Article extrait du Plein droit n° 4, juillet 1988
« L’emploi immigré dans la crise »

Les Pays-Bas et la « rémigration »

À la différence de nombreux pays européens, les Pays-Bas essaient, depuis de nombreuses années, d’avoir une politique migratoire cohérente, tenant compte des problèmes posés par l’immigration dans leur globalité et leur complexité.

En 1974, sous l’impulsion du ministère de la Coopération pour le développement, a été mis en place un programme de recherche (intitulé Remplod : Reintegration of Emigrant Manpower and Promotion of Local Opportunities for Develop-ment) orienté vers la réintégration des migrants et l’aide au développement des régions d’origine. Ce programme, qui a pris fin en 1977, concernait le Maroc, la Tunisie et la Turquie.

De façon complémentaire, le gouvernement néerlandais a mis en place, en 1976, un programme de création d’emplois à l’intention des régions les moins développées des trois pays concernés par REM-PLOD, plus la Yougoslavie, ainsi qu’un programme d’aide aux petits projets de retour portés par des individus, familles ou groupes d’immigrés désireux de se réinstaller dans leur pays d’origine et, le cas échéant, d’y créer une petite entreprise. C’est dans ce cadre que les Pays-Bas ont passé avec la Yougoslavie, la Turquie et la Tunisie, en 1977 et 1978, des accords par lesquels ils s’engageaient à aider la création d’emplois ou d’entreprises dans les pays d’origine. En pratique, toutefois, aucun de ces accords n’a débouché sur des résultats appréciables, et la plupart de ces programmes sont à l’heure actuelle arrêtés.

On peut également signaler, dans le cadre de la politique dite de « rémigration », la mise en œuvre à partir de 1985 d’une réglementation expérimentale destinée à faciliter le retour des immigrés âgés désireux de rentrer dans leur pays d’origine.

L’échec relatif de ces différentes expériences, malgré l’importance de l’effort consenti et l’existence d’une véritable concertation avec les pays d’origine, confirme qu’aucune politique d’incitation au retour ne peut aboutir si l’on ne prend pas en compte les motivations personnelles des intéressés, et qu’en tout état de cause le retour ne saurait constituer la solution aux problèmes de l’immigration pour les pays d’accueil.



Article extrait du n°4

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Dernier ajout : mercredi 2 avril 2014, 18:40
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