international, en premier lieu la convention de Genève relative au statut des réfugiés.

Pourtant... est-il si sûr que la fermeture des frontières soit la meilleure des options ?

Des politiques meurtrières qui bafouent les droits humains

Les politiques de fermeture des frontières interdisent à des centaines de milliers de personnes de circuler normalement, en achetant simplement un billet d’avion ou de bateau : visas systématiquement refusés sous prétexte d’un « risque migratoire », agents de liaison missionnés pour bloquer la montée à bord des avions dans les pays de départ, zones d’attente pour refouler à l’arrivée, arraisonnements de bateaux, sanctions contre les entreprises de transport, pressions sur les pays tiers pour qu’ils contrôlent les départs et les transits...

En verrouillant l’accès des étrangers et des étrangères à leur territoire, les pays riches empêchent celles et ceux qui fuient des persécutions de trouver une terre d’accueil, violant ainsi la convention de Genève réfugiés pourtant ratifiée par la quasi-totalité des États.

En empêchant les migrant⋅e⋅s de se déplacer autrement que de façon clandestine, en multipliant les obstacles sur leurs routes, on accroît la dangerosité du trajet et le coût du voyage, on fait la fortune des trafiquants et des passeurs : ceux que justement on prétend combattre.

Du fait de la militarisation des frontières de l’Union européenne, comme ailleurs dans le monde riche, un nombre toujours plus élevé de migrant⋅e⋅s trouvent la mort chaque année (5 000 personnes selon les données officielles - probablement davantage - se sont noyées en Méditerranée en 2016).

Celles et ceux qui ne meurent pas sont enfermés dans des camps pendant une durée indéfinie et y subissent bien souvent des traitements inhumains, avant d’être finalement renvoyés vers des pays où leur vie est menacée comme le Soudan, l’Afghanistan, l’Éthiopie, le Nigeria... D’autres sont condamné⋅e⋅s à l’errance des années durant pour tenter de contourner des dispositifs de plus en plus sophistiqués. Le système « Dublin », qui verrouille l’accès à la procédure d’asile de milliers de personnes en les maintenant dans une situation inextricable, fait peser sur elles la menace d’être « transférées » dans un pays de l’UE qui, lui-même, peut les expulser vers la mort.

L’emmurement du monde : un projet illusoire...

Dans un contexte économique fondé sur la mondialisation des échanges et sur la circulation des marchandises, des capitaux et de l’information, la mobilité humaine a un caractère inéluctable, qu’il s’agisse des migrations Sud-Sud – les plus nombreuses –, ou des migrations de pays du Sud vers ceux du Nord – celles dont veut « se protéger » le monde riche. Les raisons en sont variées : par exemple le fossé qui se creuse au lieu de se combler entre les pays riches et les pays pauvres, les guerres et les persécutions qui chassent de chez elles des populations entières ou encore le réchauffement de la planète qui a d’ores et déjà conduit à l’exode des milliers de « réfugié⋅e⋅s climatiques ».

… pour des résultats contre-productifs

Aucun dispositif de répression aux frontières, aucun mur, aussi haut et surveillé soit-il, n’empêche ni n’empêchera les migrations. L’expérience du mur de Berlin, des barbelés à la frontière entre le Mexique et les États-Unis, des barrières de Ceuta et Melilla au nord du Maroc, des dispositifs mis en place à Calais... tout le montre : on peut freiner les migrations, les rendre périlleuses. On ne peut pas les arrêter.

Alors que, de toute évidence, les politiques de fermeture ne répondent pas aux objectifs qu’elles sont censées atteindre, elles sont coûteuses : sur le plan humain, comme on vient de le voir, mais aussi sur le plan économique : Migrants Files1 estime à 13 milliards d’euros la somme dépensée par l’Union européenne pour lutter contre l’immigration irrégulière entre 2000 et 2014. Au cours de la même période, le nombre d’entrées irrégulières recensées n’a cessé d’augmenter.

Ces politiques contribuent enfin à alimenter une économie souterraine et à générer une main-d’œuvre sous-payée et exploitée qui fait concurrence aux travailleurs « légaux », alimentant le racisme, les replis communautaires, les tensions sociales, la peur de l’Autre.

La liberté de circulation seulement pour les uns : peut-on s’y résoudre ?

La liberté de circulation existe déjà. Aujourd’hui, une partie de la population mondiale peut passer du territoire d’un pays à un autre en n’ayant à produire qu’un passeport et parfois un visa, formalités qui ne lui coûtent que quelques dizaines d’euros. Des droits aussi fondamentaux que la liberté de se déplacer, le droit de gagner sa vie, de demander asile ou tout simplement de vivre auprès de ceux qu’on aime peuvent-ils être réservés à ceux qui ont la chance d’avoir la nationalité de l’un des pays riches ?

Pourquoi celles et ceux que le sort a fait naître du mauvais côté de la planète n’auraient-ils comme perspective – sauf si par chance leur « profil » correspond aux besoins des économies occidentales – que d’être assignés à résidence chez eux ?  Revendiquer la liberté d’aller et venir répond, par conséquent, à une simple exigence d’égalité. La politique de fermeture des frontières est fondée sur une discrimination éthiquement inacceptable entre celles et ceux qui, par le hasard de leur lieu de naissance, ont le droit de circuler partout dans le monde, et les autres, assignés à résidence, qui ne peuvent se déplacer qu’en risquant leur intégrité physique et leur vie.

Inverser la problématique

Au nom du réalisme, le discours sur les valeurs et les droits de l’Homme est disqualifié dès lors qu’il tente de dessiner d’autres choix politiques que ceux fondés sur la privation du droit à circuler.

Il est urgent d’inverser la problématique et de tenter d’autres solutions, construites à partir d’autres objectifs et sur une autre vision de la réalité. Semer les germes d’une autre réflexion, qui ne dissocie pas la question des migrations de celle des rapports Nord-Sud, et des menaces qui pèsent sur l’équilibre écologique de la planète. Se demander non plus comment « endiguer » les flux migratoires, mais comment se donner les moyens d’accueillir les exilé⋅e⋅s.

Pour en savoir plus sur la liberté de circulation,
voir notre dossier : www.gisti.org/liberté-de-circulation



CE QU’EST LE GISTI


Le Gisti, Groupe d’information et de soutien des immigré⋅e⋅s, est une association sans but lucratif, qui promeut la liberté de circulation et les droits des étrangers et des étrangères dans le respect du principe d’égalité et le refus des discriminations. L’association est née en 1972, de la rencontre entre des travailleurs sociaux, en contact régulier avec les immigré·e·s en France, et des juristes apportant leur compétence propre. Cette double approche, à la fois concrète et juridique, fait encore aujourd’hui la principale originalité du groupe.

Le Gisti se veut un trait d’union entre les spécialistes du droit et les militant·e·s : il s’agit d’allier l’analyse juridique avec le travail de terrain et la participation au débat public. Le Gisti entend se servir du droit comme arme dans son combat pour l’égal accès aux droits et à la citoyenneté sans considération de nationalité et pour la liberté de circulation.

L’activité du Gisti se décline autour de plusieurs pôles : conseil juridique, formation, publications, actions en justice, à quoi s’ajoute le travail au sein de collectifs ou de réseaux inter-associatifs.

Ainsi, le Gisti :

  • publie régulièrement des dossiers analysant les textes et les pratiques administratives en matière d’immigration ;
  • édite la revue Plein droit, un périodique d’analyse sur les questions migratoires ;
  • édite plusieurs collections de publications juridiques utilisées tant part des militantes et des militants associatifs que des professionnels (avocat⋅e⋅s ou travailleurs sociaux), voire des proches d’étrangers et d’étrangères ;
  • alimente un site web, www.gisti.org, très fourni en informations sur les droits des étrangers et des étrangères2 sur lequel sont accessibles certaines de ses publications ;
  • assure une permanence juridique gratuite ;
  • mène et soutient des actions en justice pour défendre les droits des immigré·e·s ;
  • assure la formation des membres d’associations militantes ;
  • organise des stages de formation permanente à l’intention des personnes qui, à titre professionnel, se trouvent en contact avec les immigré·e·s et ont besoin de connaître la réglementation applicable en la matière.

Billets en vente : 25 €
www.letrianon.fr


NOUS AIDER ?





Vous pouvez nous aider à faire connaître cette initative, en utilisant :

N’hésitez pas à demander à webmasterAROBASgisti.org toute autre variante dont vous pourriez avoir besoin.




Voir notre dossier « La liberté de circulation »

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Dernier ajout : lundi 22 mai 2017, 19:00
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