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GARR, MOM
Reprise des expulsions vers Haïti depuis la Guyane

Depuis le 14 octobre 2012, au moins douze ressortissants haïtiens ont été placés au centre de rétention administrative en vue de leur expulsion vers Haïti.

Parmi eux, un Haïtien dont la naissance de son enfant français est prévue début décembre, un homme de 50 ans vivant en Guyane depuis 1998 auprès de sa soeur de nationalité française et n’ayant plus d’attache en Haïti ou encore un jeune homme ayant déposé le matin même une demande d’asile à la Préfecture de Guyane.

Deux semaines auparavant, la Guyane appliquait toujours le moratoire mis en place suite au séisme de janvier 2010. Les reconduites de personnes d’origine haïtienne étaient effectivement suspendues jusqu’alors par solidarité envers le peuple haïtien.

Tout comme le Préfet de Guadeloupe en juillet 2011, le Préfet de Guyane se serait engagé, dans ce nouveau cadre, à renvoyer uniquement les Haïtiens sans charge de famille et « non vulnérables ». Ces engagements n’ont, malheureusement, pas été tenus en Guadeloupe - où de nombreux pères de famille, personnes âgées et malades ont été expulsés vers Haïti - ce qui laisse craindre, qu’en Guyane également, les autorités françaises expulsent des personnes vulnérables et protégées de ces mesures d’éloignement par le droit français.

La fin de la suspension des éloignements depuis la Guyane intervient au moment même où Haïti - qui continue à gérer douloureusement les effets catastrophiques du séisme du 12 janvier 2010 [1] - doit panser le passage dévastateur de la tempête Sandy qui a provoqué de nombreux morts et aggravé davantage encore la situation sanitaire et sociale du pays. Un premier bilan fait état de la destruction de nombreuses denrées alimentaires entraînant une possible famine, la destruction d’habitations laissant près de 20 000 personnes supplémentaires sans abri et une aggravation de la crise sanitaire laissant craindre une augmentation de l’épidémie de choléra déjà présente [2].

Une question parlementaire, adressée à l’ancien gouvernement en mars 2012 puis relancée auprès du nouveau gouvernement en août, sollicite les raisons de la reprise des éloignements vers Haïti depuis les Antilles françaises. Or à ce jour, aucune réponse n’a été fournie à nos élus.

Nos associations s’alarment de cette reprise, d’autant plus dans un contexte de nouvelle catastrophe naturelle ayant ravagé ce pays. Aussi, nous continuons de réclamer l’arrêt total des éloignements vers Haïti et son respect par l’ensemble des préfets.

Cayenne, Paris, Port au Prince,
8 novembre 2012

Organisations signataires :

En France :

Collectif migrants outre-mer (MOM) : ADDE (avocats pour la défense des droits des étrangers) /AIDES / CCFD (Comité catholique contre la faim et pour le développement) / Cimade (service oecuménique d’entraide) / Collectif Haïti de France / Comede (comité médical pour les exilés) / Gisti (groupe d’information et de soutien des immigrés) / Elena (les avocats pour le droit d’asile) / Ligue des droits de l’homme / Médecins du monde / Mrap (mouvement français contre le racisme et pour l’amitié entre les peuple) / Secours Catholique / Caritas France

En Haïti :

GARR (Groupe d’appui aux rapatriés et réfugiés)


[1] 300 000 personnes vivent encore sous des abris de fortune selon le Collectif d’Organisations haïtiennes pour la Défense du Droit au logement

[2] Le Monde, 31/10/2012.

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Dernier ajout : lundi 12 novembre 2012, 18:54
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