Francesca P. : TGI de Nice, 19 mai 2017, 1000 € d’amende

Présentation par Citoyens solidaires 06

Nom, qualité : Francesca Peirotti, interprète

Date, lieu et condition de l’arrestation : Mercredi 9 novembre 2016 sur l’autoroute au niveau de Menton. Francesca a été arrêtée avec dans la camionnette qu’elle transportait une famille d’Érythrée (1 couple et un bébé de 6 mois), 3 jeunes filles d’Érythrée et d’Éthiopie, 2 mineurs du Tchad et d’Éthiopie.

Durée et lieu de la garde à vue : 44h de garde à vue au poste de la Police de l’Air et des Frontières à Menton suivi de 8h dans la souricière du Tribunal de Grande Instance de Nice. La garde à vue a été traumatisante.

Chef d’inculpation : Aide à l’entrée de personnes en situation irrégulière

Situation judiciaire : A l’issue de la garde à vue, Francesca a été libéré sans contrôle judiciaire.

TGI de nice

  • Audience le 4 avril 2017
    Le ministère public avait requiert huit mois de prison avec sursis et une interdiction de séjour sur le territoire français.
  • Délibéré le 19 mai 2017
    Amende pénale 1000€, pour aide à l’entrée irrégulière sur le territoire français et détention de cannabis.

Francesca P. a fait appel de cette décision.


Francesca ça fait des années qu’elle aide et agit dans des camps ici et à l’étranger alors quand elle dit quelque chose on tend un peu l’oreille parce qu’on se dit on a peut être quelque chose à apprendre.
Elle parle de la violence des frontières et des politiques migratoires et que l’on se fait manipuler par un cirque médiatique. Elle dit aussi que les deux dernières années, le dispositif des frontières est devenu de plus en plus brutal, avec les déportations systématiques vers des centres de tri ou même des expulsions vers des pays comme le Soudan, le Niger et d’autres dictatures et que entre l’Italie et la France, les épisodes de violence et les « accidents » mortels sont très, trop fréquents. C’est ce qu’il faut dénoncer collectivement, à l’intérieur et à l’extérieur du Tribunal et donner la parole à celles et à ceux qui subissent les frontières et qu’on les laisse passer.

Elle avait une famille avec un bébé dans sa camionnette quand elle s’est faite arrêtée (précisions ici http://citoyenssolidaires06.com/?p=61 ). Elle les sortait de ce merdier invivable, indigne, misérable. Cette façon de les trier, de les parquer, de les oublier. Ces endroits ou la vie est oubliée et ça peut durer 6 mois, un an ou 10 ans sans que ça pose de problèmes au système administratif car il considère des chiffres en oubliant l’humain.

Et pour la connaître Francesca, il y a aussi ce court-métrage, une histoire incroyable. La première chose qu’on se dit, c’est comment ils ont pu filmer tout ça, tout est tellement … sur le moment ! En fait une équipe vidéo est venu faire un docu sur une situation et ils sont tombés sur cette histoire. Ils sont restés. Ils ont tout vu : comment une fille de 4 ans se retrouve sans sa maman ici dans le 06, et comment elle parvient à la retrouver grâce a quelques personnes que l’on remercie d’exister car les labyrinthes administratifs actuels ne savent pas accueillir une enfants de 4 ans et surtout retrouver sa maman perdu sur la route entre la Libye et quelque part. Ce documentaire LOZA a été vu des millions de fois.
https://vimeo.com/182203722

Le tribunal correctionnel de Nice a condamné ce vendredi matin Francesca Peirotti, 29 ans, pour avoir tenté de passer la frontière franco-italienne avec huit migrants à son bord.
La jeune femme, originaire de Cuneo, avait été interpellée par une patrouille mixte franco-italienne, en novembre dernier, sur l’A8 près de Menton.
Elle avait pris en charge huit personnes originaires d’Érythrée et du Tchad sur un parking à Vintimille.
- Lors de l’audience du 4 avril dernier, le ministère public avait requis huit mois de prison avec sursis et une interdiction de séjour sur le territoire français.
Elle fera appel.
Le tribunal s’en est tenu à une peine de 1000€, pour aide à l’entrée irrégulière sur le territoire français et détention de cannabis.

Accueillie devant le palais de justice par une vingtaine de citoyens français et italiens, entourée de ses parents et de son avocat Me Zia Oloumi, Francesca Peirotti a annoncé son intention d’interjeter appel. "Je suis contente car j’avais peur que le tribunal prononce une interdiction de territoire. Mais je ferai appel car je n’ai rien fait", a déclaré la jeune femme, par ailleurs membre de l’association Habitat & Citoyenneté.

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Dernier ajout : samedi 1er septembre 2018, 12:55
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